"La SRR garante de la cohésion nationale" : les opposants à l'initiative vent debout
Le camp qui s'oppose à l'initiative "200 francs, ça suffit", soumise au vote populaire le 8 mars, a officiellement lancé sa campagne ce lundi. Pour ses représentants, l'initiative est une attaque contre la démocratie, car elle s'en prend à la cohésion nationale.

La SSR, pilier essentiel de la cohésion du pays. C'est, en substance, le message défendu par les opposants à l’initiative "200 francs, ça suffit".
Des représentants valaisans du Centre, du parti socialiste, des Verts, ainsi que du monde de la culture et du sport se sont réunis ce lundi matin en conférence de presse à Sion. L'occasion pour eux de présenter leurs arguments contre ce texte, en votation le 8 mars prochain.
L'initiative vise, d'une part, à réduire la redevance, perçue par Serafe, de 335 à 200 francs par ménage. Et d'autre part, à exonérer les entreprises du financement des médias de service public.
"Unité fragilisée"
Il reste que selon Marianne Maret, conseillère aux Etats du Centre, il s'agit d'une attaque directe contre la démocratie et contre les régions périphériques. "La cohésion nationale est synonyme de vitalité et de qualité de la démocratie", a-t-elle d'ailleurs affirmé face aux médias. "L'unité du pays se verrait fragilisée" :
Le conseiller national Vert Christophe Clivaz, également opposé à l'initiative, estime pour sa part que la SSR représente également un rempart essentiel face à la désinformation.
Moins de sport, moins de divertissements
Les opposants à l'initiative estiment, en outre, qu'une telle réduction du budget de la SSR affaiblira fortement la variété d'offres culturelles et sportives actuellement au programme. "Sans l'appui et l'engagement de la SSR, nous ne serions pas en mesure de diffuser des compétitions internationales comme les récentes Coupe du monde de ski ou les futurs Championnat du monde", a, de fait, rappelé Marius Robyr, ancien commandant de la Patrouille des Glaciers.
A l'inverse, pour les partisans de l'initiative, il s'agit d'une opportunité pour la SSR de se focaliser sur ce qu'ils considèrent comme "son mandat-clé". Un argument balayé par la conseillère aux Etats Marianne Maret :
Plus efficace
Si l'initiative devait être refusée dans les urnes le 8 mars, le Conseil fédéral prévoit de toute manière de faire passer la redevance à 312 francs en 2027, puis à 300 en 2029, et les petites entreprises en seraient totalement exemptées. Ce qui représente déjà un gros défi en soi, estime Marianne Maret : "La SSR a un gros effort à faire, mais a déjà commencé à y réfléchir".
"On ne passe pas de 335 à 300 francs sans avoir quelques dégâts", explique de son côté Jean-Raphaël Fontannaz, président de la SSR Valais. Et d'ajouter : "la SSR va devoir être plus efficace. Elle a par exemple déjà prévu de centraliser certains services qui sont génériques, tels les RH, la comptabilité. C'est l'une des preuves qu'elle agit déjà pour améliorer ses finances", précise ce dernier.
Les entreprises aussi touchées
Concernant les entreprises, le contre-projet du Conseil fédéral prévoit que le chiffre d'affaires permettant une exonération pour les entreprises sera également revu à la hausse. Ii passera ainsi de 500'000 à 1,2 million de francs. "avec la nouvelle ordonnance, il n'y aura donc plus qu'une entreprise sur cinq qui sera concernée par cette redevance", précise Jean-Raphaël Fontannaz
A noter que le texte prévoit également que la réduction de la facture ne défavorise pas les radios et télévisions privées. Ces dernières continueront de toucher les montants actuels issus de la redevance.
