Préserver ses arbres centenaires malgré le climat urbain: le défi ambitieux et coûteux de Sion
Climat, réseau électrique, activité urbaine : la ville de Sion investit temps et argent pour préserver ses arbres centenaires. Le platane rue de Lausanne, à l'agonie, est actuellement aux soins intensifs.
Sion : ses châteaux, sa vieille ville… et ses arbres centenaires. La capitale valaisanne possède un patrimoine arboré qui compte 13 spécimens dits « remarquables ». Des arbres d’un grand âge, de grande taille et de certaines espèces, qui sont, pour certains, bien connus des Sédunois.
Depuis deux semaines, le platane qui borde la place de la Planta sur la rue de Lausanne a plutôt triste mine, avec ses branches coupées, soutenues par des béquilles d'acier. L'arbre est actuellement aux soins intensifs. A son chevet: la ville de Sion, qui fait tout pour le sauver de l'abattage.
Attachement historique
Tous les Sédunois connaissent cet arbre creux et centenaire et des générations d’enfants ont joué à l’intérieur.
Stress hydrique, environnement urbain néfaste, vieillissement. Les raisons sont multiples, mais la santé du spécimen s’est dégradée dernièrement. Suite aux dernières analyses, la ville a agi d’urgence pour multiplier ses chances de survie. "L'espérance de vie d'un arbre comme celui-ci en plein centre-ville ne dépasse pas 40 ans", expose Morgan Dick, chef du service sédunois des parcs et jardins, qui concède que c'est justement son statut d'arbre remarquable qui le sauve de l'abattage. "Celui-ci est très cher au coeur des habitants de Sion", dit-il en prenant à témoin les réactions sur les réseaux sociaux. "Il y a un véritable attachement et il est souvent appelé le monument."
Manoeuvre parfois coûteuse
Beaucoup de temps et d’argent sont donc investis pour préserver ce patrimoine vert d'exception. Si plusieurs de ces arbres sont plantés sur le domaine privé, ceux qui sont sur le territoire communal sont suivis annuellement, voire chaque six mois selon leur état. Chaque expertise étant effectuée par des spécialistes externes.
Aucun chiffre précis n'est avancé. Mais Morgan Dick estime une expertise sur cinq ans à 2'500 francs par arbre. Sans compter le travail d'entretien régulier qui nécessite l'engagement de deux employés sur le terrain à chaque fois.
Bonne santé générale
Le sort du platane interroge sur l'état de santé des 12 autres sujets remarquables de Sion. Eux qui subissent le même climat urbain. Morgan Dick se veut rassurant, aucune dégradation notable n'est annoncée. Il concède toutefois que l'environnement n'est pas idéal pour leur longévité. Pas seulement pour le climat et l’activité urbaine au-dessus du sol mais pour ce qu’il se passe sous la surface. "Chauffage à distance, réseau électrique, égouts", énumère le chef de service. "Tout ça joue un rôle et nous intervenons de plus en plus lors de chaque chantier pour que les arbres et plantations soient aussi pris en considération dans les calculs."
A noter que le patrimoine vert global de la ville de Sion s’agrandit plus que ce qu’il diminue. L’an dernier, 180 arbres ont été plantés, contre 68 abattus. Quant à l’avenir du platane rue de Lausanne, Morgan Dick précise qu’il faudra attendre l’été pour savoir si l’opération a été un succès.


