L'ambassadeur suisse va présider l'organe le plus élevé à l'OMC

L'ambassadeur suisse Didier Chambovey devra diriger dans les prochains mois les discussions qui mèneront à la ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève. ©KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Commerce mond..
Keystone-ATS
Keystone-ATS

L'ambassadeur suisse à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Didier Chambovey va jouer un rôle important cette année. Il a été désigné par les 164 Etats membres comme président du Conseil général, organe le plus élevé de l'institution, a dit jeudi soir celle-ci.

M. Chambovey pilotait jusqu'à présent une autre composante exposée de l'OMC, celle en charge du règlement des disputes. Or, le tribunal d'appel est dysfonctionnel et a provoqué une crise institutionnelle de l'organisation.

Cette année, de nombreux défis attendront l'ambassadeur suisse à la tête du Conseil général, alors qu'une ministérielle doit avoir lieu en juin à Genève, plusieurs années après la précédente. Avec d'autres membres, la Suisse est depuis plus d'un an sous pression de nombreux pays, d'organisations internationales, d'ONG et de syndicats pour une levée provisoire des brevets sur les technologies contre le coronavirus.

Une approche à laquelle Berne s'oppose fermement, préférant des licences volontaires. Il faut étendre les capacités de production des pays en développement, selon elle.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres acteurs ont répondu en lançant un centre de transfert de technologie en Afrique. Mais ils ajoutent que des candidats vaccins africains pourraient être fabriqués plus rapidement avec une levée provisoire des brevets.

Réunion importante à Genève

La 12e ministérielle de l'OMC, reportée à plusieurs reprises en raison de la pandémie, sera importante pour l'organisation. Outre un accord général sur la réponse à la pandémie, la directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala souhaite arracher un consensus sur les subventions à la pêche.

Les Etats cherchent un arrangement après plus de 20 ans de négociations sur les subventions, estimées jusqu'à 54 milliards de dollars par an. L'objectif est d'interdire celles pour un navire qui mènerait une pêche illégale, non déclarée ou non réglementée. Mais aussi celles pour la surpêche dans des zones déjà trop utilisées.

Selon l'ONU, 90% des stocks marins sont exploités ou surexploités. Un tiers des prises est lié à la surpêche. Les Etats riches souhaitent que la Chine ne puisse s'appuyer sur des exceptions en raison de son statut autodéclaré de pays en développement.

Dans un projet d'accord, des exemptions sont prévues pour les pays pauvres et ceux en développement avec un volume de pêche peu élevé. De même que des mesures pour limiter le recours au travail forcé, de quoi tenter de satisfaire tout le monde. Mais des Etats en développement le trouvent trop favorable aux pays riches.

ATS
Les articles les plus lus