Slalom olympique: Zenhäusern «bloqué», Aerni «pas assez régulier»

Ramon Zenhäusern ©Keystone-ats
JO 2022
Hugo Da Custodia
Journaliste RP

Dans le sillage de Loïc Meillard et Daniel Yule, 5ème et 6ème du slalom olympique, les deux autres Valaisans engagés n’ont pas réussi à se rapprocher des avant-postes. Ramon Zenhäusern (12ème) parle d’un blocage inconscient. Luca Aerni (14ème) cherche encore une certaine régularité.

Difficile à chaud d’expliquer pourquoi ça n’a pas marché. Quand vient l’heure de l’analyse, les athlètes cogitent. Tentent de poser des mots sur des sensations parfois subtiles. Encaisser la déception, c’est aussi comprendre. Apprendre. Médaillé d’argent en slalom lors des derniers JO d’hiver en 2018, Ramon Zenhäusern sait qu’il ne parviendra pas à tout éclairer, à tout corriger. Le Haut-Valaisan sait aussi identifier quand quelque chose cloche. Son épaule douloureuse peut-être ? « Des fois cela m’agace qu’on parle toujours de ça, répond-il. Mais dans les faits je vois que mes mouvements ne sont pas aussi stables du côté où je suis blessé. Inconsciemment cela me freine peut-être un peu. »

« La piste était correcte, tout comme la neige et la météo. C’est le pilote qui n’était pas assez rapide. » Ramon Zenhäusern

L’explication de sa 12ème place, décevante pour lui, ne tient pas dans cette seule douleur réelle ou abstraite. « Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte. Quelque chose m’a empêché de risquer davantage mais difficile de dire quoi. Je ne cherche aucune excuse. La piste était correcte, tout comme la neige et la météo. C’est le pilote qui n’était pas assez rapide. »

Moins de calcul

Quand les athlètes cherchent des réponses, ils trouvent parfois d’autres questions. C’est l’art de la progression, de l’évolution. « Je me souviens d’une époque où il fallait plus réfléchir, raconte le Haut-Valaisan. Là, tout le monde pousse. C’est incroyable. On est obligé de prendre tous les risques. Il faut chercher la zone rouge en permanence mais on peut sortir à tout moment. » Face à une concurrence affutée, les skieurs n’ont simplement plus le droit à l’erreur. Ils doivent chercher la perfection, au risque d’être éliminés. Dans ces circonstances, le simple fait d’être en bas, avec un chrono correct, ressemble déjà à une réussite. « J’ai abordé la deuxième manche dans l’optique de présenter du bon ski, explique Luca Aerni. Malheureusement je ne parviens pas encore à le faire sur les deux tracés. Le point positif c’est que j’arrive à aller au bout des pistes. »

« J’ai pu montrer une réaction lors de la deuxième manche. Je sens que je suis sur le bon chemin. » Luca Aerni

14ème de cette course olympique, le skieur des Barzettes quitte, comme ses partenaires slalomeurs, la Chine sans la moindre médaille entre les piquets serrés. L’avantage, comme le disait Daniel Yule, c’est qu’il y a toujours un autre objectif qui se profile, une autre course à disputer. Et toujours de l’expérience emmagasinée au terme d’une performance moins aboutie. « J’ai pu montrer une réaction lors de la deuxième manche, poursuit Luca Aerni. Je me sentais plus à l’aise grâce à de meilleurs réglages. Lors du premier tracé j’ai dû me battre contre le terrain. Ce n’était pas bon pour la confiance. Je sens tout de même que je suis sur le bon chemin. »

Luca Aerni, déçu comme ses coéquipiers, sait qu’il aura d’autres occasions pour rebondir. Et pourquoi pas dès les prochains slaloms de Coupe du monde, prévus les 26 et 27 février à Garmisch-Partenkirchen en Allemagne.

HDC/RRR
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