"Je ne fais même pas partie des outsiders, mais j'y crois" : Daniel Yule avant le slalom des JO
Alors qu'il vit une (deuxième) saison compliquée, Daniel Yule sera au départ du slalom des Jeux Olympiques lundi à Bormio. Conscient que ses chances de jouer tout devant sont minces, le skieur de la Fouly espère malgré tout créer la surprise sur le bas de la Stelvio.

Avec Luca Aerni, il est l'un des deux seuls membres de l'équipe de Suisse masculine de ski à vivre ses quatrièmes Jeux Olympiques en Italie. À 32 ans, Daniel Yule fera partie des "anciens" dans le portillon de départ du slalom lundi à Bormio. Un rendez-vous qu'il aborde de manière lucide, en sachant qu'ils sont nombreux à être mieux armés que lui pour viser les avant-postes.
"Ce sont les Jeux que j'attaque avec le moins d'attentes", admet-il d'emblée. Ceux aussi lors desquels sa présence était la moins garantie d'avance. En cause : un hiver pour le moins compliqué sur le front de la Coupe du Monde, le deuxième consécutif même. Seulement deux fois dans le top 15 en neuf courses, il a obtenu sa qualification sur le fil, en prenant la 11ème place du slalom de Kitzbühel fin janvier. "Honnêtement, je préférerais venir une seule fois aux Jeux Olympiques et le faire vraiment très bien que d'en vivre beaucoup avec des résultats plutôt moyens."
Une manche de combiné symbolique
La manche de slalom vécue par Daniel Yule lors du combiné par équipes lundi dernier n'a pas contribué à lui donner un regain de confiance bienvenu. Alors que son partenaire Alexis Monney avait signé le deuxième temps de la descente, le Valaisan ne s'est classé que 19ème entre les piquets serrés. Les deux hommes avaient terminé au 13ème rang final après le cumul de leur chrono respectif. "Mon bilan personnel est le même que depuis le début de la saison. Je m'en sors bien sur quelques sections, mais je manque de vitesse sur l'ensemble pour régater avec ceux qui sont tout devant."
Comme la plupart des techniciens présents dans le Nord de l'Italie, le skieur de la Fouly ne dresse pas de louanges à la piste retenue pour ce slalom olympique. "Disons simplement que ce n'est pas celle qui me fait le plus rêver", rigole-t-il. "Mais qu'importe, si tu veux espérer être le meilleur, tu dois être capable de skier partout. Je ne me fais donc pas de soucis. Celui qui sera sacré sera celui qui aura été le plus méritant le jour J."
La vitesse privilégiée à la technique
D'un regard extérieur, l'impression qui se dégage de ces Jeux Olympiques est que les techniciens ont été "sacrifiés" au profit des spécialistes de la vitesse au moment de retenir Bormio comme site de compétition pour les épreuves masculines. Spectaculaire en descente, intéressante en Super-G, la Stelvio ne présente aucune difficulté sur le bas du parcours, là où se déroulent les épreuves de techniques. "Je n'irai pas jusqu'à dire que nous avons été sacrifiés, mais c'est vrai que j'aurais aimé plus de mouvements de terrain", relève Daniel Yule. "Le constat que vous dressez, on peut l'étendre à la plupart des grands rendez-vous auxquels j'ai participé. Il est très rare qu'on y retrouve "nos" classiques de la Coupe du Monde. La seule exception que je vois à ça, ce sont les Mondiaux de 2021 à Cortina. Là-bas, on avait eu droit à une piste spécialement choisie pour les slalomeurs."
S'il ne fera pas partie des favoris lundi, Daniel Yule est l'un des rares à avoir concouru entre les piquets serrés de Bormio en Coupe du Monde. L'expérience remonte au début janvier 2014. "J'avais inscrit mes premiers points à cette occasion (ndlr : 17ème place), lors d'une course qui avait été reprise après une annulation à Zagreb", se souvient-il. De quoi espérer une autre surprise, douze ans plus tard au même endroit? "Ayant déjà fait des podiums en Coupe du Monde, dont certains qui paraissaient impossibles, je me présenterai en tout cas avec conviction dans le portillon. Même si la réalité de la saison me rappelle que je ne fais même pas partie des outsiders, j'y crois. Sur une course d'un jour, tout est possible!"
