Une année 2021 à oublier pour les fruits et légumes du Valais

2021 est une année à oublier pour l'Interprofession des fruits et légumes du Valais. © Keystone ATS - Valentin Flauraud
Arboriculture
Nathalie Terrettaz
Journaliste RP

L'Interprofession des fruits et légumes du Valais a tenu ce vendredi son assemblée générale à Martigny. Une production historiquement très basse et des conditions météorologiques catastrophiques: 2021 est une année à oublier, selon le secrétaire général.

«2021 est une année à oublier.» Ce sont les mots d’Olivier Borgeat, secrétaire général de l’IFELV, l’Interprofession des fruits et légumes du Valais.

Bilan négatif pour 2021

L’assemblée générale, qui s’est tenue ce vendredi à Martigny, était l’occasion de revenir sur une année marquée par les difficultés. «C'est un bilan sur le plan de la production qui est négatif. On est sur une année historiquement basse en terme de production de fruits et de légumes dans le canton», regrette Olivier Borgeat.

«Le gel, les pluies abondantes: on est malheureusement démunis face à ces phénomènes météorologiques.» Olivier Borgeat, secrétaire général de l'IFELV

En cause: les nombreux épisodes climatiques qui ont touchés les cultures, depuis le mois de février jusqu'au milieu de l'été. «On est malheureusement démunis face à ces phénomènes météorologiques de plus en plus réguliers, et surtout avec un impact de plus en plus important sur les cultures.»

Hausse des coûts

Le rendement brut du secteur des fruits et légumes a baissé de 14 % en 2021 par rapport à l'année précédente, pour s’établir à 70'079'490 millions de francs. Pour Yannick Buttet, président de l’IFELV, on se dirige vers une hausse des coûts de production. Par une lettre ouverte, il espère sensibiliser les consommateurs et les politiques aux difficultés rencontrées par les producteurs. «C'est difficile pour un consommateur de se rendre vraiment compte des conditions de production: il subit le marketing de la grande distribution, mais aussi les positions politiques malheureusement trop souvent coupées de la réalité du terrain», relève encore Yannick Buttet.

«C'est difficile pour un consommateur de se rendre vraiment compte des conditions de production.» Yannick Buttet, président de l'IFELV

Pour Yannick Buttet, le consommateur imagine souvent que le producteur profite de la situation. «Pourtant aujourd'hui, les coûts de production, en rapport des prix d'achat des produits alimentaires, mènent certaines exploitations à la faillite, ou en tout cas font peser un risque très important sur l'avenir de la production.»

Cri du coeur des producteurs

Lors de l'assemblée générale de ce vendredi, deux producteurs ont lancé un cri du coeur: ils ont rappelé le manque de reconnaissance de leur travail et encouragé les membres de l'IFELV à s'unir pour obtenir de meilleures conditions. «Nous avons évidemment connaissance de ces difficultés», reconnaît Olivier Borgeat. «Le problème le plus important reste la pression sur les prix: la marge se fait constamment au détriment du producteur, qui ne retrouve pas son compte en terme de revenu équitable. Il y a aussi la pression du consommateur qui veut tout, mais sans payer le prix.»

«Prix des fruits et légumes: la marge se fait constamment au détriment du producteur.» Olivier Borgeat, secrétaire général de l'IFELV

Résultat: les producteurs sont découragés. «On se bat pour essayer d'améliorer cela», souligne Olivier Borgeat. «Mais dans le système de compromis à l'échelle nationale, ce n'est pas évident. Il y a de nombreux partenaires et cela reste complexe.»

Le défi visant à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, ainsi que la baisse des surfaces agricoles, restent au cœur des préoccupations de la branche pour l’année à venir.

NT

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