Winsley Boteli : "J'espère être définitivement entré dans le coeur des supporters avec ce but"
C'est l'une des marques de fabrique du FC Sion cette saison. Lorsqu'on le pense battu, il trouve les ressources pour renverser l'issue d'une rencontre. Le derby du Rhône de samedi l'a prouvé, avec un Numa Lavanchy dans tous les bons coups et Winsley Boteli à nouveau dans le costume du sauveur.

L'affaire semblait classée. Malgré quelques tentatives brouillonnes, le FC Sion ne semblait plus en mesure de revenir dans le match, alors que Jallow avait permis à Servette de repasser devant à la 86ème. Et puis là, après quatre des cinq minutes de temps additionnel, Nias Hefti a adressé un dernier centre. Du droit, son mauvais pied. Lukembila est allé au duel dans les airs. Lavanchy a hérité du ballon. Son service a trouvé Boteli qui a pris le dessus sur Burch pour "climatiser" le Stade de la Praille. 3-3, un point pour des Valaisans toujours invaincus en 2026 et un nouvel épisode dans la série "Boteli, buteur providentiel des dernières minutes."
Le numéro 13 n'en est en effet pas à son coup d'essai. Dès la première journée, c'est lui qui avait conclu la folle remontada de son équipe sur le terrain de Zurich. À Lucerne durant l'automne, il avait réduit la marque lors d'un autre match nul inespéré. Sans oublier ce doublé à Aarau qui avait évité des prolongations périlleuses aux Sédunois en 1/8ème de finale de la Coupe de Suisse. La réussite de ce samedi avait toutefois une saveur particulière pour lui, l'attaquant genevois de Tourbillon. "C'est sûr que c'est spécial. Mais avant d'être genevois, je suis un joueur du FC Sion et je suis heureux d'avoir pu aider mon équipe", relève-t-il avant d'évoquer quelques souvenirs. "Lorsque j'étais petit, je regardais ce stade avec les grands yeux. Je suis reconnaissant d'avoir pu y jouer et, encore plus, d'avoir pu marquer ce but. J'espère être définitivement entrer dans le cœur des supporters sédunois grâce à lui, même si je pense que j'y étais déjà un peu avant."
Sion aurait pu couler avant la pause
Si tout s'est relativement bien terminé pour le FC Sion, avec ce 3-3 en guise de "happy ending", impossible d'occulter que la première mi-temps de ce derby a été complètement ratée. Si Numa Lavanchy peine à expliquer ce qui est arrivé à son équipe, Didier Tholot pointe lui du doigt le 1-1 de Stevanovic, consécutif à une perte de balle impardonnable de Donat Rrudhani. "Cela ne doit jamais arriver", grince le technicien tricolore. "Nous avions bien débuté, mais après notre ouverture du score (ndlr : autogoal de Rouiller à la 5ème), nous avons beaucoup moins joué vers l'avant. Nous l'avons payé cash et Servette était mieux que nous mentalement. Nous aurions pu couler, mais nous ne l'avons pas fait."
En bon capitaine du navire sédunois, Didier Tholot a réagi pour affronter la tempête. À la pause, il a procédé à un double changement et modifié son système de jeu. "Je savais que j'allais faire ça dès la 30ème. J'ai pris un risque en attendant la mi-temps. Après le match, c'est facile de dire que j'ai fait les bons choix. Trouver des solutions pour réagir, ça fait partie du boulot d'un entraîneur." Le coach sédunois ne veut pas parler des sorties de Kololli et Rrudhani comme de sanctions après les 45 minutes très compliquées passées par les deux hommes sur le terrain. "D'autres auraient aussi pu sortir. J'ai choisi de réorganiser totalement l'équipe et il me fallait les joueurs les plus aptes à évoluer dans ce nouveau dispositif."
Lavanchy impliqué sur les trois buts
Le passage du 4-3-3 du début de match au 3-4-3 de la seconde période s'est donc révélé payant. Parmi les principaux bénéficiaires de cette nouvelle configuration figure Numa Lavanchy. Déjà à l'origine de l'autogoal de Rouiller, c'est lui qui a inscrit le 2-2 avant donc de signer l'assist sur le 3-3 final. "La mi-temps nous a fait beaucoup de bien. Elle nous a permis de nous remettre la tête à l'endroit", confie le latéral sédunois. "Personnellement, le coach peut me mettre n'importe où, je jouerai toujours de la même manière. Ce rôle de piston, je le connais et je l'apprécie. Tu pars de moins loin, donc tu peux te retrouver plus facilement dans les seize mètres adverses."
Décisif au stade de la Praille, Numa Lavanchy manquera ses premières minutes de la saison le week-end prochain, lors de la (nouvelle) réception de Lucerne à Tourbillon. Il a récolté son 4ème avertissement de l'exercice très tôt dans le derby du Rhône. "Il fallait bien que ça arrive, ça fait un moment que la menace planait au-dessus de moi. C'est dommage que l'arbitre me mette un jaune dès ma première faute, mais il aurait aussi pu m'en sortir un deuxième un peu plus tard. Disons que j'ai mérité ce carton pour l'ensemble de mon œuvre", sourit celui qui laissera à Nias Hefti la palme du joueur de champ le plus utilisé du championnat. La suspension du latéral vaudois poussera-t-elle Didier Tholot à presser Barthélémy Constantin à dénicher la doublure recherchée au numéro 14? "Pour l'instant, on va déjà s'occuper de mardi. On pensera à remplacer Numa ensuite", se contente de répondre le technicien français.
Place à la Coupe
Mardi, un autre gros rendez-vous attend le FC Sion : un quart de finale de Coupe de Suisse sur le terrain de GC (20h30 en direct sur Rhône FM). Un duel lors duquel c'est Rilind Nivokazi (averti deux fois dans la compétition) qui sera suspendu. De quoi ouvrir la porte à une place de titulaire pour Winsley Boteli? "J'essaie de montrer à chaque entraînement que je peux avoir ce rôle, mais à la fin, c'est le coach qui décide. S'il me fait à nouveau entrer à la 80ème, je le ferai et j'essaierai à nouveau de me montrer décisif. Comme je sais le faire", conclut le sérial buteur des fins de match.
