Live Actualités Services
Rhône Fm
Publicité
Valais
Suisse Valais Sport Société Culture Drame de Crans-Montana
Publicité
Votre publicité ici ? Contactez-nous !

Sion aurait dû (pu) accueillir les Jeux olympiques 2026

Les Jeux olympiques d'hiver, qui débutent vendredi, aurait pu (dû) se tenir en Valais. Mais, le refus des Valaisans a permis à la candidature de Milan Cortina de s'imposer. Retour sur cette nouvelle aventure olympique avortée avec les porteurs du projet de l'époque.

Contenu audio
Didier Morard
Didier Morard, Rédaction Rhône FM
02 févr. 2026, 07:00
/ Màj. il y a moins d'une minute
Une banderole "Sion2026" lors de la campagne en 2018 en faveur des JO en Valais.
Une banderole "Sion2026" lors de la campagne en 2018 en faveur des JO en Valais. © KEYSTONE / ALESSANDRO DELLA VALLE

Sion aurait pu s'apprêter à accueillir les Jeux olympiques 2026. La capitale valaisanne était en lice pour être l'hôte de ces JO d'hiver qui débutent vendredi prochain à Milan et Cortina, en Italie. Mais, le peuple n'en a pas voulu. Le dimanche 10 juin 2018, les Valaisans rejetaient à 54% un crédit de 100 millions de francs demandés par le canton pour Sion2026, mettant ainsi fin à la candidature sédunoise auprès du Comité international olympique.

"Portés uniquement par le Valais, les JO auraient été prêts, mais à quel prix ?" Frédéric Favre, ancien vice-président de Sion2026

Alors conseiller d’État en charge du sport et vice-président de Sion2026, Frédéric Favre se souvient d'une campagne menée tambour battant. "Des souvenirs fantastiques parce que j'ai eu le plaisir de parcourir le canton de Gletsch à Saint-Gingolph", sourit Frédéric Favre. Le Vétrozain est alors un jeune conseiller d’État, novice en politique et peu connu du grand public. Il avait créé la surprise en évinçant l'UDC Oskar Freysinger du Conseil d’État. En arrivant au Gouvernement, le ministre PLR récupère le département du sport. Alors sous l'escarcelle de l'économie, le dossier Sion2026 passe au sport. "On a trouvé avec Christophe Darbellay que ça faisait plus de sens que les JO soient au sport avec son soutien", se rappelle Frédéric Favre. "Je me suis tout de suite engagé", ajoute-t-il.

Une campagne haute en couleur

La campagne est rude. Si le Grand Conseil accepte à près de 80% le projet de 100 millions de francs pour Sion2026, la population est plus divisée. Frédéric Favre se souvient des arguments des opposants. "Ce modèle qui voulait qu'une ville ou qu'un canton prenne la responsabilité des Jeux n'était pas fait pour la Suisse", reconnaît l'ancien élu. "De dire qu'on est responsable d'une cérémonie d'ouverture, d'un éventuel déficit, c'était clairement non. Et ces arguments l'ont emporté", souligne Frédéric Favre. Le dimanche 10 juin 2018, le verdict est scellé : c'est "non" aux JO en Valais.

En huit ans, le canton aurait dû mettre les bouchées doubles pour accueillir les joutes. Aurait-il été dans les temps ? "On aurait été prêt", assure Frédéric Favre. Il nuance toutefois. "Vous voyez à Milan Cortina la difficulté à livrer ces Jeux. Portés uniquement par le Valais, les JO auraient été prêts, mais à quel prix ?", se questionne l'ex conseiller d’État. "Le peuple a toujours raison et il nous avait mis en garde contre ces difficultés d'être responsable d'une organisation totale. Ça n'aurait vraiment pas été simple pour nous", explique-t-il.

Pas de nostalgie et tourné vers l'avenir

Alors que les JO d'hiver 2026 seront lancés officiellement vendredi en Italie, les porteurs du projet valaisan l'assurent : il n'y a pas de nostalgie. "On y a rêvé, moi le premier, mais la raison l'a emporté", analyse Frédéric Favre. Peu de regrets. D'autant que le Valaisan porte désormais une candidature nationale pour l'organisation des Jeux olympiques en 2038. "C'est une autre philosophie", assure-t-il. "On est sur une candidature privée, où il n'y aura pas de garantie de déficit des pouvoirs publics", rappelle le directeur général de "Switzerland 2038". Le projet prévoit des sites de compétition dans tout le pays, avec les épreuves de ski alpin à Crans-Montana. "On répartit l'engouement, les flux, le financement, la mobilisation des bénévoles", argumente Frédéric Favre.

"Peut-être qu'on a raté 2026, mais il y aura d'autres événements, on espère les Jeux olympiques en 2038" Alexandre Moulin, co-président Les étoiles 2026

L'ancien ministre veut aussi faire rêver les Suisses avec l'organisation des JO. "Quand on voit ce qu'il se passe dans le monde, et ce qu'on a vécu en ce début d'année à Crans-Montana, les problèmes arrivent tout seuls et les moments de bonheur, il faut travailler pour les avoir", se confie-t-il.

Des initiatives privées pour soutenir la candidature

Au-delà de la candidature institutionnelle, des comités en faveur des JO 2026 avaient vu le jour en Valais. Parmi eux : les étoiles de 2026. Une association d'entrepreneurs pour aider la relève sportive. Camille Rast ou encore Théo Gmür ont ainsi été soutenus financièrement par un chèque symbolique de 2026 francs. Un tremplin bien plus important finalement que l'accueil des JO. "Tous ces jeunes étaient des juniors, on leur a dit qu'on croyait en eux", se rappelle Alexandre Moulin, co-président Les étoiles 2026.

Alors que Milan Cortina s'apprête à lancer ses JO, la nostalgie ne gagne pas non plus les rangs des membres de l'association Les étoiles 2026. "L'enthousiasme n'est pas retombé", assure Alexandre Moulin. "Quand on voit le parcours des jeunes, on se dit qu'on a bien fait de les soutenir", poursuit-il. "Peut-être qu'on a raté 2026, mais il y aura d'autres événements, on espère les Jeux olympiques en 2038", conclut Alexandre Moulin. 

DM
Tags de l’article
Valais Politique
Publicité
Votre publicité ici ? Contactez-nous !
©  Rhône FM 2023  •  DéveloppementPowered by iomedia