Christian Salamin : « Des millions de souvenirs dans la tête »

Christian Salamin est tombé sous le charme de la nature norvégienne. ©Rideforstroke
Défi sportif

Le cycliste handisport a achevé sa traversée de l’Europe le 29 octobre dernier, après 150 jours d’effort. De retour en Valais, il évoque avec nous les épisodes les plus marquants de son périple.

« J’ai vécu une incroyable aventure humaine ». C’est par cette phrase que Christian Salamin résume son périple à travers l’Europe. Le cycliste handisport a parcouru 5'400 kilomètres entre la Norvège et l’Espagne. Il est arrivé à Saint-Jacques-de-Compostelle le 29 octobre dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC. Ce défi avait pour but de récolter des dons en faveur de Fragile Valais, une association qui soutient les personnes atteintes de lésions cérébrales. Christian Salamin a lui-même subi un accident vasculaire cérébral qui l’a laissé hémiplégique.

Une arrivée en grande pompe

Le Sierrois de 56 ans est parti de la ville norvégienne de Trondheim le 7 juillet dernier. Il a ensuite traversé sept pays (Norvège, Suède, Danemark, Allemagne, Belgique, France, Espagne) en 150 jours sur son vélo adapté. Il dit revenir avec une multitude de souvenirs inoubliables. Cependant, la dernière étape l’a particulièrement marqué.

« L’arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle, je ne pourrai jamais l’oublier. La Guardia Civil est venue me chercher à huit kilomètres de l’arrivée. Elle a bloqué les ronds-points et m’a escorté. Les gens qui étaient au bord de la route m’applaudissaient. C’était très émouvant. Quand je suis arrivé sur la place vers la cathédrale, il y avait une centaine de personnes qui scandaient mon nom. Je me suis retourné en pensant qu’il y avait quelqu’un d’autre que moi, tellement j’étais surpris », confie Christian Salamin.

Le cycliste valaisan explique qu’il a failli ne pas pouvoir rejoindre la ville norvégienne de Trondheim, point de départ de son aventure. Dans un premier temps, il s’est vu refuser l’entrée en Norvège. À ce moment-là, le certificat Covid suisse n’était pas encore reconnu par l’Union européenne, une reconnaissance qui est intervenue quelques jours plus tard. Après avoir insisté, Christian Salamin et le chauffeur du camping-car qui l’accompagnait ont finalement pu franchir la frontière.

Des rencontres marquantes

Le Sierrois nous avoue qu’il n’est toujours pas redescendu sur terre. S’il ramène avec lui des souvenirs inoubliables, certaines personnes qu’il a rencontrées au cours de son aventure l’auront beaucoup marqué.

« Un jour, je m’arrête au bord d’un canal en France pour faire une photo. Je me retourne. Une dame me dit bonjour et me demande ce que je fais là. Je lui explique et elle me dit qu’elle a aussi fait un AVC à 24 ans. C’était incroyable de rencontrer là une personne qui avait vécu les mêmes problèmes. On a parlé de nos difficultés et de nos séquelles. On voit que quel que soit le pays, quel que soit l’âge, on a les mêmes problèmes », raconte le cycliste handisport.

Christian Salamin ajoute avoir été très touché par l’engouement suscité par son défi dans les pays qu’il a traversés. Il se dit en revanche déçu du faible écho qu’il a eu en Suisse.

FP
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