Barthélémy Constantin: «On va traîner cette défaite comme un boulet pendant deux mois.»

Barthélémy Constantin ©Keystone-ATS
Football
Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Quelques minutes après la fessée reçue face à Saint-Gall (2-7) samedi à Tourbillon, le directeur sportif du FC Sion Barthélémy Constantin est revenu sur celle-ci. Il évoque également plus globalement les mois écoulés et ceux à venir.

Le rendez-vous avait été pris en début de semaine. Bien avant la soirée de l’horreur de ce samedi à Tourbillon. Sauf que quelques minutes après le coup de sifflet final et ce lourd revers concédé face à Saint-Gall (2-7), Paolo Tramezzani a interdit à Barthélémy Constantin de se présenter à notre micro. Le technicien italien voulait assumer seul la fessée administrée par les Brodeurs, chose qu’il a répété en conférence de presse. Après plusieurs minutes de négociations, le directeur sportif a finalement tout de même accepté de nous répondre. Interview.

Barthélémy Constantin, comment vous sentez-vous après une telle soirée?
Mal. Très mal. Je n’ai rien à dire par rapport à ce match, le coach est actuellement en train de le faire à la conférence de presse. Mais c’est une défaite que l’on va devoir traîner comme un boulet pendant deux mois. On n’a pas une semaine ou trois jours pour passer à autre chose et oublier ça. Cette fessée tombe vraiment au pire des moments puisqu’on n’a jamais eu de pause aussi longue que celle que l’on s’apprête à vivre. Il va falloir essayer de continuer d’avancer. Nous remettre au boulot dès le 12 décembre (ndlr: les Valaisans reprendront les entraînements à cette date) pour préparer ce deuxième tour qui débutera par la réception de Lugano.

Vous voulez laisser le coach parler mais quand même, comment expliquer ces cinq buts pris en dix-sept minutes avant la pause?
Il n’y a pas d’explication. Ce trou noir nous fracasse, c’est tout.

«On avait pris quatorze points sur les huit premiers matches et on en a pris que six sur les huit derniers. Cette différence nous fait mal.» Barthélémy Constantin

La saison du FC Sion avait bien débuté mais là, ça fait déjà plusieurs semaines que les performances sont moins bonnes. Quel bilan dressez-vous de l’automne sédunois?
Tirer un bilan aujourd’hui reste prématuré puisque nous ne sommes même pas à la moitié du championnat (ndlr: 16 matches joués sur 36). Avant cette dernière rencontre, on en était à cinq victoires, cinq nuls et cinq défaites. C’est représentatif des deux visages que l’on a démontré ces derniers mois. On avait pris quatorze points sur les huit premiers matches et on en a pris que six sur les huit derniers. C’est cette différence qui nous fait mal.

Une différence qui semble découler de la pause internationale de septembre…
Je conçois que de l’extérieur, vous puissiez penser qu’il s’est passé quelque chose à ce moment-là mais je vous assure que non. Rien de catastrophique n’a eu lieu à l’interne en tout cas. Encore une fois, on a montré deux visages dans ce championnat. Il faut maintenant travailler pour ne montrer que le bon au printemps.

Donc il ne faut pas voir en cette défaite face à Saint-Gall un signal témoignant d’un problème de vestiaire ou vis-à-vis du coach?
Non, je vous l’assure. Le groupe vit bien au quotidien. Tout le monde est bien ensemble et c’est ce qui nous embête ce soir (ndlr: samedi soir). Ce qu’on montre sur ce match n’est pas le FC Sion que je veux voir, qu’on veut voir et que tout le monde veut voir.

«Pardon. Excusez-nous. C’est tout ce que j’ai à dire au public.» Barthélémy Constantin

Qu’auriez-vous à dire aux 10'500 spectateurs qui ont fait le déplacement à Tourbillon pour ce dernier rendez-vous de l’année?
Pardon. Excusez-nous. C’est tout ce que j’ai à dire.

Place maintenant aux vacances. À la reprise, sur quoi faudra-t-il mettre l’accent?
On en parlera avec le coach mais dès la mi-décembre, il faudra à nouveau bosser sur la tactique, le terrain mais surtout le mental. C’est par ce dernier point que passera une certaine continuité dans nos performances et dans ce bon visage à démontrer plus souvent.

Et en tant que directeur sportif, il y aura un travail à faire lors du mercato. Des pistes existent-t-elles déjà dans votre esprit?
Bien sûr. Des listes sont déjà prêtes en fonction des joueurs qu’il faudra faire venir. Mais la situation de cette année est spéciale. En dix ans, je n’ai jamais parlé de mercato au mois de novembre. Je suis prêt, je sais quels postes il faut renforcer mais il y a cette grande inconnue. Avec la Coupe du Monde, on ne sait pas bien comment le monde du foot va fonctionner ces prochaines semaines.

Sur quels postes allez-vous vous concentrer?
Écoutez, j’ai mes idées, il y a deux, trois postes sur lesquels il va falloir bosser. On devra bien réfléchir, discuter à l’interne mais je ne peux pas vous en dire plus à l’instant.

«Les playoffs auraient apporté une nouveauté mais on va faire avec ce système écossais. On verra bien ce qu’il peut nous apporter.» Barthélémy Constantin

Évoquons un autre thème ensemble: le vote de vendredi et l’abandon des playoffs au profit du système écossais. Comment avez-vous accueilli ce changement de formule de la Super League?
Bon, je n’étais pas à Berne donc j’ai suivi ça à distance. Comme ça a déjà été dit de notre côté, il y a eu une votation en mai et on ne comprend pas pourquoi revenir dessus en novembre. Voir le vent souffler à droite puis à gauche, ça ne me plaît pas. Mais bon, ce qui est important est le bien et l’attractivité du football suisse. Les playoffs auraient apporté une nouveauté mais on va faire avec ce système écossais qui est déjà connu dans le monde du foot. On verra bien ce qu’il peut nous apporter.

La semaine a aussi été marquée par les différents événements en lien avec Mario Balotelli. Vous êtes proche de votre joueur, comment a-t-il vécu tout ça?
Vous savez, Mario il en a vu d’autres. Il a déjà vécu des choses bien pires que ce qui s’est passé ces derniers jours. Il sait qu’il ne doit pas prêter attention à ce qui se dit sur lui.

Certains ont vu en ces différents épisodes un potentiel signal vers un divorce entre Mario Balotelli et le FC Sion. C’est une crainte pour vous?
Non, pas du tout. Depuis qu’il est là, il y a déjà eu trois fois des rumeurs de départ et à ce que je sache, il joue toujours pour le FC Sion. Même si on ne sait jamais ce qu’il peut se passer durant le mercato, je n’ai pas peur de le voir partir.

Et qu’en est-il du droit de recours du club sur sa suspension de deux matches?
On l’a déposé. On attend maintenant une réponse de la ligue.

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