«Aujourd’hui j’ai juste envie de me relancer» : Gaetano Berardi, défenseur du FC Sion

Gaetano Berardi ©Keystone-ats
Football
Hugo Da Custodia
Journaliste RP

Loris Benito ancien joueur d’YB, Benfica et Bordeaux, a un peu volé la vedette à Gaetano Berardi lors des présentations officielles du début du mois. Mais le parcours du deuxième renfort défensif du FC Sion est aussi remarquable. Interview.

Geatano Berardi, vous avez une riche carrière et pourtant on a l’impression que vous n’êtes pas très connu en Suisse. Comment est-ce que vous l’expliquez ?
C’est vrai, c’est un peu ça. J’ai compris qu’on ne me connaissait pas bien l’été passé quand j’ai voulu retrouver un club en Suisse. J’ai remarqué que j’avais un peu disparu des radars. Cela s’explique par le fait que je suis parti très tôt et j’ai joué longtemps à l’étranger.

Et quand votre envie de revenir s’est manifestée, avec quel club est-ce que vous avez eu des contacts ?
J’ai eu plusieurs discussions avec Lugano ces dernières saisons. Mais nous n’avions pas trouvé d’entente. Ensuite je me suis blessé ce qui n’a pas aidé pour débloquer ma situation. Aujourd’hui j’ai juste envie de me relancer.

Vous parlez de cette blessure, qui aurait pu signifier la fin de votre carrière. Pourquoi est-ce que vous avez souhaité continuer au lieu de simplement dire stop ?
Ce n’était pas encore le moment. Quand je suis revenu de blessure, au mois de février, j’ai pu réintégrer le groupe avec Leeds. J’ai eu cinq mois pour retrouver mon niveau. J’étais à 100% physiquement et j’ai compris que je pouvais prolonger ma carrière pour encore quelques années. Et bien sûr il y a l’amour du jeu. C’est pourquoi je suis ici à Sion avec un maximum de confiance.

« Si le FC Sion ne m’avait pas proposé de contrat j’aurais tenté ma chance ailleurs. » Gaetano Berardi

Il y avait pourtant un risque. Malgré un mois de test vous n’étiez pas certain d’obtenir un contrat en Valais ?
J’ai vu cela comme une opportunité. Et je l’ai bien vécu honnêtement. Depuis mon premier jour ici j’ai essayé de montrer de quoi j’étais capable. Et j’étais très confiant sur la possibilité de trouver la meilleure solution pour moi et pour le club.

La confiance encore et toujours. Il n’y avait donc pas de plan B ?
Non, pas de plan B mais c’est le foot. Ce n’était pas un problème. Si le FC Sion ne m’avait pas proposé de contrat j’aurais tenté ma chance ailleurs.

« La position au classement demande une grande implication de la part de tout le monde. C’est un combat permanent. » Gaetano Berardi

Et maintenant vous êtes un joueur du FC Sion. Qu’est-ce que vous connaissiez de ce club avant de signer ?
J’avais vu quelques matches parce que je m’intéressai déjà à la Super League de manière générale. J’ai pu m’apercevoir que la situation était bien meilleure cette saison que les précédentes. La position au classement demande une grande implication de la part de tout le monde. C’est un combat permanent. Et j’ai également pu confirmer mes premières impressions sur la qualité du groupe.

Après Leeds et la réalité du football anglais, vous vous retrouvez à Sion. Certains pensent que le club valaisan n’a pas tout ce qu’il faut pour être performant. Qu’en pensez-vous ?
Honnêtement je n’ai rien découvert de différent. C’est sûr qu’en Angleterre nous avions des complexes sportifs incroyables. Mais en Italie par exemple, la situation était comme ici. J’ai pu voir l’évolution et comment les clubs tentent d’améliorer leurs installations et leur structure. Et puis je dois aussi dire que ce n’est pas le plus important. Il y a tout ce qu’il faut ici pour bien faire.

« Je donne tout sur le terrain. Je me bats à fond pour mes coéquipiers. » Gaetano Berardi

Et notamment un entraîneur, Paolo Tramezzani, qui très tôt a dit qu’il vous voulait dans l’équipe…
Nous avons beaucoup discuté c’est vrai. J’ai compris qu’il voulait un joueur avec mes caractéristiques. Il m’a demandé de venir pour me tester, surtout physiquement. Et j’ai logiquement accepté en donnant le meilleur de moi-même. C’est très important pour moi de me sentir désiré et d’avoir la confiance de l’entraîneur. Cela a joué un grand rôle.

Et qu’est-ce que vous avez de si spécial ?
Je ne sais pas ! C’est difficile de me décrire moi-même. Je n’aime pas le faire d’ailleurs. Ce que je peux dire c’est que je donne tout sur le terrain. Je me bats à fond pour mes coéquipiers, pour l’équipe et pour le club en général.

Ces qualités sont reconnues. Sur le compte Twitter du FC Sion où il y a habituellement quelques dizaines de likes, l’annonce de votre signature a fait exploser le compteur avec des milliers de réactions. Cela traduit une relation spéciale avec les fans on imagine ?
Je n’étais pas au courant de tout ça. Je n’ai même pas Twitter. Mais je sais qu’en Angleterre ils utilisent beaucoup les réseaux sociaux. C’est probablement pour ça qu’il y a eu beaucoup de réactions. Quoi qu’il en soit j’avais une super relation avec les fans de Leeds. J’ai passé 7 ans dans ce club. Les hauts et les bas ont permis de renforcer cette relation. J’ai pu partir de la meilleure des manières.

« Nous avons une bonne base sur laquelle nous pouvons travailler. » Gaetano Berardi

Ici à Sion, les fans sont de retour dans les stades mais il y a eu une période un peu plus creuse. Est-ce que vous pensez que cette équipe peut de nouveau galvaniser les foules ?
Je ne savais pas ça non plus. J’étais dans le stade lors du dernier match à domicile et le feeling était bon. Nous avons une bonne base sur laquelle nous pouvons travailler. Et nous pouvons construire quelque chose tous ensemble.

Un dernier mot sur vous. Vous pouvez occuper différentes positions dans la défense. Quelle est votre préférée ?
J’aime jouer au centre mais c’est parce que j’ai occupé cette position au cours des trois dernières années. C’est celle qui me donne le plus de confiance. En ce moment c’est au milieu de la défense que je me sens le mieux.

HDC
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