Première suisse : une application mobile pour prévoir le climat des vignes jusqu'en 2090
Quelles pratiques viticoles adopter pour anticiper le changement climatique ? Une application pour téléphone portable destinée aux viticulteurs permet de répondre à cette question. Au total, elle couvre 57 régions viticoles et plus de 20'000 parcelles individuelles en Europe, dont x en Valais.

À quoi ressemblera le climat d’un territoire dans 20, 30 ou 50 ans ? Les analogues climatiques apportent une réponse concrète à cette question, en identifiant des régions dont le climat actuel correspond à celui qu’une autre connaîtra à l’avenir.
Première suisse
Pour la première fois, une équipe de recherche de l'Université de Genève a appliqué cette approche aux vignobles, en collaboration avec l'Agroscope. Objectif : développer une application mobile capable d’identifier, pour un vignoble donné en Europe, les régions dont le climat actuel correspond à celui de ce vignoble dans 20, 30 ou 50 ans.
Grâce à une application mobile, les viticulteurs peuvent désormais visualiser de manière concrète l’impact du changement climatique sur leur domaine, en identifiant des collègues déjà confrontés aux conditions qui les attendent. Cette recherche, publiée dans Agricultural and Forest Meteorology, offre un outil essentiel pour anticiper et adapter les pratiques viticoles dans le contexte du changement climatique.
Plus de 20'000 parcelles
Pour mettre au point cet outil, les scientifiques se sont appuyés sur plusieurs bases de données existantes. Il couvre l’Europe jusqu’à la fin du XXIe siècle. Les emplacements des vignobles ont été extraits de la base de données Corine Land Cover. Au total, l’application intègre 57 régions viticoles et plus de 20’000 parcelles de vignes individuelles, avec des projections climatiques jusqu’en 2090.
Augmentation prévue de l'humidité
De manière générale, l’étude révèle un déplacement de l’aptitude viticole, soit la capacité d’un territoire à produire durablement un raisin de qualité, vers le nord de l’Europe et dans des zones en moyenne 650 m plus élevées qu’actuellement. "L'augmentation prévue de l'humidité dans la plupart de ces nouvelles régions pourrait compromettre la durabilité de la viticulture à long terme, en intensifiant la pression des maladies. La filière vinicole devra donc anticiper des mutations géographiques majeures et adapter ses pratiques d'ici à la fin du siècle", estime Jérôme Kasparian, professeur au Département de physique appliquée de la Faculté des sciences et directeur de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UNIGE, qui a dirigé ces travaux.
L’application "Analogues climatiques – Vignes" est accessible gratuitement sur les plateformes officielles.
