«Je pense sincèrement que cette équipe mérite le maintien» : Ugo Raczynski, entraîneur Sion M21

Ugo Raczynski ©Rhône FM
Football
Hugo Da Custodia
Journaliste RP

Les M21 du FC Sion sont toujours derniers en première ligue promotion. Mais ils ont repris du poil de la bête en inscrivant 4 points lors des deux derniers matches. Découvrez, l’interview du nouvel entraîneur de cette équipe, Ugo Raczynski.

Ugo Raczynski, après Vevey, Martigny, une section de jeunes du FC Sion puis sa première équipe de manière furtive, vous voilà à la tête des M21. Est-ce que vous diriez que c’est un parcours atypique ?
C'est un parcours atypique, mais qui suit, si on le regarde en tout cas, une certaine logique. En tout cas je l’espère. J’espère être assez cohérent dans les choix que je fais. La venue à Sion, c’était surtout pour découvrir le milieu de la formation. C'est quelque chose qui me manquait. J'avais besoin de voir ça. Et puis après, de fil en aiguille, quand vous êtes dans un club, voilà, il y a des choses qui arrivent, de choses plutôt positives.

Le football ce n’est pas votre gagne-pain. Ça occupe quelle place dans votre vie ?
Alors non, ce n'est pas mon gagne-pain. J’un métier à côté et à 100%. C’est une question d'organisation. Ma situation actuelle fait que le temps qui m'est imparti pour cette équipe des M21 correspond au temps que j'avais pour les M16. Grâce à l'accord des joueurs, les entraînements ont pu être retardés le soir. Ce qui me permet de pouvoir répondre à mes obligations professionnelles prioritaires.

« J'avais encore envie de m'épanouir au travers du football. Ça n’a jamais été une contrainte. » Ugo Raczynski

Ce qui est sûr, c’est qu’il fallait encore avoir envie pour s’engager dans une telle aventure…
Je pense que dans la vie il n’y a qu'une seule chose qui doit nous motiver, c'est la passion, c'est d'avoir envie de faire les choses. Et moi j'avais encore envie de m'épanouir au travers du football. Ça n’a jamais été une contrainte. Tout ce que j'ai fait jusqu'à présent, c'étaient des choix personnels et donc automatiquement l'investissement devient invisible. Le jour où ça deviendra une contrainte, alors c'est clair que j’arrêterai.

« Ma nomination à la tête de la première équipe ? C'est une étape, un petit clin d'œil. » Ugo Raczynski

J'ouvre une parenthèse sur votre nomination furtive à la tête de la première équipe du FC Sion en mars 2021. Déjà, comment est-ce que vous avez vécu ce moment ?
Avec beaucoup de recul, il faut avoir du recul sur tout, sur toutes les choses d'autant plus dans le domaine du sport et du football. Donc il faut rester très pragmatique et avoir les deux pieds sur terre. C'était une nouvelle assez surprenante et c'est arrivé dans une période sanitaire assez exceptionnelle. Tout le monde peut être touché. J'ai été touché et voilà. Je ne parle même pas de notoriété. Simplement mon nom a été véhiculé plus qu'à l'accoutumée. C'est une étape, un petit clin d'œil.

Ce n’est pas forcément connu du grand public mais vous travaillez dans les RH. Est-ce qu’avec du recul vous trouvez que cette affaire a été bien gérée ?
C'est difficile à dire. À un moment donné, il y avait certaines opportunités.  Il y avait aussi des obligations par rapport au diplôme à avoir pour pouvoir exercer. Pas mal de choses sont entrées en ligne de compte. Il y avait aussi un argument, qui plaidait en ma faveur par rapport à l'expérience que j'avais au niveau des adultes. C'est aussi un gros avantage à l'heure actuelle.

« Les M21, je n’ai pas vu du tout cela comme une galère mais plutôt comme une opportunité d’évoluer et de voir autre chose au sein d'un club professionnel. » Ugo Raczynski

Parenthèse refermée. Vous êtes donc resté avec les M16 avant de rebondir à la tête des M21, derniers du classement. Pourquoi s’embarquer dans une telle galère ? 
Ça a été assez soudain. Quand on fait partie d'un club, on se doit d’être au service de l'institution. Donc je l'ai pris comme ça, je n’ai pas vu du tout la galère mais plutôt une opportunité d’évoluer et de voir autre chose au sein d'un club professionnel. Et puis quelque part, j'ai pris ça aussi comme un signe de reconnaissance par rapport à ce que j'ai pu faire. Je n'ai pas beaucoup réfléchi et les choses se sont faites assez vite.

Quel type d'entraîneur êtes-vous ? Cérébral ou plutôt meneur d’hommes à l’ancienne ?
Au vu de de ma situation capillaire, je suis un peu cérébral (rires). Je pense sincèrement qu'un entraîneur doit avoir des convictions. Sa qualité principale c’est aussi de pouvoir s’adapter au groupe et d’être proche des joueurs. J'aime bien dire que la bienveillance n'exclut pas l'exigence. Je connais, pour avoir pas mal navigué dans le monde du football, ce dont un joueur a besoin. Il a besoin d'être mis en confiance, il a besoin de se sentir bien. Il y a cette notion de plaisir qui est extrêmement importante à tous les niveaux et pour ma part, je suis moi-même, je suis entier. Méthodes modernes ou anciennes peu importe. C'est un mélange de tout qui fait que je suis authentique.

Qu’est-ce qu’il faut retenir de vos premières semaines avec les M21 ?
Ce qu'il faut surtout retenir, c'est qu'un entraîneur vit au travers de ses joueurs, existe au travers de ses joueurs. A ce niveau-là, on ne leur apprend plus à jouer au football mais simplement à devenir une équipe. J'ai la chance d’avoir un groupe réceptif. Et je peux vous dire qu'il y a de la qualité dans ce groupe.

« Comptablement, on est encore dans le tir. Il faut se concentrer sur l'essentiel. » Ugo Raczynski

Comment trouver une cohésion dans ce groupe, fait de jeunes qui rêvent d'une carrière, d’autres qui sont sur le point de renoncer et de professionnels accomplis ?
Il faut qu'il y ait une hiérarchie dans un groupe. Il faut que les rôles soient établis. Et là j'ai la chance justement d'avoir un bon mélange avec des joueurs un peu plus chevronnés qui malheureusement ne rentrent pas dans le cadre de l'équipe première et des jeunes talentueux qui sont là et qui veulent évoluer. En quelques semaines, il y a eu un bon petit mélange et le rendu est encourageant. Alors, ce n’est pas encore suffisant. On ne va pas rendre le tableau plus beau qu'il ne l'est mais il y a des choses qui sont encourageantes et je pense sincèrement que cette équipe mérite le maintien.

Est-ce que vous ne partez pas de trop loin pour obtenir ce maintien ?
Non, parce que comptablement, on est encore dans le tir. Il y a encore pas mal de points en jeu et beaucoup de travail à faire pour toutes les équipes. Il faut se concentrer sur l'essentiel. On a des confrontations directes qui vont venir. On verra effectivement si les joueurs sont réellement de grands compétiteurs.

« Je peux vous le dire sans de langue de bois. Je n’ai pas de pression de la part de la direction du club. » Ugo Raczynski

Et est-ce que vous sentez l’urgence de la situation ? Et donc une certaine pression ?
Il n’y a pas de pression. Je peux vous le dire de manière très sincère et sans de langue de bois. Je n’ai pas de pression de la part de la direction du club. Il y a effectivement la volonté de continuer dans cette ligue pour pouvoir promouvoir le plus haut possible la formation valaisanne. 90% des M21 sont issus de cette formation et on ne le dit pas assez. Il faut être à la fois indulgent et exigeant avec cette équipe.

Par rapport à la formation, Christian Zermatten disait à notre micro que le réservoir en Valais n’était pas assez grand pour alimenter la première équipe et pour les ambitions affichées.  Qu’est-ce que cela vous évoque ?
Il faut savoir quelles sont les ambitions. Si l'ambition, c'est de bien figurer en première ligue promotion, je pense sincèrement que ce n’’est pas démesuré, bien au contraire. Après effectivement, on est quand même dans un canton enclavé par rapport à d'autres cantons frontaliers. Ça c'est une réalité. Mais cette réalité, à mon avis, elle peut aussi faire la force d'un club en termes identitaires, en termes philosophie de jeu, orientation, etc…Donc, si vous essayez de me faire dire qu'il y a des problématiques quelque part, vous allez toujours avoir des opportunités.

Si on reste sur ce thème de la formation, de ces jeunes qu'il faut quand vers le plus haut niveau. Est-ce que ce n’est pas difficile de les faire progresser quand on est dans l'urgence des résultats ?
Il y a une priorisation des objectifs. C'est clair que là vous avez un aspect qui est un peu moins formateur, quoique. C'est ce que j'ai dit aux joueurs, qu’on allait vivre ensemble une aventure humaine qui peut les faire grandir et changer de statut. Donc le développement va se faire au niveau mental, peut-être pas forcément au niveau footballistique.

HDC
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