Un nouveau crédit Covid de 213,15 millions pour le Valais
Le Grand Conseil valaisan a ratifié lundi à l’unanimité des crédits supplémentaires en réponse à la deuxième vague de Covid-19. Le montant de 213,15 millions de francs devrait pouvoir être absorbé sans programme d'économies.

En plénum, tous les députés ont salué une enveloppe jugée à "la hauteur" et qui "répond aux besoins" de la population et de l'économie. Mais le "travail n'est pas encore fini", a résumé l'UDC Mikaël Vieux, appelant le gouvernement à rester à l'écoute de certains secteurs qui auront "encore vraiment besoin d'aide".
La cheffe du groupe PLR Sonia Tauss-Cornut a regretté que les mesures pour la culture amateur ne soient pas reconduites. Même sans activité, les sociétés culturelles non professionnelles ont "tout de même dû s'acquitter de nombreuses charges". Des aides - 950'000 francs - ont été distribuées jusqu'à fin 2020, "on va examiner ce qui peut être fait en 2021", a réagi le conseiller d'Etat Christophe Darbellay.
De son côté, la verte Nathalie Cretton s'est enquise du soutien attribué au sport, en particulier du sport amateur au niveau cantonal. "Rien n'est prévu dans ce paquet", a ajouté le ministre de l'économie.
Quelle gestion de la crise pour le futur?
Pour la gauche, Maxime Collombin a interrogé le Conseil d'Etat sur les montants qui devront être dépensés et qui ne figurent pas encore dans l’enveloppe soumise ce lundi, comme le soutien financier en faveur des cabinets médicaux qui pratiquent la vaccination. Il a également demandé au gouvernement, quel sera son plan en cas de nouvelles pandémies.
Le canton du Valais devra tirer des conclusions et des enseignements de cette crise a souligné Christophe Darbellay. "Nous n'avions pas plus de masques que d'autres, ni davantage de gel hydroalcoolique. Il faudra que l'on réfléchisse à la gestion de crises futures".
Le PDC du Valais romand par la voix de Maxime Moix a remarqué que certaines entreprises qui "ont fait de grands efforts" pour s'adapter à la situation ne bénéficieront d'aucune aide, puisqu'elles passent "juste en dessous des seuils de perte de chiffres d'affaires fixés par les autorités". Une situation dommageable, selon lui.
150 millions pour les entreprises qui ont dû fermer
L'enveloppe demandée par le Conseil d'Etat comprend notamment 150 millions pour le soutien aux entreprises qui ont dû fermer à cause du Covid ou qui font face à un recul important du chiffre d'affaires (cas de rigueur), 19,5 millions de soutien aux secteurs événementiels et des voyages, 15 millions pour un plan d’action de sortie de crise pour l'industrie MEM.
13,4 millions sont prévus pour la culture (10,4 dans le cadre de l'ordonnance fédérale COVID-19 culture et 3 millions en soutiens cantonaux subsidiaires pour ceux oubliés dans l'ordonnance fédérale), 6,2 millions pour la promotion du tourisme et 4,3 millions pour la mise en oeuvre de la vaccination et du dépistage.
Ce paquet s'ajoute à une première enveloppe de 122,8 millions octroyée en novembre 2020. La moitié de celle-ci a été dépensée jusqu'à la fin d'année. L'autre moitié a pu être reportée dans ce nouveau paquet, portant la facture à environ 275 millions de francs. "La deuxième vague a couté beaucoup plus cher, car il a fallu indemniser des secteurs très impactés dans une phase d'activité très importante", a expliqué Christophe Darbellay.
Selon lui, le "Valais s'est montré "rapide, efficace mais aussi généreux" dans son soutien. La Confédération entre en matière pour les entreprises qui accusent une perte de plus de 40%. Dans les mesures votées lundi, le canton prend en charge à ses frais les firmes qui présentent une perte de chiffre d'affaires de 30 à 40%.
De probables nouvelles demandes de crédit à l'avenir
Depuis la mise en place de cette mesure, il y a quelques semaines, 199 demandes ont été déposées à ce jour, a fait savoir Christophe Darbellay, soit moins que prévu. Au niveau des remontées mécaniques par exemple, il y a une seule société dont la perte dépasse les 30%, il s'agit du Gornergrat, qui est en fait un chemin de fer.
En revanche, le conseiller d'Etat souligne que parmi les demandes, certaines sont parfois "substantielles". Il n'est ainsi pas "totalement exclu" que le gouvernement doive demander au Grand Conseil de nouveaux crédits pour couvrir les pertes des derniers mois de fermetures obligatoires des restaurants.
Il se réjouit toutefois que les aides votées ce lundi ne donnent "pour l'instant" pas lieu à un programme de mesures d'économie, et ce grâce notamment à l’argent supplémentaire provenant de la BNS.
