Romain Ducret, 40 ans de PdG (6/6): le Jour J

Romain Ducret ©Rhône FM
Série
Christophe Moreillon
Journaliste sportif stagiaire

L’heure de vérité a sonné pour les près de 4'500 participants à la Patrouille des Glaciers. Les premiers départs seront donnés ce mercredi soir à Zermatt. Place au 6ème et dernier épisode de notre série «Romain Ducret, 40 ans de PdG»: le Jour J.

Il aura fallu attendre quatre ans. Puis encore 24 heures de plus, la faute aux précipitations des derniers jours. Mais cette fois, ça y est: la 23ème édition de la Patrouille des Glaciers sera lancée ce mercredi soir à Zermatt. L’heure de vérité a sonné. Le Jour J est arrivé pour les 1517 patrouilles engagées.

«Dans le train pour Zermatt, on est déjà dans l’ambiance de la course.»Romain Ducret

«On est heureux d’enfin y être», clame Romain Ducret. Ce Fribourgeois établi à Zinal, que l’on suit depuis plusieurs semaines dans le cadre de notre série, s’élancera vendredi soir sur la Z2, la 2ème série de départs depuis Zermatt. «Quelqu’un nous conduira en voiture jusqu’à Täsch puis nous prendrons le train. Là, on est déjà en quelque sorte dans l’ambiance de la course. On retrouve les autres patrouilles, on plaisante, on échange sur les conditions. Ce sont toujours de bons moments de convivialité.»

Un programme chargé avant le départ

Une fois arrivé à Zermatt, un programme chargé attend les concurrents. «La journée passe à chaque fois très vite. On commence par regarder comment s’organise le contrôle du matériel et soit on le fait direct, soit on partage un repas. Le menu est évidemment toujours le même: c’est un plat de pâtes», sourit-il. «Ensuite, il y a d’habitude la théorie à l’église. Mais cette fois, on a été informé qu’il n’y avait pas de la place pour tout le monde donc on verra comment on peut suivre tout ça. Vient ensuite le repas vers 18h00 et, si on a un petit peu de temps et que notre sac est prêt, une petite sieste.»

«Pour éviter de trop penser à la PdG, je travaille durant une bonne partie de la semaine.»Romain Ducret

D’ailleurs, Romain Ducret l’assure: la PdG ne lui provoque pas d’insomnies les nuits précédant le grand départ. «Pour éviter de trop y penser, je travaille durant une bonne partie de la semaine. Et puis j’ai la chance de bien dormir durant toute l’année donc je fais des réserves de sommeil.»

Le stress sur la ligne de départ

Des réserves évidemment bienvenues au moment de s’élancer sur cette épreuve mythique. Vendredi, il sera 21h30 à Zermatt lorsque Romain Ducret débutera sa 20ème Patrouille des Glaciers. «Après la sieste, on passe par un nouveau contrôle technique qui nous remet dans le bain de la course. Et une fois que l’on est regroupés dans la zone de départ et que l’on entend dans les haut-parleurs qu’il ne reste plus qu’un quart d’heure avant que l’on démarre, le stress commence à monter. On sent de la tension chez toutes les patrouilles. Mais aussi beaucoup de joie d’enfin être là.»

«Pour éviter les coups de mou, j’essaie toujours d’avoir une pensée positive mais réaliste.»Romain Ducret

Beaucoup de joie et forcément beaucoup de questions qui se mélangent dans la tête. Le matériel tiendra-t-il le coup? La forme physique sera-t-elle au rendez-vous? Et soudain, le départ. 57.5 kilomètres de parcours durant lesquels chacun y va de sa méthode pour limiter les coups de mou. «Personnellement, j’essaie toujours d’avoir une pensée positive mais réaliste. Par exemple, je ne me dis pas qu’il reste encore 2'000 mètres de dénivelé à faire mais plutôt que j’en ai déjà fait 2'345. Et que finalement, «X» heures dans une année, c’est quoi?»

Les émotions décuplées en arrivant à Verbier

Et après ces heures d’efforts vient la récompense. Verbier se rapproche, la ligne d’arrivée est en ligne de mire. «Que ce soit en partant de Zermatt, en se retrouvant en pleine évasion dans la nuit, en arrivant sur Arolla lorsque l’on a l’impression de tomber de la lune avec tous ces projecteurs ou en gravissant le couloir de la Rosablanche, on vit des moments incroyablement forts émotionnellement tout au long du parcours. Mais passer la ligne d’arrivée, ça l’est encore plus. C’est là que l’on prend conscience que l’on a réussi la patrouille.»  

«Après l’arrivée, on se réjouit de partager un bon repas tous ensemble et de boire quelques bières!»Romain Ducret

Le temps est alors à la fois à la récupération et à la décompression. «On commence par rendre le matériel qui est obligatoire. Ensuite, on prend une douche qui est généralement très froide étant donné le nombre de participants et enfin, on se réjouit de partager un bon repas tous ensemble et de boire quelques bières!»

Romain Ducret vivra donc entre vendredi soir et samedi sa 20ème Patrouille des Glaciers. Une PdG dont les premiers départs seront donnés ce soir dès 21h30 à Zermatt.

CM
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