«Le Valais a un déficit d’œnotourisme gravissime.»
Le Valais devrait fortement développer son secteur œnotouristique, selon l’homme d’affaire Bernard Fontannaz. Le patron de l’entreprise Origin Wine présentait son activité dans le cadre du rendez-vous économique de la foire du Valais. Analyse du monde viticole avec ce Vétrozain établi à Oxford.

Il est à la tête de plus de 400 employés qui produisent quelque 100 millions de litres de vin par année à travers le monde. C’est l’équivalent de la quantité suisse dans son ensemble.
Bernard Fontannaz et son entreprise Origin Wine sont l’un des hôtes d’honneur de la Foire du Valais. Ce Vétrozain, maintenant établi à Oxford, élabore des vins issus de vignes d’Argentine, d’Afrique du Sud, d'Italie, de France ou encore du Valais. Au centre du Comptoir, son stand propose donc des bouteilles plutôt exotiques.
«Il faut acheter davantage de vin»
Alors que les vignerons suisses ne cessent de répéter de « boire et consommer local », il assure que ses collègues et concurrents ne le regardent pas de travers. « Ils ont simplement une attitude de professionnels, assure-t-il. Dans le contexte actuel, tout le monde a souffert un peu. Il faut saluer le travail de tous ces vignerons, d'autant plus avec ces vendanges problématiques qui arrivent. Il faut donc soutenir la branche et acheter davantage de vin.»
S'il a entendu des critiques, lui ce qu'il remarque, c'est surtout le fait que les Valaisans aiment découvrir des nouvelles saveurs. «Ils sont bien moins fermés d’esprit que ce que l’on pourrait croire», sourit-il.
«Les Valaisans sont bien moins fermés d’esprit que ce que l’on pourrait croire.»
Bernard Fontannaz, patron de Origin Wine
Très heureux d’être présent à la Foire pour revoir tout le monde - il reste plus d'une semaine en Valais, son record des dix dernières années, avoue-t-il - Bernard Fontannaz nous livre son analyse de la situation viti-vinicole valaisanne. «Je crois qu'en Valais, et en Suisse de manière générale, on a un déficit gravissime d'œnotourisme, regrette-il. Vous allez en Afrique Sud, chaque coin, chaque village à sa route des vins. Stellenbosch en a une depuis 1974. Donc ça fait un peu réfléchir... Vous voulez déguster du vin en Valais un samedi après-midi , hé bien bon courage pour trouver une cave ouverte! » Bernard Fontannaz admet forcer un peu le trait, mais pour lui, ce type de tourisme en Valais est encore balbutiant et c'est regrettable.
«Salutations à la Reine Elisabeth»
Quant à l’exportation de vins suisses à l’étranger : il y croit, mais seulement comme carte de visite de ce que peut offrir le terroir helvétique. Une bouteille valaisanne restera toujours un produit de luxe. A titre d’exemple, une petite Arvine de son domaine, les Celliers de Vétroz est vendue 21 francs en Suisse et 35 livres sterling au Royaume-Uni. Au change actuel, c’est comme si la bouteille coutait 44 francs suisse. « A cause des taxes. Salutations à la Reine Elisabeth,» justifie Bernard Fontannaz.
