La loi fédérale sur les sports à risque à nouveau menacée
Les professionnels des sports à risque grincent des dents.

Les professionnels des sports à risque grincent des dents. La loi fédérale régulant leurs activités est à nouveau menacée. Une loi votée pour offrir un meilleur cadre sécuritaire. Entrée en vigueur en 2013, elle a déjà été sauvée de justesse en avril dernier après la mobilisation d’une trentaine de parlementaires et d’une quinzaine d’associations. Mais voilà qu’un membre de la commission des finances du Conseil National, le PLR lucernois Albert Vitali, souhaiterait à nouveau la voir disparaître: trop bureaucratique et trop coûteuse selon lui. Il compte ainsi biffer cette loi dans le budget 2017-2019 du Conseil fédéral et économiser ainsi 150'000 francs.
Mais pour Pierre Mathey, président de l’Association suisse des guides de montagne, cette réglementation est un garde-fou essentiel à la pratique des sports dits outdoor. Elle définit qui peut faire quoi. S’en passer reviendrait à "brader la sécurité". Mais pourquoi tant d'acharnement à son encontre du côté de Berne? Selon Pierre Mathey, il y a une part d'incompréhension et un manque d'informations. Certains parlementaires y voient une loi insignifiante, pour quelques professeurs de ski seulement. Aussi en cause selon lui, le fait que la Suisse ne soit pas un pays majoritairement alpin et que la question désintéresse certains élus selon leur canton d’origine.
Mais cette loi n’est pas utile qu’à la profession, selon le Conseiller d’Etat Jean-Michel Cina dépositaire de l'initiative parlementaire à l’origine de cette réglementation fédérale. Elle est aussi la garante de la bonne santé du tourisme suisse: elle évite les cas de concurrence déloyale avec des prestataires étrangers et limite le risque d’accidents graves. Des drames qui, au-delà de leurs évidentes conséquences humaines, ternissent l’image du tourisme helvétique.
