Les semestres à la trappe ? Les notes limitées ? La réflexion est en cours pour l'école valaisanne

La pandémie provoque des réflexions de fond pour la scolarité obligatoire ©Keystone-ATS
Enseignement
Christian Hermann
Rédacteur en chef adjoint

Il faut repenser les notes et leur répartition durant l'année scolaire. C’est, en raccourci, l’une des conclusions de l'étude menée par la Haute école pédagogique du Valais, sur mandat du canton. Son origine : le covid qui a malmené l’année scolaire 2020-21 et qui trouble encore la nouvelle année.

Tout a débuté avec la 2ème vague du covid. En décembre 2020, le canton décide, à la hâte, de suspendre les bulletins scolaires du premier semestre en annualisant les notes. Pour le citoyen lambda, la décision ne semble pas secouer les fondements de la scolarité.
Et pourtant…
Pas question pour le canton de laisser l’expérience sans suite, d’autant plus que le Valais est le seul à prendre alors cette décision. Il mandate la Haute Ecole pédagogique du Valais pour une analyse fouillée des effets de la mesure. Car annualiser les notes, c’est modifier la planification des cours, des contrôles et des habitudes. C’est aussi ouvrir la porte une révision du sens de la note : que représente-t-elle réellement ? Quelle est son but véritable ?
Ces questions se sont imposées avec les mesures prises pour contrer les effets du covid, explique Michel Beytrison, adjoint et remplaçant du chef du service d l’enseignement valaisan.

Pas question de laisser cette "première" sans suite, aux yeux de Michel Beytrison

L'annualisation considérée comme une mesure globalement positive
 

Car il faut bien le dire : les conclusions de la HEP ouvre des réflexions bien plus large que la seule suppression des semestres. D’abord parce qu’elles montrent que la formule provoque moins de stress et de pression, pour les élèves comme pour les enseignants. Elle leur laisserait plus de temps et ouvrirait ainsi la voie vers "une nouvelle culture de l’évaluation" au service de l’apprentissage.
Alors certes, le rapport nuance ces conclusions, notamment en rappelant que "certains (ndlr enseignants) s’inquiètent de « l’injustice » provoquée par un mode de calcul annualisé pour les élèves de niveau plus faible" mais "d’autres le voient comme un bénéfice et mobilisent des stratégies pour faire de cette réalité un atout et engager leurs élèves sur le long terme".
"On a vraiment une foule d’informations dont on a retiré une satisfaction générale" souligne Catherine Tobola Couchepin, professeure à la HEP, chercheure, co-auteure de l’étude.

La pandémie a provoqué le débat constate Catherine Tobola Couchepin

Les enseignants majoritairement dans la ligne de la HEP

Pour la société pédagogique du Valais (SPVAL), l’annualisation des notes repose toutes les questions autour des formes d’évaluations, explique son président Olivier Solioz. L’expérience 2020-2021 ouvre donc une brèche suffisamment importante pour que la SPVAL soutienne le principe de l’annualisation. Mais sous une forme accompagnée avec des outils et de la formation.

Prêt pour un nouveau tour et plus si entente, relève Olivier Solioz


Le débat est désormais ouvert. Il pourrait déboucher sur une expérience pilote, au plus tard à la rentrée de septembre.

CH
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