Le PS veut une task force pour enquêter sur les oligarques russes

Le coprésident du PS attend que la Suisse enquête sur les structures patrimoniales des oligarques russes (archives). ©KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Ukraine
Keystone-ATS
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Le Parti socialiste suisse exige qu'une task force enquête sur le patrimoine des oligarques russes objets de sanctions et d'autres proches du Kremlin. Selon le PS, c'est le seul moyen d'arrêter le financement de la guerre en Ukraine depuis la Suisse.

Malgré les sanctions internationales, la guerre continue, écrivent les coprésidents du PS Mattea Meyer et Cédric Wermuth dans une lettre ouverte au Conseil fédéral publiée samedi.

La Suisse a une responsabilité particulière en tant que plateforme centrale pour le négoce des matières premières russes, en tant que gestionnaire de fortune et centre d'affaires et en tant que lieu de résidence de nombreux oligarques russes, poursuit la missive.

Le PS incite donc à la création d'une task-force composée de représentants du Département fédéral des finances, de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, du Ministère public de la Confédération, du Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent et, le cas échéant, du secteur financier.

Une telle task force devra enquêter systématiquement sur les structures patrimoniales des oligarques et établir la situation réelle de leur fortune et de leurs ayants droit économiques. "Cela permettra de mettre à jour le réseau des hommes de paille - c'est la seule façon d'empêcher, au moins partiellement, la poursuite du financement de la guerre depuis la Suisse", selon les auteurs.

Autorisations de séjour

Dans sa lettre, le PS demande en outre que les autorisations de séjour accordées aux Russes fortunés soient immédiatement réexaminées. Il vise en particulier les autorisations spéciales accordées pour des raisons d'intérêts fiscaux à des personnes riches sans activité lucrative en Suisse.

"Il va de soi que les Russes devraient être traités de la même manière que les autres étrangers conformément aux lois en vigueur", écrivent Mattea Meyer et Cédric Wermuth. "Mais il n'est pas acceptable que d'éventuels profiteurs des crimes de guerre présumés en Ukraine puissent acheter leur séjour en Suisse au prix du sang".

"Il n'est pas possible qu'à chaque fois qu'une guerre éclate quelque part, on découvre que le financement passe par la Suisse", a encore renchéri Cédric Wermuth samedi à la radio suisse SRF. "C'est le travail de la Suisse de fermer le robinet du financement de la guerre", a-t-il estimé.

ATS