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Pierre Ducrey, le Valaisan passé de stagiaire à directeur du département des sports du CIO

Originaire de Vouvry, Pierre Ducrey siège dans les hautes sphères du Comité International Olympique (CIO). Engagé depuis 2003 au sein de l'instance et devenu directeur du département des sports l'été dernier, le Chablaisien nous a accordé un entretien, à l'aube des Jeux de Milan-Cortina.

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Christophe Moreillon
Christophe Moreillon, Rédaction Rhône FM
05 févr. 2026, 14:40
/ Màj. il y a moins d'une minute
Originaire de Vouvry, Pierre Ducrey occupe un poste à haute responsabilité au sein du CIO.
Originaire de Vouvry, Pierre Ducrey occupe un poste à haute responsabilité au sein du CIO. © Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.

Sa voie semblait tracée d'avance. Passionné aussi bien par le sport que par les relations internationales durant ses études, Pierre Ducrey était en tout cas décidé à intégrer une grande organisation. Il y est d'abord parvenu en étant engagé pour promouvoir le développement à travers le sport au sein de l'ONU. Un premier mandat d'importance qui lui a ensuite ouvert les portes du Comité International Olympique, le CIO, il y a plus deux décennies.

Le stagiaire devenu directeur

"C'était en 2003, il y a 23 ans aujourd'hui", se rappelle celui qui a entamé son parcours dans l'instance basée à Lausanne au bas de l'échelle. "J'ai commencé comme stagiaire au sein du département des sports. La boucle est donc désormais bouclée puisque j'y suis revenu avec le statut de directeur." Au-delà de cette promotion personnelle, le natif de Vouvry ne cache pas que beaucoup de choses ont changé entre les deux périodes. "Le CIO est une organisation beaucoup plus large qu'elle ne l'était à l'époque", affirme-t-il. "Elle a grandi avec son temps, elle a beaucoup évolué et elle s'est structurée. Le département des sports plus spécifiquement n'est plus le même non plus. Nous travaillons maintenant de manière bien plus étroite avec les comités d'organisation locaux ainsi qu'avec les fédérations internationales qui sont les entités chargées de livrer les compétitions durant les Jeux Olympiques."

"Nous devons trouver les ingrédients pour que la soupe olympique convienne à chacun." Pierre Ducrey

Avant de reprendre le rôle de directeur du département des sports à partir du 1er juillet dernier, Pierre Ducrey était à la tête de celui des opérations. "J'étais plus impliqué dans la livraison de l'événement. J'étais en quelque sorte le coordinateur central des opérations du CIO auprès des comités d'organisation locaux", explique-t-il. "Aujourd'hui, mon travail se focalise davantage sur la relation avec les fédérations internationales. Il y en a plus de 40 avec lesquelles je dois être en contact de manière régulière, presque au quotidien. C'est tout un écosystème focalisé sur la livraison de l'événement sportif qui vient s'ajouter aux discussions concernant la construction des sites, les transports ou les aspects liés au marketing notamment."  Avec son équipe, le Chablaisien participe activement au développement du programme olympique, par l'ajout de nouvelles disciplines telles que le ski alpinisme pour l'édition de cette année.

Outre l'ajout du ski alpinisme, l'un des événements des Jeux Olympiques de Milan-Cortina est le retour des stars de la NHL dans le tournoi masculin de hockey sur glace. Là-aussi, Pierre Ducrey y est pour quelque chose. "Je me suis beaucoup investi sur ce projet qui nous tenait particulièrement à cœur", reconnait-t-il. "Les gens qui suivent les Jeux Olympiques, que ce soit devant leur télévision ou sur les sites des compétitions, veulent voir les meilleurs athlètes du monde à l'œuvre. Nous nous réjouissons donc énormément de pouvoir à nouveau compter sur les joueurs de la ligue nord-américaine, douze ans après leur dernière participation. Eux-mêmes sont impatients d'en découdre. Les échos que nous avons eu en échangeant avec les représentants de la NHL sont très positifs. Je pense que ce tournoi olympique va marquer l'histoire du hockey sur glace!"

"Mon moteur est de savoir que je travaille pour un événement qui permet de changer des vies." Pierre Ducrey

À quelques heures de la cérémonie d'ouverture, prévue vendredi soir au Stade San Siro ainsi que sur différents sites qui accueilleront les compétitions durant les deux grosses semaines à venir, l'impatience s'entend dans la voix de Pierre Ducrey. Malgré son rôle à responsabilité, le Valaisan a su garder la passion qui l'animait étant plus jeune. "Quand on aime le sport et qu'on a la chance de travailler pour le mouvement olympique, on a toujours les étoiles dans les yeux", souffle-t-il. "Mon moteur est de savoir que je travaille pour un événement qui permet de changer des vies. Quand on est dans la même situation que maintenant, à quelques hectomètres de la livraison des Jeux, il y a quelque chose de particulier en nous. Nous sommes à la fois concentrés et émus de voir un projet sur lequel on travaille depuis plus de sept ans se concrétiser."

De bons échanges sur le dossier Switzerland 2038

Si ces dernières semaines, Pierre Ducrey et le CIO se sont essentiellement focalisés sur ces Jeux Olympiques de Milan-Cortina, les prochaines éditions occupent déjà une partie de leur esprit. De Los Angeles en 2028 à Salt Lake City en 2034, en passant par les Alpes Française en 2030 et Brisbane en 2032, il s'agit de s'assurer que tout se met en place pour que les choses soient prêtes à temps. "Nous devons être certains que les fondamentaux de chaque projet sont solides. Dès leur attribution, nous travaillons de manière étroite avec chaque comité d'organisation." Et ce n'est pas tout : le Valaisan ajoute ainsi que des discussions régulières ont lieu avec des candidats pas encore assurés d'être élus. C'est notamment le cas du dossier Switzerland 2038 que défend l'ancien Conseiller d'Etat Frédéric Favre. "Nous passons beaucoup de temps à échanger avec le comité qui dirige ce projet. Nous veillons à leur transmettre tous les outils nécessaires pour qu'ils développent le projet qui fasse le plus de sens. Au-delà de la Suisse, beaucoup de pays ont émis un intérêt pour 2038, 2040 ou 2042. Tous voient les Jeux Olympiques comme une intéressante plateforme de développement." Sans s'avancer sur une potentielle attribution ou non, le Chablaisien salue le travail d'ores et déjà accompli par les porteurs de la candidature nationale pour les Jeux de 2038.

Dans l'histoire des Jeux Olympiques et de leur organisation plus spécifiquement, il y a forcément un avant et un après Paris 2024. Longtemps décriées en amont, les Olympiades d'été dans la capitale française ont marqué les esprits et tout le monde s'est accordé pour reconnaître qu'elles étaient une franche réussite. "Ces JO ont été incroyables sur énormément d'aspects", confirme Pierre Ducrey. "Ils ont certainement ouvert un nouveau chapitre dans la relation entre les comités d'organisation et le CIO. C'était la première édition que l'on pouvait étiqueter comme un résultat de la stratégie mise en place dans notre agenda olympique 2020 (ndlr : son but premier était d'utiliser des sites existants et d'assurer un héritage après l'événement). Je pense d'ailleurs que Milan-Cortina va ouvrir une nouvelle ère dans les Jeux d'hiver. Certes, le territoire qui accueillera les compétitions n'a jamais été aussi vaste, mais c'est aussi ce qui assure à ces JO d'avoir une âme. Nous nous réjouissons désormais que cette édition soit considérée au même titre que Paris 2024. Elle doit changer la perception que les gens ont de cet événement."

Aux athlètes de prendre la lumière

Le Valaisan semble donc d'ores et déjà convaincu du succès de ces deux prochaines semaines en Italie. Il conclut en évoquant ce qui, à ses yeux, est fondamental pour assurer la réussite de Jeux Olympiques.

CM
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