Kevin Bua: «Je suis frustré par mon manque de temps de jeu»

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Le FC Sion retrouve Tourbillon ce samedi à l’occasion de la réception de GC (20h30). Le club valaisan tentera de renouer – enfin – avec le succès qu’il attend depuis la mi-octobre. L’attaquant Kevin Bua espère lui voir les cartes être redistribuées par le nouvel entraîneur David Bettoni.

Lorsqu’il est arrivé en Valais en juillet 2021, Kevin Bua expliquait que le FC Sion représentait le choix le plus judicieux pour lui et la suite de sa carrière. Vainqueur d’un titre (avec Bâle en 2016) et de trois Coupes de Suisse (deux avec Bâle, une avec Zurich), le Genevois ne cachait pas son ambition de viser les sommets avec le club sédunois. Il assurait surtout avoir été séduit par la confiance qui lui était témoignée par sa nouvelle formation.

Six fois titulaire en vingt-quatre matches

Un peu plus d’une année plus tard, le discours a changé. Sauvé de justesse lors de l’ultime ronde de l’exercice écoulé, le FC Sion se retrouve à nouveau empêtré dans une spirale négative dont il a toutes les peines du monde à s’extirper. Si la situation est compliquée sur le plan collectif, elle l’est encore plus d’un point de vue personnel pour Kevin Bua. En 47 apparitions sous les couleurs sédunoises, il n’a inscrit qu’un but pour six assists. Des statistiques décevantes pour un élément qui a vu son temps de jeu se réduire drastiquement cette saison. Six titularisations seulement en vingt-quatre journées. Moins de 130 minutes de jeu sur 720 possibles depuis le début de l’année 2023. «J’ai connu des jours meilleurs dans ma carrière», reconnaît-il. «Je ressens de la frustration concernant ce manque de temps de jeu mais je continue de tout donner à l’entraînement pour montrer que je mérite ma place.»

«Ne pas voir mon nom parmi les titulaires le week-end alors que j’ai donné mon maximum durant la semaine est difficile à assimiler.» Kevin Bua

À 29 ans, Kevin Bua traverse certainement l’un des moments les plus difficiles depuis le début de son parcours sur les terrains. Très posé, il choisit bien ses mots, évite de faire des vagues même si la frustration qu’il évoque est bien perceptible. «Ne pas voir mon nom parmi les titulaires le week-end alors que j’ai donné mon maximum durant la semaine est difficile à assimiler», avoue-t-il. «Après, je sais que ça fait partie de la vie en football. On est un groupe. Tout le monde est compétiteur et il n’y a que onze places de disponibles sur le terrain. L’entraîneur doit faire des choix et moi, je suis juste là pour essayer de lui compliquer cette tâche.»

Les entraîneurs changent…pas les choix

Depuis le début de la saison, les entraîneurs ont passé sur le banc sédunois. Paolo Tramezzani d’abord, Fabio Celestini ensuite, l’intérim de Christian Constantin puis David Bettoni qui a dirigé son premier match samedi dernier à Berne. Quatre hommes, quatre décisionnaires différents pour des choix qui sont toujours restés sensiblement les mêmes. À l’instar de certains coéquipiers (Gaëtan Karlen ou Luca Zuffi pour ne citer qu’eux), Kevin Bua ne fait que rarement partie des élus au coup d’envoi. Face à Saint-Gall il y a trois semaines, il est entré en jeu alors que les Brodeurs menaient déjà 4-0. Idem le week-end dernier à Berne où YB menait déjà 3-0 lorsqu’il est sorti du banc. «C’est compliqué d’entrer dans ces conditions. On ne peut pas faire de miracles. Encore une fois, c’est frustrant même si on essaie quand même de montrer ce que l’on vaut. On ne peut pas changer le cours du match mais on prouve à l’entraîneur que l’on s’investit malgré tout. J’espère qu’il le retient.»

«Les dix premiers jours sous les ordres de David Bettoni m’ont fait très bonne impression.»Kevin Bua

Le numéro 33 de Tourbillon espère donc voir David Bettoni redistribuer les cartes dès samedi et la réception de GC à Tourbillon. «Les dix premiers jours sous ses ordres m’ont fait très bonne impression», relève-t-il. «Tout ce qu’on fait à l’entraînement durant la semaine a un lien avec ce que l’on doit faire en match le week-end. Rien n’est laissé au hasard. On ne fait pas de la condition physique «juste pour courir», on le fait pour s’adapter au mieux au jeu de notre futur adversaire. On comprend mieux pourquoi on fait tel exercice à tel moment. J’avais déjà connu cette manière de faire plus tôt dans ma carrière et ça avait toujours porté ses fruits.»

Des entames de match à soigner

La méthode Bettoni sera-t-elle récompensée dès samedi face aux Sauterelles? «Ce match se jouera comme toujours sur de petits détails», se projette le Genevois. «Il faudra que l’on soigne notre tendance à encaisser constamment en début de match. À nous d’appliquer les consignes du coach et de verrouiller notre but.» Comme tous les interlocuteurs qui se sont présentés devant la presse avant lui ces derniers mois, Kevin Bua peine à expliquer comment le FC Sion s’est retrouvé – à nouveau – en si fâcheuse posture au classement. «Si l’explication était si simple à trouver, croyez-moi qu’on aurait déjà changé les choses… Ce qui est évident en regardant notre parcours, c’est que la première trêve internationale de la saison (ndlr: à la mi-septembre) a lancé cette descente aux enfers.»

«La pause internationale qui arrive va nous faire du bien.»Kevin Bua

C’est une constante à chaque fois que le championnat se met en pause pour permettre aux meilleurs éléments de s’engager sous les drapeaux, de représenter leur sélection nationale respective. L’interrogation est toujours la même: une telle coupure intervient-elle au bon ou au mauvais moment? La prochaine est justement prévue dès la semaine prochaine. «Je pense qu’elle va cette fois nous faire du bien. Elle va permettre au nouvel entraîneur de travailler plus en profondeur certaines choses. Depuis son arrivée, on est dans l’urgence. On se focalise uniquement sur ces points dont on a besoin dès samedi.»

Ce match entre le FC Sion et GC sera évidemment à suivre en direct dès 20h30 samedi sur Rhône FM.

CM/HDC
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