Chris McSorley assume son système : "Les bénéfices sont supérieurs aux risques"
L'entraîneur du HC Sierre se montre confiant avant la demi-finale de National Cup. Chris McSorley estime que son équipe dispose des qualités nécessaires pour battre Thurgovie et aller au bout. Par ailleurs, il assume totalement le style de jeu offensif.

Chris McSorley, à quelques heures de la demi-finale de National Cup, sentez-vous une atmosphère particulière, liée à la possibilité de gagner un trophée ?
Ce club a réussi, en quelques années, à gravir les échelons du hockey amateur jusqu’à la Swiss League. C’est une formation qui a su, dans le même laps de temps, remporter un certain nombre de matches décisifs. Avec le nouvel objectif de notre organisation, avec les nouveaux joueurs et tout ce qui est en train de se mettre en place, il y a assurément un nouvel état d’esprit. Il y a aussi des attentes, légitimes, qui pèsent sur nos épaules. Des attentes à la fois sur notre capacité à jouer les premiers rôles en championnat, comme sur la réelle chance de remporter la National Cup.
La demi-finale, c’est contre Thurgovie. Peut-être le tirage au sort le plus difficile, non ?
C’est clairement notre "talon d’Achille" cette saison. C’est l’équipe contre laquelle nous n’avons pas trouvé la solution pour l’instant. Le contexte de la Coupe peut nous amener l’ambiance et la motivation nécessaire pour renverser cette situation. À la maison, avec nos supporters et l’énergie de Graben, nous avons une réelle opportunité de l’emporter.
Ce duel représente aussi une opposition de styles, entre votre attaque et la défense thurgovienne. Qu’est-ce qui pourrait faire la différence ?
Ça sera un peu comme un match de basket. Très intense. Avec des possibilités de KO à chaque action. J’admire le travail effectué par Anders Olsson, le coach de Thurgovie. Si leurs défenseurs sont plus solides que nos attaquants, nous n’aurons aucune chance. Toutefois, malgré nos défaites contre eux cette saison, nous avons plutôt bien joué. Si nous parvenons à marquer tôt, à les mettre davantage hors de position, je pense que cela peut tourner à notre avantage.
Ce duel de Coupe arrive à un moment où le HC Sierre truste les premiers rôles en Swiss League. Est-ce que vous êtes content du déroulement de cette saison jusqu’à présent ?
Je suis très content. Nous avons changé les habitudes de cette équipe. Nous avons augmenté les exigences. Nous essayons de jouer un certain type de hockey, de créer énormément de chances devant le but adverse. Le jeu d’attaque fait partie de notre philosophie. Le travail défensif n’est pas négligé, mais les aspects offensifs sont primordiaux dans notre approche. C’est une mentalité difficile à installer, mais je crois que les gars adhèrent. Au point que tout le monde est convaincu de pouvoir marquer au moins cinq goals par match, y compris dans une mauvaise soirée. C’est une drôle de mentalité, même pour moi. Mais j’en suis très content !
Certains disent que votre système est spectaculaire et innovant, d’autres y voient un style brouillon et dépassé. Qu’en pensez-vous ?
Je crois que c’est innovant. Parce que personne ne joue comme ça. J’ai commencé à le mettre en place dans ma dernière période à Genève, j’ai essayé de le perfectionner à Lugano. C’est un système très risqué qui peut rapporter gros. Il faut simplement que les cinq joueurs sur la glace soient sur la même longueur d’onde. Si tout le monde joue la même partition, cela fonctionne à la perfection.
C’est un système risqué, vous l’avez dit. C’est aussi un système très énergivore, non ?
En effet. Cela demande beaucoup. C’est un style qui force nous joueurs à anticiper la moindre action. Ce qui peut sembler brouillon est en réalité très orchestré. Nous n’avons, sans doute, ni l’équipe la plus chère, ni l’équipe la plus talentueuse. Mais grâce à notre style de jeu différent, nous parvenons à créer quelque chose d’unique. C’est très cadré. Bien sûr, certains joueurs ont leur propre créativité et nous leur laissons une marge de manœuvre pour l’exploiter. Mais c’est notre unité qui fera notre force. C’est un style de hockey turbo, avec de longues trajectoires de passes. Le puck nous permet de créer de la vitesse. Et cette vitesse génère de la crainte chez nos adversaires. Par ailleurs, c’est aussi un atout défensif, puisqu’en gardant le puck loin de nos bases, nous gardons aussi les attaquants adverses loin de notre zone. Ils n’ont pas d’autre choix que de reculer.
Diriez-vous malgré tout que la défense reste le point faible du HC Sierre ?
Disons que nous restons exposés. Mais que nos gardiens Remo Giovannini et Thibault Fatton sont là pour faire le job et tout le monde leur fait confiance. C’est sûr, quand notre système déraille, nous concédons de très grosses opportunités à nos adversaires. C’est le danger dans notre système. Néanmoins, je reste convaincu que les bénéfices sont supérieurs aux risques. Nous allons donc poursuivre sur cette voie, afin de présenter un hockey attractif.
Votre HC Sierre a connu une très belle série de victoires. Est-ce que l’équipe peut encore franchir un cap supplémentaire ?
Le potentiel maximal de l’équipe n’est pas encore atteint. On peut en attendre davantage. C’est une longue saison. Nous avons déjà montré de très belles choses, mais les quelques défaites de ces derniers temps nous ramènent à la réalité. Les prochains matches vont nous permettre de nous regrouper. La rencontre face à Thurgovie peut vraiment remettre nos niveaux de confiance au maximum.
La première place de Swiss League, avant les playoffs, est-ce un objectif ou une obligation ?
C’est assurément un objectif. Le caractère obligatoire de la chose arrive juste après (rires). En tout cas, on fait ce qu’on peut pour y arriver. Il y aurait beaucoup de bénéfices à tirer de la première place avant de lancer les playoffs.
Une dernière question sur la Valais Arena. Sept mois ont passé depuis la votation et on n’a l’impression qui rien n’a bougé. Est-ce que c’est trop lent ?
Pour moi c’est toujours trop lent, mais je sais exactement ce qui se passe en coulisses. Je ne suis pas inquiet. Les investisseurs et la ville travaillent sur des documents importants, des contrats très détaillés. Des contrats qui doivent suivre toutes les règlementations en vigueur et qui toucheront les divers acteurs impliqués. Je pense qu’au premier trimestre de cette année, il y aura des avancées majeures sur le dossier de la Valais Arena. En tout cas, le focus n’a pas changé. Dès le départ, nous étions conscients, les investisseurs et moi, que tout cela prendrait du temps. Si cela prend une année de plus ou de moins, cela n’a aucune importance. Nous sommes tous déterminés et totalement engagés pour amener ce projet à son terme, à savoir la promotion du HC Sierre en National League.
