Soixante ans plus tard, le Giro fera son retour en Valais en 2023

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Le Valais vivra au rythme du cyclisme lors du prochain week-end de l’Ascension. Pour la première fois depuis 1963 et une arrivée à Loèche-les-Bains, le Tour d’Italie fera halte dans notre canton. Crans-Montana et Sierre ont été désignées comme villes-étapes.

Les amoureux de la petite reine ont de quoi se réjouir. L’année 2023 sera riche en événements cyclistes sur les routes de notre canton. Outre les Tours de Romandie masculin, avec une étape entre Sion et Thyon 2000 le 29 avril, et féminin, dont Torgon accueillera l’étape reine cinq mois plus tard, le Tour d’Italie fera également halte en Valais l’an prochain. L’annonce vient de tomber. Soixante ans après Loèche-les-Bains, Crans-Montana et Sierre ont été retenues comme villes-étapes du prochain Giro. La station du Haut-Plateau accueillera une arrivée le vendredi 19 mai tandis que la cité du Soleil sera le théâtre d’un départ le lendemain.

Trois ans de rencontres avant l’aboutissement du projet

«Cela fait trois ans que l’on rencontre les organisateurs de la boucle italienne avec des représentants de notre canton», relève Steve Morabito, président de la fédération cycliste valaisanne. «Nous leur avons témoigné à plusieurs reprises notre motivation à participer à la fête et ça s’est finalement fait ce printemps. Ils nous ont convoqués pour nous expliquer que le puzzle de l’édition 2023 permettrait une incursion en Valais si on avait quelque chose à leur proposer.» Le Chorgue et ses partenaires ont alors pris leur bâton de pèlerin pour convaincre les communes et l’État de les soutenir dans leur projet. Un projet validé ce lundi à Milan au moment où les contours du 106ème Tour d’Italie ont été dévoilés.

«Le consul d’Italie en Suisse est un passionné de vélo. Il nous a poussé à faire le forcing durant des mois et des années pour en arriver à la décision d’aujourd’hui.»  Steve Morabito, directeur général de l'Association Giro Valais

Ancien coureur professionnel, Steve Morabito a participé à sept reprises au Giro. Il avoue ainsi que l’envie de voir l’événement revenir sur les routes valaisannes le titillait déjà avant qu’il ne mette un terme à son parcours de coureur. «J’ai toujours eu une bonne relation avec les organisateurs. Je leur ai vanté plusieurs fois les atouts de notre région pour accueillir une course comme la leur.» Pour concrétiser son projet, le Valaisan reconnaît avoir pu compter sur un soutien de taille. «Le consul d’Italie en Suisse est un passionné de vélo. Il nous a poussé à faire le forcing durant des mois et des années pour en arriver à la décision d’aujourd’hui.»  

L’expérience du Valais dans sa globalité à accueillir des événements sportifs de grande envergure ces dernières années a aussi joué un rôle important. «Le Giro, c’est l’un des trois grands rendez-vous de la saison avec le Tour de France et la Vuelta. C’est une grande machine. Le vécu de notre canton dans un passé proche les a certainement rassurés. Ils ont eu la garantie de pouvoir, eux aussi, rayonner grâce à nous.»

Une étape reine en direction de Crans-Montana

Concrètement, le Valais accueillera la 13ème et la 14ème étape de cette boucle transalpine. Le vendredi 19 mai, le peloton empruntera notamment un parcours impressionnant au départ d’Aoste pour rallier Crans-Montana. Au programme : 208 kilomètres d’efforts, plus de 5'000 mètres de dénivelé positif et les ascensions, entre autres, du Col du Grand-Saint-Bernard – le point le plus élevé de ce Giro 2023 – et du Col de la Croix-de-Cœur. «Sortir des frontières nationales représente toujours un défi pour les organisateurs. Avec ce tracé, on a su leur montrer qu’on a des beaux cols et de quoi proposer des scénarios un peu «foufous». Le général pourrait bien se jouer ce jour-là.» Le seul point d’interrogation concerne les conditions météos au sommet du Grand-Saint-Bernard à la mi-mai. Dans le cas où le col ne pourrait être emprunté en raison de la neige, le peloton traverserait le tunnel. «Mais on est optimistes. Si on se réfère aux conditions de cette année à la même date, ça devrait le faire.»

«Monter un budget d’un peu plus d’un million est un gros défi mais les retombées sont telles que ça vaut la peine de se lancer dans cette aventure.»Steve Morabito, directeur général de l'Association Giro Valais

Le samedi 20, la 14ème étape emmènera le peloton de la Plaine Bellevue du côté de Sierre à la cité lombarde de Cassano Magnago de l’autre côté du Simplon. Interrogé sur le budget nécessaire pour accueillir cette arrivée et ce départ du Giro en Valais, Steve Morabito l’estime à un peu plus d’un million de francs. «Une grosse somme qui comprend différentes prestations en nature et en cash», précise celui qui a été nommé à la direction générale de l’Association Giro Valais, chargée de l'organisation de ces deux étapes. «C’est un gros défi à relever mais les retombées sont telles que ça vaut la peine de se lancer dans cette aventure.»

Un retour sur investissement direct

Selon les prévisions des organisateurs, entre 15'000 et 50'000 personnes sont attendues pour l’arrivée sur le Haut-Plateau. Le lendemain, plusieurs dizaines de milliers de spectateurs devraient aussi se presser dans la cité du Soleil. «Les bénéfices d’un tel événement pour le Valais sont multiples», souffle Steve Morabito. «Sur le plan touristique, des images de notre région seront diffusées dans 200 pays à travers les cinq continents. Au niveau économique, les 2'000 personnes qui composent la caravane du Giro et les milliers d’autres qui seront au bord des routes devront bien se loger et se nourrir. On pourra vraiment profiter d’un retour sur investissement direct. Et puis, il y a l’aspect sportif et émotionnel qu’il convient aussi de prendre en compte. J’imagine déjà les amoureux de cyclisme et tous les petits Valaisans avoir des étoiles dans les yeux au moment du passage du peloton.»

Steve Morabito se projette déjà sur ces deux jours de fête aux abords des routes valaisannes. «Je sais toutefois que tout reste à faire. De nombreux défis logistiques et sécuritaires doivent être relevés d’ici au mois de mai. Ça commence à faire tic-tac.»

CM/YC
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