Birama Ndoye: «Sion m’a tout donné donc je ferai tout pour lui jusqu’au bout»

Birama Ndoye ©FC Sion
Football
Christophe Moreillon
Journaliste sportif

Birama Ndoye a atteint le week-end dernier le cap des 200 matches de Super League disputés sous le maillot du FC Sion. En attendant de savoir de quoi son avenir sera fait – son contrat en Valais arrive à échéance – il revient sur son parcours depuis ses débuts dans l'élite il y a neuf ans.

L’histoire commence en mai 2013. Lors d’une saison débutée sur les chapeaux de roue et terminée en queue de poisson par le FC Sion. À 19 ans, Birama Ndoye fait sa première apparition avec la première équipe du club sédunois lors d’une rencontre perdue 1-0 face à Thoune à Tourbillon. Depuis, le Sénégalais a tout vu et tout vécu. Il y a eu de graves blessures, dont l’une l’a privé de la finale de la Coupe de Suisse en 2015. Il y a eu l’Europa League. De Kazan à Braga. Les innombrables luttes pour le maintien de ces dernières saisons. Des mises à l’écart et des retours en grâce. Neuf ans après, il est toujours là. En fin de contrat au terme de la saison, il vient de franchir la barre des 200 matches de Super League. Interview.

Birama Ndoye, que représente pour vous ce cap des 200 matches disputés au sein de l’élite avec le maillot valaisan sur les épaules?
Une certaine fierté. Cela me fait plaisir d’atteindre ce chiffre, surtout dans un club comme le FC Sion. Malgré les difficultés des dernières années, cela reste un très grand club pour moi.

«Je suis un très grand bosseur, quelqu’un qui ne triche pas.»Birama Ndoye

Un club qui n’est pas réputé pour sa stabilité. Comment est-ce que vous expliquer cette longévité depuis vos débuts en 2013?
Par mon sérieux. Je suis un très grand bosseur, quelqu’un qui ne triche pas. En neuf ans, j’ai quand même vécu des bons et des moins bons moments. Il y a eu beaucoup de blessures dont il a fallu se relever. Mais j’ai toujours travaillé et encore travaillé et je pense que c’est ce qui m’a permis de durer.

Vous parlez de ces bons et de ces moins bons moments. Quel regard est-ce que vous tirez justement sur ces neuf ans passés au plus haut niveau avec le FC Sion?
J’en retiens beaucoup de bons souvenirs. À commencer par la victoire en Coupe en 2015, même si ma blessure m’avait privé de la finale. Les périodes plus compliquées se sont concentrées sur les dernières saisons. On n’est jamais parvenu à franchir un palier alors qu’on avait largement les moyens pour éviter toutes ces luttes contre la relégation. Cela a été des moments difficiles à vivre car la place du FC Sion ne se situe pas dans le bas du classement.

«Toutes les difficultés vécues ces dernières années, ces blessures qui m’ont éloigné des terrains pour quatre, cinq, six mois, tout cela m’a renforcé.»Birama Ndoye

Si l’on parle de vous plus personnellement, comment est-ce que vous jugez l’évolution entre le Birama Ndoye de 2013 et celui de 2022?
Je dirai que la principale différence entre les deux, et c’est assez logique, c’est que j’ai plus d’expérience aujourd’hui. Toutes les difficultés vécues ces dernières années, ces blessures qui m’ont éloigné des terrains pour quatre, cinq, six mois, tout cela m’a renforcé. Je sais aujourd’hui comment me gérer.

À vos débuts, vous étiez un milieu de terrain. Aujourd’hui, on vous retrouve plus régulièrement en position de défenseur même s’il vous est arrivé d’évoluer un cran plus haut cette saison. Passer d’un poste à l’autre, c’est difficile à gérer?
Non. Pas pour moi. Alors oui, je préfère jouer derrière maintenant. Mais si des joueurs manquent à l’appel au milieu et qu’il faut que je prenne leur place, je le fais avec plaisir. Pour le bien de l’équipe, je suis prêt à jouer partout.

Derrière, vous vous imposez comme le patron de la défense. Avec un partenaire de charnière centrale qui a régulièrement changé depuis le début de la saison…
C’est vrai et je ne vous cache pas que ce n’est pas toujours facile de s’adapter aux uns et aux autres. Mais encore une fois, c’est le coach qui prend sa décision. Nous, on ne peut rien y faire.

Votre contrat arrive à échéance en cette fin de saison. Votre futur, il s’écrira toujours en Valais?
On ne sait jamais, tout est possible…

Mais des discussions ont déjà eu lieu avec les dirigeants?
Oui.

Et qu’est-ce qui en ressort?
Pour l’instant, rien n’est décidé donc je ne veux pas me prononcer sur le sujet.

«La Suisse est un championnat de haut niveau et Sion est un très bon club. Partir n’est pas une condition pour être appelé pour le Mondial.»Birama Ndoye

En cette année de Coupe du Monde, un potentiel départ pourrait-il vous offrir plus de visibilité aux yeux du sélectionneur du Sénégal?
Non, je ne dirais pas ça. La Suisse est un championnat de haut niveau et Sion est un très bon club donc je ne pense pas que partir est une condition pour être appelé pour le Mondial. Le sélectionneur fait ses choix et c’est tout. Je vois plus ça comme le destin. Si je dois être appelé en étant à Sion cela se fera, si cela doit être le cas ailleurs cela se fera aussi. Mais je suis aussi reconnaissant envers ce club. Sion m’a tout donné donc je ferai tout pour lui jusqu’au bout.

Parlons de la situation actuelle du FC Sion. Sept points d’avance sur le barragiste Lucerne mais trois défaites de suite. Est-ce préoccupant?
Pour moi, cette situation n’est pas si terrible qu’on pourrait le penser. Il reste huit matches à jouer et on ne va quand même pas tous les perdre. À nous de l’emporter à Lugano pour faire un premier pas dans la bonne direction. L’objectif, c’est de bien terminer le championnat.

«Au sein du vestiaire, on se parle constamment. Aussi bien après une victoire qu’une défaite.»Birama Ndoye

Après le match face à Saint-Gall, Giovanni Sio a dit que des vérités devaient être dites au sein du vestiaire. Quels ont été les échanges au sein de l’équipe durant la semaine?
Bon, déjà, ce qu’il dit le regarde lui. Je ne crois pas qu’il y ait eu des mots différents de d’habitude. On se parle constamment, aussi bien après une victoire qu’une défaite. Le football, c’est ça. On va encore perdre des matches, on va en gagner d’autres mais quoiqu’il arrive, on reste ensemble. On se donne de la force entre nous.

De la force, il vous en faudra dimanche face à Lugano…
Oui. On s’attend à un match très difficile comme ça l’est toujours là-bas. Mais on va tout donner sur le terrain et je suis persuadé que l’on va ramener quelque chose de ce déplacement.

Pour y parvenir, il vous faudra montrer un tout autre visage que celui présenté lors de vos deux derniers duels face aux Tessinois (ndlr: deux défaites 2-0 et 3-0)...
C'est vrai, c'est un adversaire qui ne nous réussit pas souvent. Mais on a l'occasion de changer l'histoire dimanche. À condition que l'on se donne à fond, que l'on bosse en équipe et que l'on se batte jusqu'au bout.

CM
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