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Chez les Janet-Moreillon, le ski coule dans les veines de toute la famille : "C'est un mode de vie"

C'est l'histoire d'une famille dont les membres semblent être nés avec les skis au pied. Sur les traces de leur maman Francine Janet-Moreillon, Gabin et Nima rêvent de faire carrière, l'un en alpin, l'autre en freeride. Rencontre avec ce trio, lors d'un rare moment de retrouvailles.

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Christophe Moreillon
Christophe Moreillon, Rédaction Rhône FM
07 janv. 2026, 12:20
/ Màj. le 07 janv. 2026 à 20:15
Gabin, Nima et Francine Janet-Moreillon réunis au domicile familial de Versegères.
Gabin, Nima et Francine Janet-Moreillon réunis au domicile familial de Versegères. © Rhône FM

Si le village de Versegères a acquis une importante renommée dans les années 1970 grâce aux exploits du légendaire Roland Collombin, il peut aujourd'hui s'appuyer sur de nouveaux ambassadeurs. Ou plutôt, sur une famille d'ambassadeurs : les Janet-Moreillon. Lorsqu'on sonne à leur porte au beau milieu de la période des Fêtes, ils sont trois à nous accueillir. Il y a d'abord Francine, la maman, véritable pionnière du freeride dont elle a remporté le titre mondial à trois reprises. Il y a aussi Gabin, le fils de 21 ans. Engagé en ski alpin, il appartient au cadre C de Swiss-Ski. Enfin, il y a Nima, la fille cadette. À 15 ans, elle s'illustre dans la même discipline que sa mère.

"Leurs premières notions du ski, nos enfants les ont eues, lorsque nous les emmenions dans nos sacs à dos avec mon mari." Francine Janet-Moreillon

Invités à évoquer leur amour de la glisse et leur parcours respectif, tous les trois n'oublient pas de mentionner les deux "autres" membres de la famille. Patrice, le papa, qui a également pratiqué le ski alpin en compétition dans le passé et Tiago, le fils aîné de 23 ans. "C'est un excellent skieur lui aussi", sourit Francine. "Le ski, chez nous, c'est un mode de vie. Nos enfants ont chaussé les lattes à partir de deux ou trois ans. Mais leurs premières notions du ski, ils les ont eues encore plus jeunes, lorsque nous les emmenions dans nos sacs à dos avec mon mari. À cette époque, nous avons même fait de la poudreuse et des petits sauts. C'est comme ça que nous leur avons transmis le flambeau."

Vaudoise d'origine, valaisanne d'adoption

Originaire du canton de Vaud, celle qui était encore Francine Moreillon (de son nom de jeune fille) a, elle-même, très vite entretenu un lien fort avec le ski ainsi qu'avec notre canton. "J'ai grandi à Coppet, mais nous montions tous les week-ends à la Tzoumaz où nous avions un appartement", raconte-t-elle. "J'ai fait mes premières compétitions de ski alpin avec le Ski Club Isérables. Après dix ans sur les lattes, je me suis tournée vers le snowboard avant de me mettre au freeride, grâce auquel j'ai pu vivre durant quatre ans."

"À cinq ans, je dévalais le Mont-Gelé du côté du couloir des Attelas." Francine Janet-Moreillon

Si la transition de l'alpin au freeride a mis quelques années avant de s'opérer de manière "officielle", Francine Janet-Moreillon affirme avoir toujours assimilé le ski à une notion de liberté. "À cinq ans, je dévalais le Mont-Gelé du côté du couloir des Attelas", sourit celle qui deviendra donc triple championne du Monde entre 1998 et 2000. "Maman était une tête brûlée", se marre Gabin, présent à ses côtés sur le canapé. "Tout le monde me l'a dit : elle était du genre à ne pas réfléchir avant d'y aller." La principale concernée rectifie : "Je réfléchissais, mais je n'avais pas peur. J'évaluais les risques, mais je les repoussais plus loin que les autres." À cette époque, les aspects liés à la sécurité étaient bien moins développés qu'ils ne le sont aujourd'hui. "Nous n'avions ni sac avec une pelle-sonde, ni airbag. Quant au casque, nous ne le portions que lors des compétitions."

Nima, une "artiste" sur les traces de sa mère

Le temps a passé, les choses ont évolué mais l'empreinte laissée par la Valaisanne d'adoption dans le monde du freeride est restée intacte. Outre son parcours d'athlète, elle a également été organisatrice du célèbre Xtrême de Verbier. "Je suis très fière de tout ce qu'elle a accompli", souffle Nima. "Que ce soit lorsque nous nous retrouvons en famille où lorsque nous accueillons des invités, elle a toujours des anecdotes à raconter. C'est elle qui m'a en quelque sorte poussée à faire du freeride. Au début, j'étais réticente, mais dès le premier cours, j'ai adoré. J'étais conquise." Si elle a tenu à ce que sa fille, comme ses deux fils, débute par l'alpin – "à l'image d'un musicien, un skieur doit faire ses gammes avant de se spécialiser dans une discipline" – Francine Janet-Moreillon explique pourquoi elle voyait en Nima un potentiel pour le freeride.

Gabin Janet, de son côté, s'est accroché au ski alpin. Devenu vice-champion du monde junior de combiné par équipes l'an dernier, il appartient donc aujourd'hui au cadre C de Swiss-Ski. Ce qui, à l'entendre, n'était pas gagné d'avance. "À mes 13 ou 14 ans, j'ai eu une période difficile. La charge de travail, entre l'école et le ski, était très importante. Tout était condensé. Je n'avais pas un jour de pause. Je sais qu'il y en a plus d'un qui ont été dégoutés. Heureusement, en grimpant les échelons jusqu'à arriver au cadre C, de nouvelles perspectives se sont ouvertes. Je dispose désormais d'un préparateur physique et je peux optimiser mon programme, en misant sur des entraînements de qualité plutôt qu'en quantité."

"Je suis aussi en quelque sorte leur agent. Je les aide dans leur communication ou la recherche de financement." Francine Janet-Moreillon

Dans leur parcours respectif, en alpin ou en freeride, Gabin et Nima Janet peuvent compter sur le soutien sans failles de Francine. Laquelle assume bien plus que le "simple" rôle de maman. "Je suis aussi en quelque sorte leur agent. Je les aide dans leur communication ou la recherche de financement. Je tire mon chapeau à Gabin, car je sais toutes les contraintes auxquelles il a dû et il doit encore faire face. Quant à Nima, j'aime aussi prendre un moment avec elle pour observer la montagne face à nous. Je lui demande si elle est inspirée par une ligne ou une autre et je lui donne quelques conseils, en lien avec mon expérience." Toutes les deux se remémorent notamment d'un épisode en particulier.

De par son vécu, Francine Janet-Moreillon ne cache pas vivre les compétitions de ses enfants différemment des autres mamans. "J'en vois parfois certaines qui paniquent, qui sont toutes stressées avant le run de leur fils ou de leur fille. Ce n'est pas mon cas. Personnellement, la seule chose qui me fait peur, la seule angoisse que j'ai, c'est qu'ils soient déçus à l'arrivée. Je ne crains pas les accidents ou les risques liés à leur pratique sportive. En tant que parents, nous avons aussi un rôle de psychologue à jouer. Nous devons être là, les bras ouverts, pour accueillir les larmes de joie ou de peine de nos enfants."

Des premiers Mondiaux juniors pour Nima

Alors que Gabin se préparait pour les épreuves de Coupe d'Europe prévues ce week-end à Wengen - des épreuves finalement annulées -, la famille Janet-Moreillon se focalisera la semaine prochaine sur Kappl en Autriche. Du haut de ses 15 ans, Nima y disputera ses premiers Mondiaux juniors. "Comme c'est une première, j'y vais en mode découverte. Je ne me fixe pas d'objectifs précis. En tout cas, je ne pars pas en visant la gagne à tout prix. Je veux simplement prendre du plaisir et être fière de moi à la fin de mon run." Après le Lauberhorn, le prochain rendez-vous de son frère devrait avoir lieu à domicile, lors des manches de Coupe d'Europe prévues à Verbier à la fin du mois. "Si je parviens à m'installer dans les 30 premiers, je pourrais continuer mon parcours à ce niveau-là. C'est mon but, même si je suis conscient que les places sont chères."

"J'espère pouvoir imiter maman en devenant championne du monde." Nima Janet

Interrogés en fin de discussion sur leurs objectifs ou leurs rêves pour l'avenir, les deux jeunes athlètes affirment leurs ambitions. "D'abord, j'aimerais pouvoir vivre pleinement de mon sport. Si j'y parviens, alors j'espère pouvoir imiter maman en devenant championne du monde", commence Nima. "Pour ma part, mon premier but est d'entrer dans le top 30 en Coupe du Monde. Quant à mon rêve, il est de décrocher des médailles, que ce soit aux Mondiaux ou aux Jeux Olympiques", poursuit Gabin. Peu importe ce que le destin leur réserve, tous les deux savent que Francine, mais aussi Patrice et Tiago seront là pour les épauler. "Nous serons fiers d'eux quoiqu'il arrive", conclut, sourire aux lèvres, la maman. 

Et qui sait, peut-être qu'un jour, le nom Janet donnera de nouvelles lettres de noblesse au village de Versegères. Comme l'a fait, il y un demi-siècle, celui de Collombin. 

CM/HDC
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