Le ski, la maladie, la vie : l’éternel sourire de Roland Collombin
C’était il y a un demi-siècle, la chute terrible de Roland Collombin à Val d’Isère. Le skieur valaisan mettait un terme à sa carrière, à seulement 24 ans. 50 ans après donc, Roland Collombin revient sur son parcours, sa vie, la maladie aussi. Une force de la nature.

Nous sommes le sept décembre 1975. Roland Collombin sourit comme à son habitude, à quelques secondes de s'élancer sur la piste de Val d'Isère. C'est la 2e descente d'entrainement. Il porte son casque rouge, le drapeau valaisan collé dessus. Il s’élance et prend de la vitesse.
Tout s'arrête lorsqu'on aperçoit le skieur de Versegères prendre le saut sur lequel il était déjà tombé un an auparavant, la fameuse "Bosse à Collombin". Il part en arrière, se réceptionne sur le dos. L'image est impressionnante. Roland Collombin se fracture les vertèbres et se retrouve au centre pour paraplégiques de Bâle.
Sa carrière sportive s'arrête là. Il n’aura skié que trois saisons au plus au niveau, mais aura marqué les esprits (rappelez-vous) : médaille d’Argent aux JO de Sapporo 1972, vainqueur de la coupe du monde de descente en 1973 et 1974.
Cinquante ans après, c’est dans son bar à raclette "La Streif", fief de Martigny-Bourg, qui nous l’avons rencontré.
Roland Collombin, une "tronche" comme on dit. Depuis plus d'un an et demi, il se bat contre un cancer. Et toujours, son éternel sourire aux lèvres. Le même que lorsqu'il s'élançait à la conquête du chrono.
Le jour de notre rencontre, il a skié le matin, vu son docteur l’après-midi, et répondu à nos questions en soirée. Vivre vite.
