L'illettrisme touche une personne sur six en Valais: une association lutte contre ce tabou

L'illettrisme touche une personne sur six en Valais. © Association Lire et Ecrire
Illettrisme
Nathalie Terrettaz
Journaliste RP

L’illettrisme touche une personne sur six en Valais. L’Association Lire et Ecrire propose des cours pour venir à bout de ce phénomène. Ne pas savoir lire peut avoir des conséquences dramatiques dans le quotidien de ceux qui en souffrent.

Comprendre la posologie d’un médicament, compléter un formulaire sur Internet, gérer son courrier administratif : quand on ne maîtrise pas la langue, les répercussions sur le quotidien peuvent vite être dramatiques.

Des causes multiples

L’Association Lire et Ecrire lutte contre ce qui reste un tabou. Elle est active depuis une trentaine d’années en Suisse romande. En Valais, 56’000 personnes sont concernées. Pour Valérie Marty Zen-Ruffinen, directrice de l’Association Lire et Ecrire section Valais, les causes d’une difficulté à lire sont multiples. «Cela peut venir d'un parcours scolaire un peu chaotique. Mais aussi d'un parcours de vie difficile: un déménagement, un deuil, un divorce, qui impliquent des cassures et des restructurations. Et on doit le dire, l'augmentation des exigences liées au travail peut aussi en être une cause: l'écrit est de plus en plus prépondérant à tous les niveaux, et encore plus avec le numérique.»

Honte et stress

Et pour venir à bout de l’illettrisme, des solutions existent, rappelle Valérie Marty Zen-Ruffinen. Mais elle reconnaît qu’il n’est pas toujours facile de faire le premier pas. «Dans un premier temps, il y a un phénomène de honte, de stress. Les gens se cachent, c'est un phénomène qui est tabou», ajoute Valérie Marty Zen-Ruffinen. Ces personnes sont souvent totalement ou partiellement dépendantes de leur entourage.

«Les gens se cachent: ne pas savoir lire est tabou, alors qu'une personne sur six est concernée.»Valérie Marty Zen-Ruffinen, directrice de l’Association Lire et Ecrire section Valais

«Nous essayons d'aller vers ces gens. On leur rappelle que c'est un phénomène qui est fréquent. Je répète ce chiffre: une personne sur six est concernée. La situation est délicate, mais pas sans espoir», rappelle Valérie Marty Zen-Ruffinen.

«Les personnes qui s'inscrivent à nos cours ont toutes la même envie: sortir du flou qui les entoure.»Valérie Marty Zen-Ruffinen

«Il existe en Suisse des adultes francophones qui, bien qu’ils aient été scolarisés dans notre pays pour la moitié d'entre eux, éprouvent des difficultés dans les domaines de l’écriture et de la lecture. Ce fait est peu connu du grand public.»

Formule estivale

Durant tout l'été, l’Association Lire et Ecrire propose une nouvelle formule, avec des cours donnés en salle et à l'extérieur. «Une formule plus légère, qui est aussi une façon de découvrir ce que nous pouvons offrir», précise Valérie Marty Zen-Ruffinen. Ces cours sont destinés aux personnes qui parlent français et veulent pouvoir lire et écrire avec plus de facilité. Inscriptions jusqu'au 19 juin sur www.lire-et-ecrire.ch ou par téléphone au 0840 47 47 47.

Illettrisme, analphabétisme: quelle différence?
L’illettrisme définit la situation d’adultes scolarisés, qui ne maîtrisent pas ou insuffisamment la lecture, l’écriture et le calcul. De ce fait, ils ne peuvent pas participer activement à la vie sociale, familiale et professionnelle. Il s’agit d’abord d’un phénomène social en étroite corrélation avec les progrès techniques, qui accordent une place toujours plus importante à l’écrit (normes de qualité, automatisation des équipements, cyberadministration, etc.).
L’analphabétisme, quant à lui, définit la situation d’adultes qui n’ont pas ou presque pas été scolarisés, et qui n’ont jamais appris à lire et écrire à l’école. Dans une société prônant l’efficacité et la rapidité, ne pas maîtriser suffisamment les compétences de base est un facteur d’exclusion économique, sociale et culturelle.
NT

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