Des députés proposent de soutenir les cours Patouch de prévention des violences envers les enfants

Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

Ils sont quatre députés issus du PLR, du PS, de l’UDC et du Centre et ils estiment que le Canton manque à son devoir légal de prévention contre les violences envers les enfants et adolescents. Dans un postulat, ils demandent de financer plus largement les cours dispensés par l’association Patouch.

Quatre députés demandent à l’État de mieux soutenir les cours de préventions contre la violence faite aux enfants. Un postulat a été déposé en ce sens.

Depuis bientôt vingt ans, l’association Patouch propose des formations pour les adultes et les enfants afin de pouvoir mieux faire face à des situations de maltraitance, de harcèlement ou encore de mobbing. Des programmes de prévention dispensés à bien plaire, uniquement dans la partie francophone, selon les signataires du postulat. Ils demandent donc qu’ils soient désormais insérés dans le programme scolaire de tout le territoire valaisan, et soutenus financièrement par le Canton. Pour l’instant, ces formations sont à la charge des communes ou des écoles qui ne disposent pas toutes de moyens suffisants, écrivent-ils.

«Ce n'est pas normal que les enfants de certains centres scolaires sensibilisés à la question en profitent et pas les autres, réagit Delphine Michaud, cosignataire du postulat et députée du Centre. Nous voulons l'équité de traitement afin que chaque jeune ait les outils pour se défendre contre ces violences physiques ou psychiques.»

«Comme on dit, il faut souvent remettre l'ouvrage sur le métier pour être entendu.»

Delphine Michaud, cosignataire du postulat et députée du Centre

L’association suisse de prévention des violences envers les enfants et les adolescents revendique des cours obligatoires à l’école ou ailleurs depuis désormais bientôt vingt ans. Pétition, lobbying et négociations avec le Département de la formation n'auront pour l’instant pas fait mouche. «Comme on dit, il faut souvent remettre l'ouvrage sur le métier pour être entendu, estime la députée du district de Monthey. Vingt ans, cela a duré beaucoup trop longtemps...»

En 2020, 308 enfants ont subi des violences ou des abus sexuels en Valais.  Quelque 65 cas, soit 21%, représentaient des violences sexuelles.

Reste que de nombreuses associations revendiquent du temps scolaire pour leurs projets, qu’il s’agisse de cours de méditation en pleine conscience ou une formation sur les enjeux climatiques, par exemple. Mais Delphine Michaud, députée du Centre et co-signataire du postulat, estime qu’il faut définir les priorités. « Je pense que la lutte contre la violence faite aux enfants en est une. Ce sera forcément l'un des enjeux qui seront soulevés lors des débats. Le Parlement n'est pas très enclin à enlever ou ajouter certains cours ou simplement modifier la grille horaire. Il faudra donc utiliser les bons mots.»

L'élue du Centre compte sur les discussions qui auront lieu avant le plénum dans les quatre partis dont sont issus les députés cosignataires du texte.

 

dar
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