Une première victoire après une année noire pour Léa Lathion : "J'ai pensé à arrêter le télémark"
La situation sera peut-être éphémère, elle est en tout cas inédite pour Léa Lathion. À 21 ans, la télémarkeuse de Nendaz pointe en tête du général de la Coupe du Monde. Victorieuse pour la première fois de sa carrière en ouverture de saison, elle a su rebondir après un dernier hiver à oublier.

Le samedi 29 novembre 2025 restera une date ancrée dans la mémoire de Léa Lathion. Ce jour-là, la Nendette montait sur le 3ème podium de sa carrière en Coupe du Monde. Deux fois deuxième il y a deux ans, elle montait pour la toute première fois sur la plus haute marche après avoir remporté l'épreuve inaugurale de la saison, un sprint sur le glacier d'Hintertux en Autriche. "C'était une immense surprise", confie-t-elle un peu moins de trois semaines plus tard. "Je ne m'attendais absolument pas à voir du vert à l'arrivée. C'est forcément très chouette de débuter comme ça. Je me réjouis à présent de la suite."
Dix courses, sept éliminations l'an passé
Dossard 4 sur le dos, la jeune Valaisanne de 21 ans a devancé de près d'une demi-seconde (0''46) sa première poursuivante, la Norvégienne Goril Strom Eriksen. "Lorsque l'hymne suisse a retenti dans l'aire d'arrivée, les émotions étaient grandes. J'ai ressenti énormément de joie. Surtout après ce que j'ai vu l'année dernière." Alors qu'elle sortait d'un hiver 2023/2024 prometteur, marqué par ses deux premiers podiums en Coupe du Monde et un doublé aux Mondiaux juniors, elle n'est pas parvenue à enchaîner lors de l'exercice écoulé. En dix courses, elle n'a été classée qu'à trois reprises pour sept éliminations. "Plus qu'une revanche, je vois cette victoire en Autriche comme une forme de récompense pour mon esprit de résilience. J'ai longtemps hésité à arrêter le télémark l'an passé. Ça n'allait tout simplement pas. Je ne me sentais pas bien."
En plein doute, la confiance évaporée, Léa Lathion explique à quoi elle s'est accrochée pour ne pas lâcher. "À mon plaisir d'être sur les skis. Je voulais tout faire pour ne pas le perdre définitivement. Les sensations au départ d'une course, l'adrénaline, la volonté de repousser mes limites, j'ai puisé ma motivation dans tous ces éléments." Le soutien de ses proches a également été important. "Ma famille, surtout, a été essentielle. Mon coach, de son côté, a compris qu'il fallait me laisser un peu de temps et que mon niveau allait revenir."
Des études à l'uni de Genève en parallèle
Aussi difficile qu'elle ait été, la saison dernière s'est tout de même conclue sur une note positive pour la Nendette. Au début avril, elle est rentrée d'Italie avec deux nouvelles médailles aux Mondiaux juniors dans les bagages. Deux médailles d'argent obtenues en sprint individuel et par équipes. "C'était cool. Ça m'a redonné de la confiance et ça a fini de me convaincre de revenir cette année." Si elle affirme n'avoir pas changé grand-chose à sa préparation par rapport aux hivers précédents, Léa Lathion a tout de même vécu un été intense. "Je me suis concentrée sur mes examens. Je débuterai bientôt un Bachelor en relations internationales à l'Université de Genève. Cette double vie me convient parfaitement. Comme on ne sait jamais ce qui peut arriver et qu'il est difficile de vivre du télémark, je compte bien aller au bout de mes études."
Ce week-end, la Valaisanne laissera tout de même de côté ses livres pour se focaliser sur les deux épreuves de Coupe du Monde, deux sprints, au programme à Pinzolo en Italie. Un double rendez-vous qu'elle assure ne pas aborder avec des ambitions revues à la hausse suite à son succès en Autriche. "Il est important de rester humble. Gagner une course ne m'assure rien pour la suite. Je ne suis pas quelqu'un d'autre. Tout reste à faire." S'attend-elle malgré tout à être vue d'un œil différent par les suiveurs du télémark, par ses adversaires en premier lieu? "Honnêtement? Je n'en sais rien et je ne me focalise pas là-dessus. Le plus important est que je prenne du plaisir sur les skis et que je sois fière de moi à l'arrivée."
Une première dans le rôle de leader
Pas question donc pour Léa Lathion de se fixer un objectif précis pour les deux courses qui arrivent. "Je vais prendre les choses comme elles viennent. Si ça se passe bien, ce sera tout bénef. Si ce n'est pas le cas, ce n'est pas grave. Il y aura d'autres courses ensuite." Mais rien n'assure à l'heure actuelle qu'elle aura une autre occasion d'étrenner le dossard rouge de leader de la Coupe du Monde de sitôt. "C'est vrai. Ce sera une première pour moi ce week-end. C'est bizarre comme sensation, mais encore une fois, j'essaie de ne pas trop me focaliser là-dessus. Je préfère me concentrer sur ce que je peux produire sur la piste."
