La stabilité du réseau électrique au cœur d'un projet pilote lancé en Suisse romande
Améliorer la résilience du réseau électrique suisse et réduire les coûts de renforcement des infrastructures. Les Hautes écoles spécialisées de Suisse romande s'unissent dans le cadre d'un projet de recherche innovant.
Comment s'assurer de la stabilité du réseau électrique à l'avenir ? La question au cœur d'un projet pilote présenté ce lundi à Marly dans le canton de Fribourg. Et plus précisément dans un quartier dont le potentiel en termes de production et de consommation d’énergies renouvelables locales est important.
Intitulé "Smart Energy District", ce projet pilote, dont le coût s'élève à 1,5 million de francs, a été lancé de concert par les HES des cantons du Valais, Vaud, Genève et Fribourg. Il est conçu pour analyser et piloter les équipements électriques à l’échelle d’un quartier. Car les nouvelles formes de production décentralisée d’électricité, de même que les habitudes de consommation, mettent sous pression les réseaux de distribution partout en Suisse.
De consommateur à producteur
Objectif donc, proposer une plateforme de recherche et de test à l’échelle de la Suisse romande, dont les solutions pourront être répliquées par les différents acteurs du domaine de l’énergie à plus large échelle.
Le tout, en faisant de l'habitant d'un quartier, un acteur à part entière : "les gens ne sont plus simplement des 'passifs' qui reçoivent de l'électricité. Il arrive de plus en plus que les gens eux-mêmes produisent de l'électricité. C'est ce qu'on appelle des 'prosumers' [ndlr : contraction des termes 'producteur' et 'consommateur'}", explique Pierre Roduit.
Et d'ajouter : "ce sont aujourd'hui des éléments extrêmement importants du réseau. Ce sont désormais aussi des gens qui vont contrôler ce qu'ils produisent. Ce qui change totalement le fonctionnement des gestionnaires de réseau de distribution".
Cas d'étude
Selon Pierre Roduit, le quartier de Marly, choisi pour le projet pilote, est, de fait, un très bon cas d'étude, car il est constitué de plusieurs zones représentatives de ce qui pourra se passer à l'avenir.
À savoir : un quartier résidentiel (Bel-Air), un écoquartier (l’Ancienne Papeterie) et la zone d’activité du Marly Innovation Center. Bref, des zones représentatives de typologies récurrentes du tissu urbain suisse qui offrent un cadre idéal pour tester différents scénarios de gestion énergétique à l’échelle locale.
Après la phase-test prévue jusqu'à fin 2027, le site pilote de Marly sera intégré à un projet européen déjà en cours et réunissant 56 partenaires.
