Téléphones bannis de l’école. Un cadre clair, mais des effets qui s’arrêtent aux portes de la classe
Entrée en vigueur à la rentrée, l’interdiction des téléphones portables dans les écoles valaisannes dresse un premier bilan. Les enseignants saluent un cadre clarifié et un climat plus serein au primaire. Mais l’impact sur l’attention reste limité sans relais des familles.

Six mois après l’entrée en vigueur de l’interdiction cantonale des téléphones portables, la mesure est désormais installée dans les écoles valaisannes. Dans les classes comme dans les cours de récréation, les règles sont connues, appliquées et globalement acceptées. " On a une satisfaction qui ressort au niveau des enseignants ", résume Olivier Solioz, président de la Société pédagogique valaisanne. Les retours font état d’une mise en œuvre fluide, sans tensions majeures, notamment au primaire.
Un climat plus serein, surtout au primaire
Dans les écoles primaires, l’interdiction répondait à une réalité bien identifiée. En 7H et 8H notamment, les smartphones étaient encore régulièrement présents dans les sacs. Désormais, téléphones et montres connectées doivent être déposés dans un lieu sécurisé dès l’arrivée à l’école. " Les appareils ne sont plus tolérés dans l’environnement scolaire ", précise Olivier Solioz.
Selon les enseignants, cette règle contribue à apaiser les relations entre élèves. Moins d’échanges de messages, moins de frictions en début de matinée ou d’après-midi. En revanche, les habitudes de jeu et de socialisation durant les récréations n’ont pas fondamentalement changé.
Au Cycle d’orientation, surtout une harmonisation
Au Cycle d’orientation, la nouveauté est plus relative. Les téléphones étaient déjà interdits en classe avant la rentrée. La mesure cantonale a surtout permis d’uniformiser les règles, notamment dans les cours de récréation et lors des sorties scolaires.
Pour Stéphane Darbellay, président de l’Association valaisanne des enseignants du Cycle d’orientation, l’intérêt principal est là : " Le gros avantage, c’est l’uniformité de la mesure. Les écoles n’ont plus à se justifier les unes par rapport aux autres. " Sur le plan de l’attention en classe, l’effet reste en revanche modeste.
Collaboration des familles primordiale
Les enseignants sont unanimes sur ce point : l’école ne peut pas agir seule. Si les appareils sont absents durant la journée scolaire, leur usage intensif en dehors du cadre scolaire continue d’influencer la fatigue et la disponibilité mentale des élèves." Pour que la mesure porte pleinement ses fruits, il faut que les parents prennent aussi conscience de l’impact des écrans ", souligne Stéphane Darbellay. Discussions, limites horaires et accompagnement à la maison sont jugés déterminants pour prolonger le message de prévention.
