Alain Bonnet: «Les six premiers mois de l’année seront décisifs pour l’avenir du HC Sierre»

Alain Bonnet ©Rhône FM
Hockey
Christophe Moreillon
Journaliste sportif stagiaire

À peine entré en 2022, voilà le HC Sierre rattrapé par la pandémie et placé en quarantaine. Exempté de celle-ci, son président Alain Bonnet revient sur l’année écoulée et évoque l’avenir. Avec, entre autres, deux dossiers «chauds» à régler.

Le rendez-vous avait été pris à Graben, en marge de la rencontre que le HC Sierre devait disputer ce mardi face à la Chaux-de-Fonds. Entre-temps, plusieurs cas positifs au Covid-19 ont été détectés au sein de l’effectif sierrois et le duel face aux Abeilles est tombé à l’eau. C’est donc dans les locaux de sa bijouterie, au centre de Sierre, qu’Alain Bonnet nous a reçu. Exempté de quarantaine, le président des «Rouge et Jaune» fait le point. L’année écoulée, le projet de nouvelle patinoire, la succession de Dany Gelinas: les thèmes sont nombreux. Interview.

Alain Bonnet, difficile d’imaginer pire début d’année pour le HC Sierre…
Effectivement. 2022 commence aussi bizarrement que s’est fini 2021. On pensait que le coronavirus était derrière nous en commençant la saison mais on voit qu’on a rapidement été rattrapé par le nouveau variant. Cette pause forcée est très frustrante car elle nous prive de bons matches qui étaient prévus à Graben. Surtout qu’on sait qu’en cette période festive, les affluences sont toujours très bonnes à la patinoire…

«Nous étions vraiment confiants il y a quelques mois. Maintenant, avec tous ces cas de Covid-19, ça devient un peu plus compliqué.»Alain Bonnet

Hormis d’un point de vue sanitaire, comment se porte plus globalement le HC Sierre au moment de se lancer dans cette nouvelle année?
Je dirais qu’il se porte bien. Le nerf de la guerre, c’est toujours le sport. Notre première partie de saison a été plutôt bonne. Je crois que le HC Sierre est à sa place, la qualification directe pour les playoffs est toujours jouable. Le championnat a bien débuté aussi au niveau de la campagne d’abonnements et des affluences à Graben. Nous étions donc vraiment confiants il y a quelques mois. Maintenant, avec tous ces cas de Covid-19, ça devient un peu plus compliqué. 

Il y a douze mois, vous nous disiez n’avoir jamais vécu d’année facile dans le costume de président. 2021 n’a pas franchement contribué à changer la donne…
Ah, je crois bien que je n’aurais jamais droit à une saison facile (rires). Mais bon, ça fait partie du jeu lorsque l’on est dans le monde du sport. Dans les moments plus difficiles, on se rattache à l’engouement suscité par le club. Au soutien de nos partenaires et supporters.  C’est ce qui nous motive à continuer à travailler peu importe la situation.

À l’heure du bilan, qu’est-ce que vous retenez de l’année écoulée?
Plein de choses. La première partie de 2021, c’était la fin d’une saison incroyable, avec cette 4ème place au classement. Malheureusement, les playoffs ont été un peu plus en demi-teinte avec cette élimination rapide. L’année a aussi été marquée par la pandémie. Il a fallu innover avec, notamment, le lancement du streaming qui a très bien marché auprès des supporters. On a vraiment appris à travailler à distance. Et puis il y a le début de cette saison avec, je l’ai dit, un très bon engouement de la part du public. Des bons résultats, des contre-performances aussi contre des équipes dites «plus faibles» mais je crois que dans l’ensemble, l’année 2021 a été réussie par le HC Sierre.

«On risque de vivre une saison encore plus difficile que l’an dernier sur le plan financier.»Alain Bonnet

L’an dernier, le huis-clos mettait à mal les finances du club. Avec le retour du public mais des contraintes toujours bien présentes, la situation a-t-elle évolué?
Pas vraiment. Le défi est simplement différent. L’année passée, on avait le droit à des aides. Cet hiver en revanche, avec les contraintes imposées par la pandémie, les interdictions de consommer sur place, on risque de vivre une saison encore plus difficile sur le plan financier.

Cette nouvelle année, c’est aussi deux dossiers «chauds» à régler. Le premier, c’est le projet de nouvelle patinoire. Où en est-on?
Il avance. Avec les derniers événements survenus à Graben, on voit bien que cette patinoire arrive en bout de course. On a beaucoup parlé de l’incident de la fosse à glace contre Langenthal mais il faut savoir que cette semaine-là, il n’y avait pas d’eau pour se doucher dans le vestiaire, les toilettes extérieurs ont gelé, plusieurs choses se sont enchaînées. Pour la sécurité et le bien-être des joueurs et des spectateurs, il nous faut cette nouvelle enceinte. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on sait pertinemment qu’un tel dossier prend du temps à se réaliser. Or, il faut avancer vite pour avoir le plus rapidement possible une infrastructure digne de ce nom. À l’heure actuelle, je pense que les six premiers mois de l’année vont être décisifs pour l’avenir. D’ici à la fin juin, nous devrons avoir les tenants et aboutissants du dossier. Aussi bien avec la Ville et les investisseurs qu’au niveau sportif.

Le sportif, parlons-en avec cet autre dossier important: la succession de Dany Gelinas…
On s’est fixé une limite à fin 2021, courant-janvier 2022 pour prendre notre décision. Actuellement, plusieurs entretiens doivent encore avoir lieu. Le choix final appartiendra en premier lieu à notre directeur sportif Christophe Fellay. Tout ce que je peux dire, c’est que les candidats sont nombreux et que le dossier est en bonne voie.

«Quelqu’un de formateur, qui accorde sa confiance à nos jeunes et qui parle français. Plusieurs critères existent pour trouver le nouvel entraîneur.»Alain Bonnet

Concrètement, quel profil d’entraîneur recherchez-vous?
Il nous faut quelqu’un de formateur, qui accorde sa confiance à nos jeunes. La langue est aussi importante. On voit bien que quelqu’un qui parle français compte pour les joueurs et pour tout l’entourage du club. Plusieurs critères existent afin que l’on trouve la perle rare. Miser sur la continuité durant les 4 dernières années, avec un très bon entraîneur, était une bonne chose et je suis persuadé qu’opter aujourd’hui pour un renouvellement du staff est la bonne voie à suivre. C’est un choix stratégique pour l’avenir.

Le nom d'Yves Sarault est notamment apparu dans les médias...
Il est actuellement au chômage et doit faire des offres d'emploi. Son dossier est effectivement arrivé sur notre bureau et il fait partie des bons candidats. Mais il n'est pas le seul.

L’annonce de la fin de l’aventure avec Dany Gelinas a surpris. Qu’est-ce qui a conduit à cette décision commune de prendre des chemins différents?
Différentes choses. Mais je ne pense pas que ce soit le moment de les étaler publiquement. Je peux simplement vous assurer que l’on se quittera en très bons termes. Le but, dans l’immédiat, c’est qu’il finisse bien la saison. On veut aller le plus loin possible ensemble, se qualifier pour les playoffs et, si possible, passer un tour. On a eu beaucoup de succès avec Dany ces dernières années et on espère que ce sera encore le cas ces prochains mois. Le but, c’est que chacun soit heureux au moment de clore cette collaboration.

CM
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