Salaires de l’État valaisan : un renchérissement trois fois plus maigre que prévu
Les employés de l’État du Valais ont découvert en janvier leur fiche de salaire, avec un renchérissement de 0,1%, inférieur au 0,3% validé au budget. Un écart qui soulève des questions sur la méthode, la cohérence et le rôle du Parlement.

Pour les employés de l’État valaisan, 2026 a commencé avec une petite déception sur la fiche de paie. Le renchérissement salarial se limite à 0,1%. Loin du 0,6% évoqué en fin d’année. Même inférieur au compromis de 0,3% validé par le Grand Conseil en décembre — soit 3,2 millions de francs d’économies. Une différence qui a surpris une partie du personnel, même si la décision respecte le cadre légal en vigueur.
Une application stricte de la loi
Contacté, le Conseil d’État explique simplement s'être basé sur l’indice des prix à la consommation publié fin décembre par l’Office fédéral de la statistique. Or cet indice se situait alors à 0,1%. "Le point de référence effectif sur lequel on doit fixer le renchérissement, c’est le 1er janvier", rappelle la conseillère d’État aux Finances, Franziska Biner.
Une déception mesurée du côté du personnel
La FMEP, qui représente environ 10 000 membres issus de 14 associations professionnelles, dit comprendre la décision. Son secrétaire général, Stéphane Pont, reconnaît une " petite déception ", mais souligne qu’ "il vaut mieux un renchérissement minime que pas de renchérissement du tout ". Selon lui, seules quelques demandes d’explications sont parvenues à la fédération, sans vague de mécontentement notable.
Un débat institutionnel
Au-delà de l’impact financier, l’écart entre le taux voté et celui appliqué interroge tout de même sur le rôle du Parlement. Pourquoi faire voter un montant qui peut ensuite être ajusté automatiquement ? "La validation du Parlement reste indispensable pour pouvoir dépenser cet argent", insiste Franziska Biner. "Et dans cet exercice, la mission est de s'assurer de prévoir assez tout en respectant le double frein à l'endettement."
Notons que le Grand Conseil a accepté en décembre une modification de la loi : dès 2027, le renchérissement sera calculé sur la base de l’indice du mois de mars, afin de mieux faire coïncider le chiffre inscrit au budget et celui effectivement versé.
En outre, le Conseil d’État ne pourra plus augmenter le renchérissement après le vote du budget. En cas de détérioration des finances cantonales, il conservera en revanche la possibilité de ne pas verser le montant prévu, ouvrant alors la voie à un rattrapage ultérieur soumis à l’approbation du Parlement.
Ce changement fait directement écho à la situation vécue en 2025, lorsque le renchérissement appliqué avait finalement été revu à la hausse après le vote du budget. Une marge de manœuvre de l’exécutif qui avait suscité des critiques et conduit le Grand Conseil à vouloir verrouiller davantage le processus.
