Labos pris d'assaut : ces Valaisans non-vaccinés espèrent décrocher le certificat Covid
Sérologie : les laboratoires valaisans sont pris d'assaut depuis le 16 novembre. A Sierre au labo Salamin, des dizaines de personnes se succèdent tous les jours. Sur place, la proportion de gens avec assez d'anticorps (et donc guéris) dépasse les 50%. Ils obtiennent le certificat Covid suisse.

Ça chauffe à la réception des laboratoires valaisans ! Depuis 10 jours, les appels se multiplient pour pouvoir effectuer un test sérologique. Alors forcément, les agendas se remplissent. Bien heureux celui qui obtient un rendez-vous avant plusieurs semaines.
Ils sont nombreux ces Valaisans non vaccinés qui espèrent avoir les anticorps
Cette attente en dit long sur l'espoir suscité par l'annonce de Berne au début du mois de novembre. On apprenait dans un communiqué que "Le Conseil fédéral souhaite faciliter l’obtention de certificats COVID valables en Suisse, notamment en cas de GUÉRISON". Il faut dire qu'ils sont nombreux ces Valaisans non-vaccinés qui supposent avoir été contaminés par le passé, souvent avec de légers symptômes, et qui ne sont pas passés par la case "test PCR".
A Sierre, des dizaines de prises de sang au quotodien
Les labos sont aujourd'hui surchargés par les demandes de rendez-vous à tel point que, selon nos informations, certains sont en manque de "réactifs" et ne peuvent tout simplement plus effectuer les tests.
A Sierre, le laboratoire Salamin enchaine les prises de sang. Ici, pas besoin de rendez-vous. On fait la queue, on paie 60 francs. Prise de sang, résultat dans les 48 heures. Depuis le 16 novembre (jour du lancement du Certificat covid suisse) une centaine de personnes se succèdent tous les jours pour se faire tester.

50% des personnes testées ont les anticorps
Et cela peut surprendre, mais au laboratoire Salamin, il est constaté que plus d'une personne sur deux a bien les anticorps requis ! C'est du moins ce que nous affirme la biologiste Cristina Cagide, responsable scientifique FAMH au laboratoire Salamin.
Interrogé sur le phénomène, le professeur Nicolas Troillet, infectiologue et épidémiologiste à l'Etat du Valais nuance."Les gens qui viennent se faire tester ne représentent pas la totalité des gens non-vaccinés. Ce sont probablement des personnes qui pensent avoir eu l'infection et qui n'avaient pas fait le test PCR". Ecoutez-le :
Nicolas Troillet en profite pour rappeler que, selon lui, "on ne sait toujours pas à l'heure actuelle quel est le niveau d'anticorps vraiment nécessaire pour être protéger efficacement". Nicolas Troillet :
On rappellera que ce "certificat covid suisse" n'est valable que 3 mois, et uniquement sur le territoire national. Ecoutez notre reportage :
Au labo de Sierre, on nous apprend que le seuil de positivité pour obtenir le certificat a été revu à la hausse. "Nous sommes en train de réévaluer quelques résultats car certains sont un peu "limites", explique Cristina Cagide. "La Confédération et la Société suisse de microbiologie nous ont recommandé de mettre des seuils de positivité un peu différents de ceux fixés par le fournisseur de la méthode. Nous avons dû réadapter ces seuils et cela a changé les résultats que l'on donnait auparavant."
Cela veut-il dire que la méthode est dorénavant un peu plus "stricte", le seuil d'anticorps étant fixé plus haut ? "Exactement", nous répond la biologiste. "Le but étant de garantir que ces personnes auront assez d'anticorps pour les trois prochains mois et qui donc n'auront vraisemblablement pas besoin, pour le moment, de vaccination."
