Rallye du Valais: la spéciale du Col des Planches, mythe déchu

L'Irlandais Craig Breen en 2013 ©Keystone-ATS
Rallye
Justin Grept
Responsable des sports

Après la mise en bouche à Martigny, les pilotes du 61e Rallye international du Valais en découdront au Col des Planches ce jeudi. Une spéciale historiquement mythique qui cette année, a perdu de sa superbe.

Sur le Rallye international du Valais, il y a deux spéciales mythiques. Celle des Casernes, à Sion. Et celle du Col des Planches. La longueur et la portion de terre de cette dernière ont construit sa légende au fil des ans. Mais pour cette cuvée 2021, tout s’effondre. De 26 km lors de la dernière édition en 2019, la spéciale a été raccourcie cette année à 9 km. Pire, la portion de terre a été supprimée.

«Sous cette forme, on ne peut plus l’appeler la spéciale du Col des Planches.» Mike Coppens, pilote

Le constat du pilote de Verbier Mike Coppens est sans appel. «L’aspect mythique de cette spéciale réside dans son départ depuis Martigny, suivi de deux cols sur la terre, avec de la montée et de la descente. Malheureusement, ce n’est pas le cas cette année. Elle n’est pas amputée, elle est… détruite. C’est comme ça, l’organisation a dû faire des choix, ce que je respecte. Mais on ne peut plus appeler ça la spéciale du Col des Planches.»

En raison des véhicules historiques… mais pas que

La déception est aussi grande chez Jérémy Michellod. Originaire de Sembrancher, il dispute cette année son premier Rallye du Valais. «Je me réjouissais de la courir, même s’il y avait aussi un peu d’appréhension, notamment en raison de sa longueur les années précédentes. Pour mon premier rallye, ça aurait été une sacrée spéciale. Après, ça reste un mythe, j’aurais donc bien voulu le vivre ! Surtout que comme le tracé est proche de chez moi, je le connais par cœur.»  Dommage aussi pour Jonathan Michellod, grand frère de Jérémy, qui s’impatientait de pouvoir courir cette spéciale si particulière. «C’était quasiment la seule portion de terre du championnat suisse, ce qui en faisait, à mon avis, la meilleure spéciale du championnat. J’espère qu’à l’avenir, elle retrouvera son format habituel.»

«Plus il y a de kilomètres, plus la spéciale va nous coûter en termes de dépannage, de pompiers, d’ambulances et de médecins.» Cédric Borboën, directeur du RIV

On l’aura compris, les pilotes regrettent cette modification, mais disent respecter la décision. Celle-ci est notamment motivée par le fait que la catégorie des véhicules historiques a intégré cette année le championnat d’Europe, compétition qui interdit les portions de terre. Mais ce n’est pas la seule explication. «Il y a aussi des raisons sécuritaire et économique», détaille le boss du RIV Cédric Borboën. «Quand je parle de sécurité, c’est dans le sens où une longue spéciale demande 20% à 30% plus de commissaires. Dans cette période difficile, on peine à en trouver. Et plus il y a de kilomètres, plus la spéciale va nous coûter en termes de dépannage, de pompiers, d’ambulances et de médecins. Donc oui, nous avons eu des choix à faire et avons été contraints de raccourcir le parcours à certains endroits.»  

La première voiture historique s’élancera jeudi à 18h sur cette version raccourcie de la spéciale du Col des Planches. La première moderne devrait prendre le départ aux alentours de 18h40.

JG
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