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Trafic de drogue, violence, extorsion : le caïd de la cité Aldrin de retour devant la justice

L'un des principaux trafiquants de drogue de la cité Aldrin, à Sierre, de retour devant la justice. Condamné en première instance par le Tribunal de Sierre à quatre ans de prison et à une expulsion du territoire suisse pendant sept ans, ce ressortissant tunisien a fait appel de sa condamnation.

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Didier Morard
Didier Morard, Rédaction Rhône FM
08 janv. 2026, 13:20
/ Màj. le 08 janv. 2026 à 18:55
La Cité Aldrin à Sierre
La Cité Aldrin à Sierre © Rhône FM

L'une des têtes pensantes du vaste réseau de drogue de la cité Aldrin, à Sierre, de retour sur le banc des accusés. Le jeune homme âgé de 23 ans comparaissait ce jeudi devant le Tribunal cantonal. Accusé d'être l'un des principaux trafiquants de la cité Aldrin, ce ressortissant tunisien a été condamné en août 2025 à quatre ans de prison et à une expulsion du territoire pour une durée de sept ans. Il a fait appel. Il conteste l'expulsion du territoire.

"Mon client n'est pas Nicolas Maduro, Pablo Escobar ou Bernard Rappaz" Jean-Luc Addor, avocat de la défense

Poursuivi pour plusieurs infractions en lien avec les stupéfiants, le prévenu aurait écoulé pendant trois ans 540 kilos de haschich pour un chiffre d'affaires de 2,7 millions de francs. Le jeune Maghrébin a admis un trafic de 250 kg pour un bénéfice de 75'000 francs sur 30 mois et non 3 ans. "Il raconte n'importe quoi et reconnaît des quantités ridicules", s'est offusqué le procureur Olivier Elsig. Très incisif, le représentant du Ministère public (MP) n'a pas mâché ses mots à l'encontre du prévenu, évoquant un jeune homme "condescendant, arrogant, provocateur et de mauvaise foi".

Une des plus grandes affaires de haschich en Valais ?

Pour le Ministère public, l'importance du trafic de drogue est sans précédent en Valais. "Une criminalité sans commune mesure pour du haschich", rappelle Olivier Elsig. Un avis que ne partage pas l'avocat du prévenu, Jean-Luc Addor. "On fait de cette affaire, l'affaire du siècle en Valais. Mon client n'est pas Nicolas Maduro, Pablo Escobar ou Bernard Rappaz", compare l'avocat saviésan. "On parle ici d'un trafic de drogue douce. C'est seulement du trafic de haschich", relativise Jean-Luc Addor.

"Il s’est fait passer pour un petit caïd de la cité Aldrin en menaçant, en extorquant et en utilisant des mineurs" Olivier Elsig, premier procureur

La drogue était acheminée à Sierre par des livreurs, escortés par des ouvreurs pour éviter les contrôles de police. "Le prévenu se filmait sur les réseaux sociaux avec des pyramides de drogue et de billets de banque", a tenu à souligner Olivier Elsig. Son leitmotiv était clair : faire un maximum d’argent en faisant un minimum d’effort. Il avait le goût de l’argent facile", a-t-il encore indiqué.

Une violence inouïe

Le prévenu est aussi poursuivi pour extorsion, chantage et contrainte. Il aurait menacé et envoyé des hommes de main pour mettre la pression sur les clients qui ne payaient pas ou sur ses revendeurs. Des passages à tabac diffusé parfois sur les réseaux sociaux comme un message d'avertissement à ceux qui le désobéiraient. "C'est la première fois en Valais qu'un trafiquant utilise autant de violence dans une affaire de drogue", s'est ému Olivier Elsig. "Il s’est fait passer pour un petit caïd de la cité Aldrin en menaçant, en extorquant et en utilisant des mineurs", a dépeint Olivier Elsig. "Les actes de violence dont il a fait preuve étaient nécessaires à son business-modèle."

L'homme nie les faits. Il n'a eu de cesse durant son interrogatoire de minimiser le trafic, les quantités, les bénéfices et rejette les accusations d'extorsion, de contrainte et de chantage. S'il reconnaît avoir envoyé ses lieutenants "mettre la pression" à ces débiteurs, il nie avoir donné des instructions de violence. "Je n'ai pas demandé d'agir avec violence", a répété le prévenu.

L'expulsion au cœur des débats

Le Ministère public plaide pour une expulsion du territoire de sept ans. Pour Olivier Elsig, le jeune homme n'a pas sa place en Suisse. "On ne peut pas tolérer sur notre territoire des personnes qui sèment la drogue, la violence, le chaos", a insisté le procureur. Il a rappelé que le prévenu n'avait pas fini d'apprentissage, qu'il avait pour la plupart du temps jamais travaillé. "Il n'y a que la délinquance et l'illégalité auxquelles il n'a jamais renoncé", a lancé Olivier Elsig.

Pour Jean-Luc Addor, avocat de la défense, son client doit avoir le droit à une dernière chance. Il bénéficie à sa sortie de prison d'une promesse d'embauche dans une société de courtage immobilier. Son projet de mariage, évoqué en première instance, n'est plus d'actualité, a reconnu Jean-Luc Addor. Le prévenu, né en Suisse, n'a aucune attache en Tunisie. "En cas d’expulsion, ma situation serait plus que terrible. Je n’ai pas de contacts familiaux sur place, je ne connais personne. En sortant de l’aéroport, je ne saurais pas où aller", a-t-il déclaré. Jean-Luc Addor a plaidé pour une peine avec sursis partiel, sans expulsion de Suisse. 

Olivier Elsig a aussi rappelé les multiples condamnations du jeune homme. À seulement 23 ans, il a déjà été condamné à cinq reprises pour "un catalogue d'infractions pénales : menaces, extorsion, brigandage", a détaillé le procureur.

Le verdict sera rendu au début du mois de février. 

DM
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