Tronçonneuse: le Valais dernier du classement romand pour assurer la sécurité des employés communaux
Selon la loi, les communes doivent former leurs employés pour l’utilisation d'une tronçonneuse. Pourtant elles ne jouent pas le jeu. Le Valais pointe à la dernière place du classement des cantons romands.
Les dangers liés à l’utilisation d’une tronçonneuse sont trop souvent sous-estimés. C’est Stéphane Seuret qui le dit. Ancien garde-forestier à Vionnaz, il est aujourd’hui chargé de sécurité au Service de prévention des accidents dans l’agriculture (SPAA).
Le grand danger: le retour de la tronçonneuse dans le visage
Il propose des cours de maniement de la tronçonneuse dans toutes les communes la Suisse romande. «Le grand risque que les gens ignorent, c'est le retour de la tronçonneuse. Et ce retour-là cause vraiment de gros dégâts, à la figure principalement et à l'épaule. C'est en lien avec la vitesse de la chaîne, qui tourne à 80 km/h. On vient buter avec le haut du guide-chaîne sur un noeud dans le bois ou un clou, et la machine vous revient vraiment dessus.» Cela peut aller jusqu'à la mort de la personne. «Heureusement c'est rare, mais nous avons eu un professionnel qui s'est tranché la carotide.» Stéphane Seuret rappelle également que l'âge légal pour l'utilisation d'une tronçonneuse est fixé à 18 ans, avec une dérogation possible à 16 ans, dans le cadre d'un apprentissage.
Le Valais dernier des cantons romands
Les communes le savent et pourtant elles sont nombreuses à ne pas le faire en Valais. Selon l’article 8 de la Loi fédérale sur l’assurance-accidents (LAA), l’employeur doit former ses employés pour les travaux à danger particulier, dont fait partie la tronçonneuse. C’est aussi une exigence du canton: les communes sont tenues d’élaborer un concept de sécurité globale, qui garantit un travail fait dans de bonnes conditions. Pourtant, de nombreuses communes ne proposent pas ce cours de maniement de la tronçonneuse à leurs employés : le Valais fait ici office de mauvais élève. Avec le Jura, il pointe à la dernière place du classement des cantons romands, selon Stéphane Seuret. Pour lui, c'est difficilement explicable. «Parce que tout est là en matière légale, en matière de formation. Tout est à disposition. Les communes ne veulent pas payer 280 à 300 francs par personne pour un jour de formation: c'est un coût important. Elles disent aussi manquer de temps: les gens n'ont pas que ça à faire. On peut dire que c'est beaucoup, mais finalement c'est peu en cas d'accident.»
En cas d'accident, si le cours de maniement de la tronçonneuse n'a pas été suivi, c'est le président de commune qui est responsable. Pour rappel, la Suisse compte entre 8 et 12 cas mortels d'accidents liés à la tronçonneuse. Stéphane Seuret encourage aussi fortement les privés à se rendre dans les triages forestiers, qui ont toutes les compétences pour informer sur les dangers liés à l’utilisation de cette machine.
