"C'était un rêve inaccessible" : Loïc Meillard, médaillé de bronze du géant olympique
Deuxième course et deuxième médaille pour Loïc Meillard aux Jeux Olympiques. Cinq jours après avoir décroché l'argent en combiné par équipes, le skieur d'Hérémence s'est paré de bronze ce samedi en géant. Il aura l'occasion de compléter sa collection lundi en slalom.

Loïc Meillard prouve qu'il est un homme de grands rendez-vous. Un an après être rentré des Mondiaux de Saalbach avec trois médailles autour du cou, le voilà déjà monté à deux reprises sur le podium des Jeux Olympiques. Après l'argent du combiné par équipes lundi aux côtés de Marco Odermatt, le skieur d'Hérémence a décroché le bronze du géant ce samedi à Bormio. Il n'a été devancé que par son coéquipier nidwaldien et l'intouchable Lucas Pinheiro Braathen. Interview.
Loïc Meillard, racontez-nous comment vous avez vécu cette journée?
Comme une journée de course normale, avec beaucoup de temps entre les deux manches pour analyser ce qu'on doit améliorer. Je n'avais pas de stress au moment de m'élancer cet après-midi (ndlr : il était déjà 3ème après la première manche). Je savais exactement le plan que je devais exécuter. Je voulais mettre tout mon cœur sur la piste et c'est ce que j'ai fait. Je suis donc pleinement satisfait.
Vous avez immédiatement senti que votre performance allait vous conduire sur le podium?
Disons que j'étais très content de ma deuxième manche. Je savais que j'avais fait deux ou trois petites erreurs sur le haut, mais j'ai été solide au milieu et sur le bas du parcours. C'était vraiment du bon ski. J'ai pu faire ce que je voulais donc en passant la ligne d'arrivée, avant même de voir mon temps, je me suis dit que je ne pouvais pas avoir de regrets. J'ai fait ce que j'avais à faire, mais le retard pris sur le premier tracé était trop conséquent pour espérer plus.
Justement, comment expliquez-vous cette première manche qui a donné lieu à des écarts assez fous?
Je vais être honnête, je ne l'ai pas immédiatement compris. Le sentiment sur les skis était bon, mais les analyses effectuées entre les deux manches ont montré ce que nous avions fait de faux. Nous avons mal interprété les conditions de neige lors de la reconnaissance. Nous nous sommes trompés, mais nous avons eu le mérite de bien réagir lors de la deuxième manche.
Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans ces conditions de neige?
Le fait qu'elle ne réponde pas comme prévu. Lors de la première manche, je me suis concentré sur ma ligne, j'ai fait en sorte d'être le plus propre possible et cela n'a pas forcément payé. Sur le second tracé, j'ai changé de mode. Je suis passé en "full attack". Je n'avais plus rien à perdre et je m'en fichais de faire des fautes. C'est l'attitude qu'il fallait adopter aujourd'hui (ndlr : samedi).
Vous décrochez donc votre première médaille individuelle aux Jeux Olympiques. Qu'est-ce qu'elle représente?
Quelque chose de magnifique. Elle fait partie des très bons moments vécus au cours de ma carrière. Lorsqu'on vient aux Jeux, on espère batailler pour les médailles. Pouvoir le faire à chaque course, c'est exceptionnel.
Mondiaux et JO compris, c'est déjà votre huitième médaille dans un grand événement. Comment expliquez-vous cette impressionnante constance?
Ouf…c'est difficile. Disons que j'ai trouvé la clé pour gérer le stress de la meilleure des manières et pour être performant le jour J. J'arrive toujours à faire mon ski, pas plus, pas moins.
Monter sur le podium aux Jeux Olympiques, ça ressemblait à quoi lorsque vous étiez enfant?
À un rêve inaccessible, comme pour tous les gamins. Je me disais que de pouvoir y participer serait déjà énorme et que remporter une médaille serait juste fantastique. Maintenant que ça devient réalité, c'est comme si je pouvais cocher une case. Cela valide aussi tout le travail qu'il y a derrière.
Maintenant que vous êtes double médaillé olympique, qu'auriez-vous envie de dire au Loïc Meillard encore enfant?
Que cela vaut la peine de faire certains sacrifices. Que même dans les périodes plus difficiles, dans les moments de doute, il faut continuer à travailler très dur. Ne jamais abandonner, ni oublier d'où l'on vient. Il faut aussi profiter de chaque instant. Les Mondiaux ou les JO, ce sont des moments très courts, qu'il faut savoir savourer.
Justement, comment allez-vous savourer cette médaille en sachant qu'une nouvelle course arrive lundi?
Je ne sais pas. Nous n'avons pas encore fait de plan pour la soirée. Pour l'instant, j'ai juste eu le temps de prendre un petit moment avec mes proches et mes coachs. Je vais prendre les choses comme elles viennent, mais ce qui est certain, c'est que je ne vais pas sortir aussi longtemps que Marco!
Marco Odermatt avec qui vous aviez passé un pacte lundi dernier…
C'est vrai. Lorsque nous sommes montés ensemble sur le podium du combiné par équipes, nous nous sommes dit que ce serait sympa de pouvoir nous retrouver au même endroit après le géant. Avoir pu le faire est exceptionnel. C'est une histoire de plus que l'on partage.
Maintenant que vous avez l'argent du combiné par équipes et le bronze du géant, vous savez ce qui vous reste à faire en slalom…
(Il sourit). Une chose est certaine : à chaque fois que je prends le départ, mon but est de terminer tout devant. On verra bien si cela suffit lundi mais, en tout cas, je donnerai le 100% de moi-même.
