«Un souhait pour 2022? Avoir une équipe qui incarne les valeurs du peuple»: Paolo Tramezzani

Paolo Tramezzani lors de la reprise des entraînements début janvier 2022 ©Keystone-ats
FC Sion
Hugo Da Custodia
Journaliste RP

Le FC Sion est de retour au travail depuis le début de la semaine. Quelques cas de Covid sont venus perturber cette reprise mais pour le reste, Paolo Tramezzani a une feuille de route très claire. Il veut profiter des trois prochaines semaines pour façonner une équipe qui gagne. Interview.

Paolo Tramezzani, quelle est la dernière chose que vous avez dite à vos joueurs avant les vacances?
Je leur ai souhaité de bonnes fêtes, à eux et à leurs familles. C’est un moment spécial. Encore plus peut-être pour les joueurs étrangers qui retournent au pays à cette occasion. Sur les aspects sportifs, les derniers mots échangés ont eu lieu après la victoire contre Lausanne. En substance, je leur ai dit que nous étions en train de faire des pas importants vers l’avant. Je leur ai demandé de se reposer, de profiter de leurs vacances et de se préparer pour les 5 prochains mois.

Et comment voyez-vous ces prochains mois?
Ils seront beaux. Je choisis ce mot car pendant les 5 prochains mois nous devrons afficher nos ambitions. Nous devrons augmenter notre niveau de jeu et avoir la satisfaction du travail bien fait. Cette satisfaction ne pourra être atteinte que si ont termine cette saison de manière positive. Cela passera aussi par le fait de recréer de l’enthousiasme autour de notre équipe et de rendre nos supporters fiers et heureux. Nous avons beaucoup de travail devant nous pour exploiter notre potentiel au maximum.

«La mentalité de battant doit se construire. Sion est une équipe qui n’a pas gagné deux matches de suite en championnat depuis deux saisons.» Paolo Tramezzani

Quelle est la principale analyse de vos premières semaines de travail (9 matches - 4 victoires/5 défaites)?
D’abord je tiens à dire que je base mon analyse sur le travail hebdomadaire et pas seulement sur les résultats. Au niveau des prestations, je biffe le match à Lugano. C’était vraiment le pire, l’équipe n’étais simplement pas présente. Quand je regarde tous les autres matches, il y a des éléments positifs à en retirer. Parfois sur 90 minutes, parfois seulement sur 45 minutes. Les joueurs ont très souvent eu la bonne attitude et la volonté de bien faire. Principalement lors des rencontres face aux très bonnes équipes du championnat comme Bâle, Zürich et YB. Lors de mes deux premiers mois nous avons effectué un premier pas dans la bonne direction. Le deuxième viendra avec les 18 matches qu’il nous reste. Dans cette optique, les 25 prochains jours de préparation seront très importants. Je crois beaucoup en ces joueurs et en la force de cette équipe.

Avez-vous eu des discussions individuelles avec vos joueurs? Est-ce que vous attendez des choses particulières de l'un ou l'autre des leaders?
Je suis très proche de mes joueurs et je m’entretiens régulièrement et ouvertement avec eux sans faire de distinction. Ainsi, j’essaie de leur transmettre de la confiance. Ils doivent aussi comprendre que la mentalité de battant doit se construire. On parle d’une équipe qui n’a pas gagné deux matches de suite en championnat depuis deux saisons. Ce ne sont que des chiffres mais ils doivent permettre à tout le monde de mesurer ce qui est en train de se jouer. J’ai parfois l’impression que les joueurs manquent de méchanceté sur le terrain. Attention, méchanceté au sens de l’agressivité. De vouloir gagner une partie, de vouloir s’imposer lors des duels, lors des tacles… ou sur les deuxièmes ballons par exemple.

«En somme je demande aux joueurs d’afficher une mentalité plus positive, de ne pas avoir peur de perdre.» Paolo Tramezzani

Vos attentes sont donc élevées. Est-ce que les joueurs en ont bien conscience?
Tous les éléments que je viens de citer sont très importants. Cette envie d’en faire plus sur chaque geste peut nous permettre de changer le cours d’un match et de ramener ces petits points. Des points qui, quand ils s’additionnent, peuvent faire la différence. En somme je leur demande d’afficher une mentalité plus positive, de ne pas avoir peur de perdre. C’est certain que les résultats des précédentes saisons ne facilitent pas la tâche. A nous de trouver un nouveau chemin pour effacer le passé récent et repartir sur de meilleures bases. Sion doit redevenir une équipe fougueuse, qui montre du caractère. C’est l’un de nos objectifs.

Un mot sur la préparation. Est-ce que vous avez un but précis pour les trois prochaines semaines?
Fondamentalement, nous allons travailler sur les mêmes bases. Nous avons la chance d'être dans une période sans rencontres officielles et en quelques sortes je pourrais disposer du temps que je n’ai pas pu avoir en début de saison. Je pense que nous allons particulièrement insister sur les aspects offensifs. La gestion de la possession en phase d’attaque est primordiale. Le focus sera aussi fait sur l’apport du ballon dans la profondeur ou sur les côtés. Ainsi que sur l’opportunité d’avoir plus de joueurs proches de la surface adverse. Selon moi, notre jeu sans ballon est assez correct, tout comme nos sorties de zones. C’est surtout dans les 40 derniers mètres, lors des actions construites, que cela ne fonctionne pas. Nous allons donc travailler cela.

Comment est-ce que vous séquencez votre travail?
Nous avons l’habitude d’effectuer un travail par lignes ou par blocs, en divisant le terrain en deux parties. Et ensuite, il s’agit d’effectuer un travail plus global, en mouvement, qui se rapproche de ce que l’on doit reproduire en match. Le travail individuel est aussi très important car il permet à chaque joueur de travailler sur des points spécifiques et de mieux se connaitre. Le but étant d’anticiper chaque prise de décision et de savoir quoi faire sur le terrain à chaque instant. Cela donne plus de certitudes et d’assurance.

«Les éléments présents ont des qualités et je préfère travailler avec les joueurs que je connais déjà.» Paolo Tramezzani

Le mercato est ouvert. Est-ce vous avez des attentes particulières?
Non. J’ai parlé très ouvertement avec le président. Mon intention c’est de ne rien changer. En ce moment, cette équipe n’a pas besoin d’un apport particulier. Il y a beaucoup de joueurs, certes, donc si quelque chose bouge cela se fera au niveau des départs. Pour le reste, je suis très content de récupérer les joueurs qui étaient blessés et qui seront très importants pour nous, comme Musa Araz, Guillaume Hoarau. Il y aussi Giovanni Sio. Ils reviennent petit à petit et c’est très bien. Vous savez, je n’aime pas beaucoup quand il y a trop d’apports ou trop de changements. Les éléments présents ont des qualités et je préfère travailler avec les joueurs que je connais déjà.

Est-ce que vous êtes consulté par rapport aux entrées et sorties de l’effectif?
Absolument, je parle quasiment tous les jours avec le président, avec le directeur sportif, avec Gelson ou avec Massimo. Mais comme je vous le dis, je n’ai besoin d’aucun joueur. Je suis content avec le groupe à disposition et j’espère que cela restera comme ça.

Une rumeur parle pourtant du défenseur Gaetano Berardi.  Vous confirmez?
Oui, Gaetano Berardi c’est un choix personnel. C’est un joueur que je connais très bien. Il a connu des expériences dans des grands championnats, Serie A italienne ou Premier League anglaise. Il s’entraîne avec nous. À la fin du mois je prendrai une décision. Si on parle de ce qu’il peut nous apporter, je dirais sa volonté, sa hargne. Au vu de ce qu’il présente sur le terrain et à l’entraînement, il peut aider l’équipe à grandir. J’espère qu’il pourra nous apporter ce petit plus qu’il nous manque éventuellement en ce moment.

«Ça serait vraiment beau, en un battement de cils, de se retrouver devant des tribunes pleines et de communier avec le public.» Paolo Tramezzani

Le Covid est toujours présent. Comment est-ce que vous gérez cela au quotidien?
J’ai bien connu cette situation vous savez. L’année dernière en Croatie, il y avait 30 infections au sein de mon équipe. Tout le monde était touché, joueurs et staff. Donc les quarantaines, je sais ce que cela veut dire. C’est un élément qui nous préoccupe. C’est même le principal. On essaie d’être attentif. Il faut faire preuve de responsabilité et prendre tout cela au sérieux.

Est-ce que vous vous attendez à des changements de programme?
Bien sûr, je m’attends à ce qu’il puisse y avoir des soucis. Il faut être réaliste. On ne peut pas tout maîtriser mais on fait notre possible pour éviter les problèmes. On effectue des tests tous les jours, en espérant que de nouveaux cas positifs ne se déclarent pas. Si c’est malgré tout le cas, il faudra être prêt à réagir. Je suis bien conscient qu’il y aura peut-être une période pendant laquelle je devrais composer sans plusieurs joueurs.

Il y a aussi la Coupe d’Afrique des Nations qui vous privera de quelques joueurs. Est-ce que cela peut devenir un problème en plus du Covid?
Pour être tout à fait honnête, ce n’est pas une compétition que j’ai l’habitude de suivre ou de regarder. C’est toujours compliqué de voir partir des joueurs mais ce n’est pas quelque chose d’insurmontable. Simplement un souci de plus mais avec toutes les inquiétudes qui nous occupent ce n’est pas plus problématique que cela.

Quel est votre plus grand souhait pour 2022?
De revoir le stade plein ! Là, comme sur cette photo (ndlr: il désigne une photo encadrée où on voit le Gradin Nord plein à craquer). De revoir le public proche de son équipe. De voir les gars incarner au mieux les valeurs du club et du peuple valaisan. Ça serait vraiment beau, en un battement de cils, de se retrouver devant des tribunes pleines et de communier avec le public. Pour moi ça serait comme gagner un trophée.  

HDC
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