De plus en plus de fondations disparaissent après dix ans d'activité
Les fondations suisses changent de modèle de fonctionnement. Plus de la moitié d’entre elles sont liquidées dix ans après leur création. Les spécialistes estiment que cette évolution peut s’avérer avantageuse.

Les modèles de fondations à durée de vie plus courte sont en vogue. C’est la conclusion du rapport 2021 sur les fondations en Suisse. Le document a été publié ce mardi par le Centre d’études de la philanthropie en Suisse, le Centre pour le droit des fondations et SwissFoundations. Les trois organisations expliquent que plus de la moitié des fondations sont liquidées après dix ans d’activité. Elles soulignent toutefois que constituer une fondation reste attrayant, même si le nombre de créations a baissé l’an dernier. De son côté, le Valais suit la même tendance. Fin 2020, le canton abritait 589 fondations, pour une densité de 17 pour 10'000 habitants, un chiffre supérieur à la moyenne nationale.
« Un impact immédiat »
Selon les auteurs du rapport 2021, c’est un véritable changement de modèle de fonctionnement auquel on assiste. « Il y a une volonté d’avoir un impact social immédiat. Aujourd’hui, les philanthropes s’engagent de plus en plus de leur vivant. C’est pour ça qu’ils s’engagent dans des fondations où ils peuvent donner des grosses sommes rapidement », raconte Aline Freiburghaus, directrice romande de SwissFoundations, qui ajoute que cette manière de procéder peut être bénéfique. « Le capital est engagé rapidement sur un but d’utilité publique précis. C’est plus impactant qu’une fondation qui donnerait des sommes moindres sur une période infinie ».
Vers une professionnalisation de l'engagement
Les philanthropes qui adoptent ce modèle créent une fondation dont le capital doit être utilisé en l’espace de quelques années. Une fois la somme d’argent épuisée, la fondation est liquidée. Cependant, une question se pose : ce modèle correspond-il aux causes envers lesquelles les fondations s’engagent et qui pourraient nécessiter un engagement à plus long terme ? « Il faut savoir que, de plus en plus, les engagements des fondations perdurent dans le temps. Elles travaillent avec des partenaires de façon professionnelle et s’engagent sur des choses qui font sens. On observe vraiment cette professionnalisation et ce renforcement du lien avec les partenaires », répond Aline Freiburghaus.
Une fondation peut aussi être liquidée parce que le but qu’elle poursuit n’est plus d’actualité. Le capital restant est alors versé à une organisation similaire. En 2020, dix fondations établies en Valais ont cessé leur activité, alors que neuf ont été créées.
