Criminalité organisée. Un élu valaisan appelle à durcir l’arsenal légal
Vols d’armureries, narcotrafic, ou braquage organisé. La suisse n’est plus épargnée par les violences liées aux réseaux criminels. Le Valais non plus, s’inquiète le conseiller national valaisan Sidney Kamerzin. Face à une menace qui se structure, il demande un durcissement ciblé de la loi.

La criminalité organisée progresse, et le Valais n’est plus à l’écart. Le conseiller national valaisan Sidney Kamerzin appelle la Confédération à renforcer son dispositif de lutte, par le biais d’une motion déposée en décembre.
Sa démarche intervient dans la foulée de plusieurs faits récents en Suisse et en Valais : braquages d’armureries, dossiers liés au narcotrafic ou encore réseaux découverts à Sierre. Des éléments qui s’ajoutent à des situations similaires dans les pays frontaliers et qui traduisent, selon le parlementaire, une évolution inquiétante du phénomène. " Ce ne sont plus des cas isolés, mais des structures qui se mettent en place ", avertit-il, évoquant une évolution observée aussi dans plusieurs pays européens. " La Suisse reste attractive par sa stabilité et son économie. Ce qui en fait aussi une cible pour le blanchiment et l’investissement de fonds criminels. "
Renseignements étrangers et coordination policière
La motion déposée en décembre demande d’abord de lever certains obstacles juridiques à l’utilisation de renseignements transmis par des autorités étrangères. Des décisions judiciaires récentes ont en effet empêché l’exploitation de données issues d’enquêtes internationales, entraînant l’abandon de dossiers sensibles. " On se prive d’un outil essentiel face à des réseaux qui, eux, n’ont pas de frontières ", estime le conseiller national.
Le texte insiste aussi sur la collaboration entre polices cantonales et autorités fédérales. Aujourd’hui, la répartition des compétences peut retarder les procédures. " Sur le terrain, les premières informations viennent souvent des polices locales. Elles doivent pouvoir travailler immédiatement avec l’appui fédéral, sans se perdre dans des questions de compétence ", plaide-t-il.
Intervenir plus tôt contre les réseaux
Autre axe central : l’adaptation de l’article 260ter du Code pénal, qui vise les organisations criminelles mais reste peu utilisé. Sidney Kamerzin souhaite élargir son champ d’application afin de pouvoir poursuivre des groupements dès leur constitution, avant le passage à l’acte. " Dès que des personnes se mettent ensemble avec l’intention de commettre des infractions graves, il faut pouvoir agir ", explique-t-il, citant des dispositifs comparables à l’étranger.
La motion évoque également le gel des avoirs, jugé particulièrement efficace, ainsi que la protection des repentis, encore inexistante en Suisse. Autant de mesures qui devraient, selon lui, être accompagnées de moyens financiers renforcés pour la police et la justice.
Entre sécurité et État de droit
Le durcissement proposé soulève toutefois la question de l’équilibre entre sécurité et libertés individuelles. Le conseiller national reconnaît un débat sensible, mais estime que " la menace actuelle justifie de se donner davantage de moyens ", tout en laissant à la population le dernier mot sur ces choix législatifs.
En Valais, il se veut néanmoins rassurant. Les affaires récentes ont montré, selon lui, la capacité des autorités cantonales à détecter et contenir ces réseaux. " Aujourd’hui, ça fonctionne, mais ce sera une lutte de tous les jours ", prévient-il.
Quoi qu'il en soit, Sidney Kamerzin précise qu’une prise de conscience générale est en marche sur cette thématique. "Je ne suis pas le seul parlementaire à avoir déposé une intervention2. Le Département fédéral de justice et police lui-même travaillerait sur un paquet de mesures pour adapter son arsenal. "2026 devrait être une année déterminante."
