Construction, hôtellerie, alimentation: ces secteurs en manque d'apprentis

Apprentissage
Formation
Nathalie Terrettaz
Journaliste RP

Plusieurs professions, comme boulanger ou maçon, manquent d’apprentis. Le point sur la situation avec le chef de l’orientation professionnelle du canton.

De nombreux métiers sont délaissés par les jeunes. Boulanger, charcutier, maçon, carreleur, menuisier, électricien ou encore spécialiste dans l’hôtellerie : quelques-uns des métiers qui peinent depuis de nombreuses années à recruter des apprentis. Et pourtant l'apprentissage reste le débouché majoritaire en Valais, comme dans le reste du pays.

Une image encore négative

Une des explications à ce manque de relève, serait que la génération des 15-29 ans ne compense pas le départ des personnes de 60 ans, selon Cédric Vergère, en charge de l’orientation professionnelle en Valais. Elles sont en effet souvent très actives dans ces professions. Mais la chose qui a le plus grand impact, selon lui, c’est l’image encore négative de ces métiers auprès de la population.

«Les préjugés sur ces métiers sont souvent tenaces. Il faut beaucoup de travail pour les faire évoluer.» Cédric Vergère, chef de l'Office d'orientation scolaire, professionnelle et de carrière

«Les a priori sur ces métiers sont souvent tenaces. Et si malheureusement dans une famille quelqu'un parle négativement d'un métier, il faut beaucoup de temps pour que le jeune comprenne que cela n'a plus court aujourd'hui», constate Cédric Vergère. Pour augmenter les chances, Cédric Vergère rappelle aussi l’importance de l’accueil des deux sexes au sein de ces métiers. Selon lui, la réorientation des adultes vers ces professions peut aussi être une solution.

 

Ne pas oublier les parents

Pour séduire les apprentis, Cédric Vergère le rappelle : le travail sur l’image des métiers concernés reste primordial. Beaucoup de corps de métier réagissent d’ailleurs activement dans ce domaine. Selon lui, il ne faut pas oublier de s’adresser aux parents d’élèves dans ces campagnes promotionnelles des métiers. «Dans la réalité, l'acteur le plus important dans l'orientation d'un jeune, ce sont ses parents. Le jeune est conseillé par ses parents», souligne Cédric Vergère.

«Si on veut agir sur l'image d'un métier, il faut aussi penser à séduire les parents des jeunes.» Cédric Vergère, chef de l'Office d'orientation scolaire, professionnelle et de carrière

La génération Z, soit les jeunes nés après 2000, ont une autre vision du travail que leurs parents: ils aspirent à plus de flexibilité, envisagent aussi le temps partiel. Ils accordent également beaucoup d’importance à la conciliation vie privée et vie professionnelle. Des aspirations que les métiers du tertiaires peuvent souvent plus facilement combler. Employé de commerce, reste d'ailleurs l'apprentissage plébiscité par les jeunes depuis de nombreuses années.

L’Office d’orientation récolte et diffuse des annonces de places d’apprentissage. Elles sont disponibles dans le canton sur le site www.orientation.ch

 

NT