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Moins de moyens, plus d’incertitudes : les ONG valaisannes face aux décisions de Berne

La réduction du budget fédéral consacré à la coopération internationale se répercute jusqu’en Valais. Derrière des montants jugés modestes, des projets sont redimensionnés et l’incertitude s’installe pour les ONG actives sur le terrain, notamment en Haïti et en Amérique latine.

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Oriane Binggeli
Oriane Binggeli, Rédaction Rhône FM
06 févr. 2026, 12:00
/ Màj. il y a 4 minutes
L’association Unipartage mise sur l’éducation de la population pour améliorer le niveau de vie au Burkina Faso
L’association Unipartage mise sur l’éducation de la population pour améliorer le niveau de vie au Burkina Faso © Valais Solidaire

Il y a des décisions budgétaires prises à Berne dont les effets se font sentir bien au-delà des chiffres. Depuis deux ans, la Confédération réduit progressivement son budget consacré à la coopération internationale : 250 millions de francs ont été retranchés en 2025, auxquels se sont ajoutés 110 millions supplémentaires décidés par le Parlement à la fin de l’année. Ces choix pèsent désormais aussi sur les organisations basées en Valais, engagées sur plusieurs continents et directement touchées par la contraction des financements fédéraux.

Une enveloppe en baisse, des arbitrages plus serrés

En Valais, 36 organisations sont regroupées au sein de Valais Solidaire, la faîtière cantonale de la coopération au développement. Accès à l’eau potable en Afrique, actions de lutte contre l’extrême pauvreté, appui à des centres de santé ou programmes éducatifs en Asie et dans les Caraïbes... Le panel est large.

Depuis 2025, la contribution fédérale annuelle donnée à la faîtière est passée de 200’000 à 179’000 francs, soit une baisse d’environ 10 %. " Même si la somme peut paraître limitée, chaque franc fédéral sert de levier pour cofinancer les projets de nos membres ", explique sa secrétaire générale, Stéphanie Berrut. "D'autant que la situation pourrait encore se détériorer l'an prochain".

Face à ces incertitudes, certains projets sont déjà redimensionnés. Reste à savoir quelle sera la stratégie de la faîtière pour la suite, entre la réduction de chaque budget, ou un nombre de projets revus à la baisse. "Du moment que tous les projets passent l’analyse, c'est l'enveloppe dédiée à chacun qui sera amaigrie", résume-t-elle, en soulignant un rôle d’interface devenu central entre ONG, autorités et bailleurs.

Des conséquences concrètes sur le terrain

Pour les organisations membres, les effets sont très concrets. Eirene Suisse, active depuis plus de 60 ans, mène notamment un projet de formation pédagogique d’enseignants en milieu rural en Haïti. " Les 20’000 francs qui manquent aujourd’hui, c’est l’équivalent du financement que nous recevons via Valais Solidaire pour ce projet ", souligne sa coordinatrice générale, Patricia Carron. " Si ces fonds ne sont pas compensés, nous devrons former moins d’enseignants et réduire le nombre d’activités prévues. "


Au-delà de ce cas précis, l’organisation est confrontée à un contexte encore plus large. La Direction du développement et de la coopération (DDC) a fortement réduit ses engagements en Amérique latine et dans les Caraïbes. " À moyen terme, nous ne pourrons plus maintenir nos activités en Haïti, au Nicaragua et au Salvador comme aujourd’hui, alors même que les besoins restent immenses ", alerte Patricia Carron. " Partir pour des raisons budgétaires, après des décennies de partenariats locaux, est extrêmement difficile. "

Des relais cantonaux et communaux, mais fragiles

Pour amortir le choc, certains leviers ont pu être activés. Fin 2024, le canton du Valais a revu à la hausse sa contribution à Valais Solidaire, portée à 210’000 francs par an. Des communes et des donateurs privés apportent également des soutiens ponctuels. " Sans ces apports, certains projets auraient déjà dû être abandonnés ", reconnaît Stéphanie Berrut. Mais elle tempère : " Ces aides restent fragiles et ne remplacent pas des financements fédéraux stables. "

Une solidarité locale à l’épreuve du long terme

Mais les acteurs valaisans sensibilisent toutefois la population sur la portée concrète de la coopération menée depuis le canton. "Nos organisations ont un pied à l'étranger mais elles sont avant tout ancrées en Valais ", rappelle la coordinatrice d'Eirene Suisse. "Et nous suivons un protocole très précis avec une politique de transparence et de communication, pour témoigner de la manière dont chaque franc est dépensé."

OB
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