Nasser Al-Khelaïfi entendu au procès FIFA sur les droits TV

Jérôme Valcke (au centre) et ses avocats, Me Patrick Hunziker et Me Elisa Bianchetti, se rendent au Tribunal pénal fédéral lundi pour le procès en appel des droits TV de la FIFA. ©KEYSTONE/TI-PRESS/Samuel Golay
Tribunal péna..
Keystone-ATS
Keystone-ATS

Le procès des droits TV de la FIFA s'est ouvert lundi devant le Tribunal pénal fédéral en présence des trois accusés. Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris St-Germain, et Jérôme Valcke ont été entendus durant l'après-midi par la Cour d'appel.

Lors des questions préjudicielles, la défense a plaidé l'inexploitabilité du dossier d'accusation en raison des contacts secrets entre la Fédération internationale de football (FIFA) et le Ministère public de la Confédération (MPC). Ces contacts auraient corrompu l'instruction et nourri une apparence de parti-pris des procureurs fédéraux qui l'ont dirigée.

La cour a rejeté ces requêtes. Elle a estimé au contraire que la présente procédure était valable. En effet, les actes viciés ont été annulés et répétés. En outre, les trois magistrats en cause ont été récusés, a rappelé le président.

La Villa Bianca

Le Tribunal pénal fédéral est passé ensuite à l'interrogatoire de Nasser Al-Khelaïfi. Le patron du groupe beIN Media et président du Paris-St-Germain est accusé d'instigation à gestion déloyale: il aurait promis à l'ancien secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke, l'usage d'une luxueuse villa en Sardaigne, la Villa Bianca, en échange des droits TV pour plusieurs compétitions de la FIFA.

Nasser Al-Khelaïfi a expliqué que son titre de ministre d'Etat n'impliquait pas une activité gouvernementale mais plutôt représentative. Il ne joue pas de rôle lorsque beIN Media négocie des droits pour des compétitions sportives, a-t-il précisé.

Le Qatari a confirmé aussi ses déclarations en première instance, à l'automne 2020. Il a en particulier réfuté toute implication dans l'achat et le prêt de la Villa Bianca. "Cette transaction était menée par un ami et Jérôme Valcke, pour leur propre compte."

Il signait les yeux fermés

Le président a rappelé que Nasser Al-Khelaïfi avait signé une procuration pour cette acquisition ainsi qu'un mandat pour la rénovation de la villa. "Je faisais confiance à cet ami qui est comme un frère pour moi et je paraphais tous les documents qu'il me présentait."

Accusé de gestion déloyale aggravée, de faux dans les titres et de corruption passive, Jérôme Valcke a indiqué que sa situation financière n'a cessé de se dégrader depuis 2015. "Il ne me reste que la santé", a-t-il précisé.

Répondant de manière concentrée et précise, l'ex-cadre de la FIFA est cependant resté vague sur son rôle dans les contrats. "Je n'ai pas souvenir d'avoir donné des instructions qui n'avaient pas l'accord du directeur de la sous-division TV." Jérôme Valcke a aussi réfuté tout lien étroit avec BeIN ou avec Nasser Al-Khelaïfi dans ces négociations.

"Un coup de tête"

Le président a aussi interrogé l'accusé sur l'achat quasi simultané de la Villa Bianca et d'un nouveau yacht pour un total de plus de 7 millions d'euros en septembre 2013. "C'est pas très glorieux, j'ai agi sur un coup de tête. Je me serai évité bien des ennuis", a admis l'ancien secrétaire général.

Après le financement d'une villa à Wollerau (ZH) et d'un appartement à Verbier (VS), Credit Suisse avait coupé les vivres à Jérôme Valcke. "Je me suis tourné vers Nasser, c'était le monde dans lequel j'évoluais. A moins d'imaginer le mal, il n'y a jamais eu de lien entre les contrats TV qui étaient alors négociés et mon appel à Nasser."

Mardi, la Cour d'appel abordera le second volet de l'accusation, soit la cession de droits TV au troisième prévenu. Cet homme d'affaires grec, absent lors du procès de première instance, répond d'instigation à gestion déloyale et corruption active.

Lors du procès de première instance à l'automne 2020, seul Jérôme Valcke a été condamné. Convaincu de faux dans les titres, il a écopé d'une peine pécuniaire avec sursis. Le Ministère public de la Confédération (MPC) a fait appel de ce verdict.

Le procès devant la Cour d'appel doit durer jusqu'à jeudi.

ATS
Catégories
Les articles les plus lus