Dernier de LNB, pas épargné par le covid, le VBC Fully tient le coup

Adrien Ançay (joueur et membre de la délégation LNB) et Karen Roduit (présidente du VBC Fully) ©Rhône FM
Volleyball
Christophe Moreillon
Journaliste sportif

Une équipe qui ne gagne (presque) jamais en LNB, d’autres qui ne peuvent plus jouer ou doivent s’entraîner masquées: les difficultés sont nombreuses pour le VBC Fully. Au sein du club, on tient le coup malgré tout.

Depuis quelques mois, les défis s’enchaînent pour le VBC Fully. Club phare du volley dans le Valais romand, il est mis à mal sur plusieurs fronts. D’abord, le sportif. En 15 matches de LNB, les Fullerains ont perdu 14 fois. Leur unique petit succès remonte au 16 octobre dernier dans la salle de Voléro Zurich. Un bilan famélique qui fait forcément d’eux les cancres du championnat de 2ème division.

«On ne se cache pas derrière ces résultats, on est bien conscients de la situation», affirme Adrien Ançay, joueur et membre de la délégation LNB du club. «Plusieurs facteurs expliquent cette entame d’exercice compliquée. Déjà, la ligue s’est bien professionnalisée avec désormais plus qu’un seul groupe. On joue régulièrement contre des pros ou d’anciens pros. Et même, face à des ex-internationaux. Pour nous, c’est compliqué de régater. Compliqué d’attirer des joueurs d’un tel niveau. Ils préfèrent la facilité au challenge de nous rejoindre.»

Plusieurs pépins physiques

Déjà difficile, la tâche se complique encore lorsque plusieurs joueurs importants manquent à l’appel. «On n’a pas été épargnés à ce niveau-là non plus ces derniers mois», souffle Adrien Ançay. «Des cadres de l’équipe ont été victimes de blessures plus ou moins graves. Cela nous a forcé à jouer quelques matches avec un contingent réduit et forcément que ça n’aide pas. Maintenant, on sait que l’on doit réagir durant le printemps. Il nous reste suffisamment de matches pour le faire et tenter d’accrocher l’avant-dernière place qui nous permettrait de nous maintenir.»

Présidente du VBC Fully, Karen Roduit est bien consciente des difficultés sportives rencontrées par la première équipe. Mais pas question pour autant de taper du poing sur la table ou de mettre une pression particulière sur les joueurs. «Au-delà des résultats, c’est déjà formidable d’avoir cette place en Ligue B. En plus, cette saison, on voit une belle intégration des jeunes. C’est incroyable de leur donner la chance de toucher du ballon à ce niveau-là. Plus que cette unique victoire en championnat, c’est ça que je veux retenir.»

«Je n’ai aucune crainte quant à une potentielle relégation.»Karen Roduit, présidente du VBC Fully

Reste que ce faible bilan comptable met en péril l’avenir du club en 2ème division. «Je n’ai aucune crainte quant à une potentielle relégation», poursuit Karen Roduit. «La LNB, pour nous, c’est vraiment du bonus. Cela contribue à intéresser ces jeunes, à leur donner envie de faire du volley.»

Parcours atypique depuis la promotion

Depuis son accession à la Ligue B en 2018 – une première dans l’histoire du club – le VBC Fully a vécu un parcours assez atypique: un maintien obtenu sur le terrain lors de la première saison, un autre assuré grâce à l’arrêt des compétitions l’année suivante avant un exercice quasiment blanc l’an dernier. «La saison passée n’a duré que deux matches», relève Adrien Ançay. «C’est quelque chose qui me reste en travers de la gorge car on avait réussi à attirer un très bon renfort. Sur le papier, on avait une super équipe donc j’aurais vraiment voulu voir ce que ça pouvait donner. Mais bon, si la pandémie a beaucoup de points négatifs, on sait aussi qu’elle nous a en quelque sorte aidés il y a deux ans.»

«Avec les gars qui sont là, on peut le faire. On peut se sauver sur le terrain.»Adrien Ançay, joueur et membre de la délégation LNB du VBC Fully

À l’heure où le club occupe le fond du classement et qu'il a été privé de ces deux derniers matches par le covid, un nouveau maintien obtenu «grâce» à un éventuel arrêt de la saison est-il envisagé – pour ne pas dire souhaité – à la Salle polyvalente? «Je n’y pense pas une seule seconde», rétorque Adrien Ançay. «Avec les gars qui sont là, je me dis qu’on peut le faire. Qu’on peut se sauver sur le terrain. En tout cas, tout le monde y croit. Et comme déjà dit, si ça ne devait pas le faire ce ne serait pas un drame. Le niveau d’exigence est tellement élevé dans cette ligue, chaque équipe possède un effectif très complet d’au moins 15 joueurs. Nous, on est que 12-13, c’est plus compliqué…»

Le VBC Fully veut se sauver sur le terrain, sans compter sur un éventuel nouveau «coup de pouce sanitaire». Il faut dire que la pandémie, c’est aussi des incidences directes sur la bonne marche du club. À plusieurs niveaux. Il y a un an, Karen Roduit nous disait craindre de voir certaines équipes être vidées de leurs membres. «Une crainte qui était fondée», regrette la présidente. «À la rentrée d’août, on a dû supprimer une équipe de garçons, faute de joueurs suffisants. Chez les filles, ça allait mieux dans un premier temps. On a pu tabler sur trois équipes…avant que n’arrive la règle selon laquelle il fallait être vacciné ou avoir un pass pour jouer. Certaines ont alors décidé d’arrêter et il nous a fallu retirer un contingent pour en avoir plus que deux suffisamment forts.»

2G+ ou masque à l’entraînement

Et la situation ne s’est pas franchement améliorée ces derniers temps. Le comité cantonal a en effet décidé de suspendre tous les matches du mois de janvier à partir de la catégorie M17, exception faite pour l’équipe de LNB au bénéfice d’un statut semi-professionnel. «Les entraînements sont toujours possibles mais ils doivent se faire en portant le masque. À moins que tous les joueurs disposent de la 2G+. Dans ces conditions, certains sont forcément moins motivés à venir à la salle.»

De par son statut de membre de la délégation LNB, Adrien Ançay est chargé de démarcher sponsors et potentiels renforts. Des activités rendues plus complexes depuis deux ans. «Attirer de nouveaux joueurs dans la situation actuelle, ce n’est pas évident. Chacun se rend compte qu’il y a un monde en dehors du volley. Que l’on peut faire autre chose durant son temps libre. Même chose concernant la recherche de sponsors. Heureusement, on a la chance de pouvoir compter sur des soutiens plus ou moins importants qui restent fidèles.»

«On fait tout notre possible pour tenir le coup.»Karen Roduit, présidente du VBC Fully

«Quelques-uns ont quand même dû arrêter de nous aider en raison de la crise mais on les comprend totalement», rebondit la présidente. «De notre côté, on essaie de mettre sur pied certaines choses. On a par exemple vendu des sachets de bolognaise dernièrement pour récolter de l’argent. On fait tout notre possible pour tenir le coup.» Et Adrien Ançay de conclure: «J’aime le volley et surtout, j’aime mon club. Il m’a permis d’avoir de grandes ambitions sur le terrain… Je ressens donc ce besoin de le lui rendre. De m’investir pour l’aider à surmonter toutes ces difficultés!»

Bousculé sur plusieurs plans, le VBC Fully reste debout. Dans les cordes, peut-être mais toujours pas K.-O.

CM
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