Après son incroyable année 2025, Iman Beney veut tout rafler avec Manchester City en 2026
Son titre avec Young Boys le printemps dernier, l'Euro à la maison ou son transfert à Manchester City il y a quelques mois : Iman Beney est entrée dans une nouvelle dimension en 2025, à seulement 19 ans. De quoi lui ouvrir l'appétit pour la suite de sa carrière.

Iman Beney se souviendra longtemps de son année 2025. Couronnée avec Young Boys le printemps dernier, elle a ensuite vécu l'un des plus grands moments de l'histoire du football féminin en Suisse avec l'Euro 2025. Une parenthèse enchantée qui se voulait temporaire, mais qui a été prolongée par sa signature à Manchester City, actuel leader du championnat anglais. Avec dix apparitions en Women's League Cup durant la première partie de la saison, dont deux buts et une passe décisive, l'intégration de la Saviésanne en Angleterre s'est rapidement opérée. De passage en Valais durant les fêtes, Iman Beney nous a accordé un entretien.
Iman Beney, comment avez-vous vécu ces premiers mois en Angleterre ?
J'ai eu une très bonne intégration, les contacts ont été très faciles avec les filles et le staff. J’ai eu la chance d’être bien entourée dès mon arrivée. En plus, le coach m’a rapidement accordé sa confiance en me donnant des minutes de jeu. Tous ces facteurs ont vraiment facilité mes premiers pas à Manchester.
Nous avions croisé votre papa l’automne dernier, et il nous avait dit que l’enchaînement Euro-Manchester était ce qu'il pouvait vous arriver de mieux, car vous étiez restée dans l’intensité de l’Euro.
Oui, c’est vrai que l’enchaînement était parfait. Il ne faut pas non plus oublier le titre remporté quelques semaines auparavant avec YB, qui m’avait déjà donné une bonne dose de confiance avant l’Euro. Avec le recul, je pense que c’était vraiment le bon moment pour partir.
Petite parenthèse sur cet Euro, qu'est-ce qu’il reste aujourd'hui ? Pour vous, pour l'équipe, pour le foot féminin en général ?
Il reste déjà des souvenirs, beaucoup même. Si je devais retenir quelques souvenirs, je dirais le premier match du tournoi à Bâle, lorsque tout le stade a chanté avec nous. C’était incroyable de voir le stade plein. Ensuite, le jour où nous nous sommes qualifiés pour les 1/8es de finale contre la Finlande, à Genève. Ce scénario, avec la qualification arrachée à la fin du match, était incroyable. Ces deux souvenirs ont beaucoup aidé le foot féminin en Suisse selon moi. Il y a désormais beaucoup plus de personnes aux stades.
Durant l’Euro, vous aviez déjà signé à Manchester City, mais vous n’avez rien dit. Comment avez-vous géré cette situation de « mensonges » ?
Au début, c’était un peu dur. Je devais en quelque sorte mentir aux médias, mais je pense que c'était aussi un bon point de signer avec Manchester avant l'Euro, pour que je puisse me concentrer uniquement sur le tournoi.
Et au final, tout s'est bien passé. Vous arrivez à City avec quel regard ? Le regard de la petite fille, si j'ose dire, qui rêvait de foot et qui se retrouve avec des installations gigantesques ou un regard un petit peu plus affirmé, car finalement, vous avez obtenu ce que vous méritiez ?
Un peu des deux, je dois dire. Je ne suis pas arrivée par hasard à Manchester. Mais dans un autre sens, c'est aussi la première fois que je vais dans un grand club comme ça.
Avez-vous été impressionnée lors des premiers jours, par ce nouveau quotidien durant lequel on prend soin de vous en permanence ?
À Manchester, le staff est immense et chacun des membres est responsable de quelque chose. Au final, tu ne fais rien, tout le monde le fait pour toi. Sur ce point, je pense que ça change beaucoup de choses. Au niveau de l'intensité durant les entraînements, c’est un grand changement.
Est-ce qu'il y a d'autres aspects qui vous ont surpris dans la vie à l'étranger ?
Oui, le mauvais temps. Mais on m’avait prévenu ! Donc tout va bien, je m’y suis habituée.
Avec quel statut êtes-vous arrivée à Manchester ?
Lors de ma signature, nous nous sommes demandés si j’allais déjà avoir du temps de jeu. J’ai fini par en avoir, et dès le début de la saison ce qui était très important pour mon intégration, lorsque le groupe se forme gentiment. Il y a beaucoup de qualités, ce n’est pas simple de se faire une place parmi les joueuses que nous avons. Tout le monde mérite de jouer, donc la deuxième partie de championnat sera très importante pour la suite.
Vous l'avez dit, il y a beaucoup de monde dans le staff. Quelle est la relation que vous entretenez avec eux ?
Ils sont aussi contents de mon évolution. Quand je suis arrivée là-bas, j'ai joué dans une nouvelle position, en 10. Je suis passée d’attaquante à YB, de latéral avec la Suisse à numéro 10 à Manchester en seulement quelques semaines. Ce n’a pas toujours été facile, mais le staff et mes coéquipières m’ont donné beaucoup de conseils. Il y a quelque temps, le coach a décidé de me remettre sur le côté. Tous ces changements peuvent être déstabilisants, mais j’ai pris positivement ces changements. Je suis encore jeune, j’ai le luxe de pouvoir prendre le temps.
Un petit mot encore sur cette phase d'acclimatation, d'intégration. Est-ce qu’on vous vend un projet de jeu, un plan de carrière ? Qu’est-ce qui vous a convaincu d’aller à Manchester ?
Avant de signer, ils me proposent beaucoup de choses. Ils me présentent aussi les infrastructures du club. J’ai pu confirmer ce qu’ils me disaient et j’ai été confortée dans mon choix de signer.
Il y a eu ce premier but avec l'équipe de Suisse durant l’automne, mais aussi votre premier but avec Manchester City. Au niveau des sensations, où situez-vous ces deux buts ?
Forcément, le but avec l'équipe de Suisse était spécial. Déjà, il venait pile au bon moment, tout le monde l’attendait, moi la première. J’étais en pleine confiance et celui avec City a aussi été un moment incroyable.
Encore un petit mot sur votre vie quotidienne. Votre papa nous a expliqué que, voilà, votre agent était un peu plus qu'un agent, si j'ose dire. Parce qu'il avait vraiment un côté très humain, très proche de vous. Racontez-nous un petit peu cette relation que vous avez avec cette personne en particulier.
Je ne dirais pas que c'est mon deuxième papa, mais c'est mon papa anglais, dira-t-on. Il fait tout pour moi, que ce soit au niveau du foot ou dans la vie quotidienne. Je sais que je peux l'appeler à n’importe quelle heure et qu'il me répondra. C’est une aide très précieuse dans mon quotidien.
Au-delà des entraînements et de la grisaille, votre vie, à quoi ressemble-t-elle Iman Beney ?
De 9h à 15h, je passe mon temps en équipe au centre d’entraînement, avec les repas, entraînements, soins, etc… Lorsque je rentre à la maison, j’essaie de sortir avec mes coéquipières pour ne pas rester enfermée chez moi.
Vous étiez extrêmement proche de Naomi Luyet à Berne, est-ce que vous avez une nouvelle meilleure amie en Angleterre ?
Non, on ne peut pas remplacer comme ça Naomi. Mais je dirais que je m'entends très bien avec Kerolin (Nicoli Israel Ferraz) et Leïla (Ouahabi). On passe beaucoup de temps ensemble en dehors des terrains.
Est-ce qu'il y a quelque chose que vous avez emmené avec vous à Manchester, pour que vous vous sentiez « à la maison » ?
(Elle se marre) J'ai amené de la viande séchée ! Plus sérieusement, j’ai quelques photos, mais depuis mon emménagement, j’ai eu le temps de me sentir de plus en plus chez moi.
Est-ce que vos rêves de petite fille ressemblaient à ça ?
C’était vraiment mon rêve de devenir footballeuse professionnelle. Jouer en Angleterre, qui était le championnat qui me faisait le plus rêver, rajoute encore plus de magie dans cette aventure.
Iman Beney, 2025 était une très bonne année pour vous. À quoi doit ressembler 2026 ?
La compétition va recommencer très tôt avec Manchester, le 11 janvier. Nous avons une très bonne équipe, avec de bonnes individualités, et nous sommes toujours en vie dans les deux Coupes. Nous sommes aussi premières du championnat, donc tout est réalisable, nous allons jouer pour gagner tous les titres.
La Coupe du Monde au Brésil en 2027, ça vous inspire quoi ? Je rappelle que votre maman est de nationalité brésilienne.
La Coupe du Monde au Brésil… Déjà, je pense que c'est le rêve de tout joueur de football, que ce soit les hommes ou les femmes. En plus, la compétition sera à la maison. C’est un objectif que je souhaite vraiment atteindre.
