Elisabeth Gerritzen: «La météo nous force à repenser l'image du freeride»

Elisabeth Gerritzen ©Keystone-ATS
Freeride
Justin Grept
Responsable des sports

Le gratin du freeride mondial en découdra samedi sur le mythique Bec des Rosses. L’Xtreme de Verbier se déroulera dans des conditions printanières. Comme les autres étapes de la saison. De quoi repenser l’image de ce sport.

Le Freeride World Tour rendra son verdict de la saison samedi sur le Bec des Rosses. L’Xtreme de Verbier titrera les meilleurs spécialistes de la planète. Avant cet ultime rendez-vous de l’année, le leader de général en ski homme est le Suisse Maxime Chabloz. Chez les skieuses, la Bagnarde Sybille Blanjean sera également de la partie. Elle sera accompagnée par une autre Suissesse, Elisabeth Gerritzen. La Valaisanne d’adoption avait fait coup double l’an dernier. En 2021, elle avait en effet remporté l’Xtreme, s’adjugeant dans le même temps le classement général pour vingt petits points.

Vers une 3e victoire à Verbier?

Cette année, avant le rendez-vous bagnard, elle pointe au cinquième rang. Mathématiquement, elle peut espérer conserver son titre. Mais Elisabeth Gerritzen se concentre sur un autre objectif. «Mathématiquement, effectivement, je peux encore remporter le général. L’année passée, je l’ai un petit peu volé, il faut dire les choses comme elles sont. Donc ça m’étonnerait que j’ai de la chance deux fois d’affilée. Mais par contre, une victoire sur le Bec des Rosses, ce serait très chouette.» 

«Cette saison, on a vraiment raté la neige à chaque étape. Mais ça fait partie du jeu et c’est la direction que prend le freeride avec le réchauffement.» Elisabeth Gerritzen

Une victoire – ce serait sa troisième à Verbier – qui s’obtiendrait dans des conditions printanières, la neige se faisant rare et les températures étant élevées. Mais, cette saison peut-être plus que de coutume, les membres du Freeride World Tour ont eu l’habitude de devoir gérer des conditions météos particulières. «On peut dire qu’on était à chaque fois au mauvais endroit au mauvais moment», reprend Elisabeth Gerritzen. «On a vraiment raté la neige à chaque étape. Mais ça fait partie un peu du jeu. Et c’est la direction que prend le freeride, car avec le réchauffement, il y aura toujours moins de poudreuse. Donc on s’adapte.»

Une nouvelle image pour le freeride

Et, s’adapter, la skieuse de Verbier le fait sans difficulté. «Je pense que j’y arrive bien, oui. Après, ça fait forcément se remettre en question. On se dit que notre travail, à la base, est quand même de faire de la poudreuse et de belles images, et non de rider des faces toutes croûtées ou même parfois des champs de bosses. Selon moi, il y a une image du freeride à revoir. Il faut se relégitimer dans cette image. Au final, c’est à nouveau une question d’adaptation.»

«Grossièrement dit, les gens aiment voir des virages dans la poudreuse. Ce sera peut-être plus moins le cas à l’avenir.» Elisabeth Gerritzen

Et cette nouvelle image qu’évoque Elisabeth Gerritzen, est-ce qu’elle lui plait? «Oui, elle me plaît ! Après, ça vend un petit peu moins du rêve, parce que, grossièrement dit, les gens aiment voir des virages dans la poudreuse. Mais la capacité d’adaptation est un élément important et ça fait de nous des skieurs plus polyvalents.» Avant de repenser l’image du Freeride, Elisabeth Gerritzen et tous les finalistes du World Tour en découdront demain sur le Bec des Rosses lors de l’Xtreme de Verbier.

Entretien intégral avec Elisabeth Gerritzen
JG
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