La NZZ pointe du doigt l'Hôpital du Valais : les médecins devraient faire le tri parmi les patients
La NZZ am Sonntag pointe du doigt l’Hôpital du Valais. Selon le journal zurichois, il aurait atteint ses limites et les médecins seraient contraints de faire un tri parmi les patients atteints du Covid-19. L'Hôpital du Valais dément : un rectificatif a été demandé à l'hebdomadaire.

La NZZ am Sonntag pointe du doigt l’Hôpital du Valais. Selon l’édition dominicale du journal zurichois, l’Hôpital du Valais aurait atteint ses limites et devrait procéder au tri des patients.
«C'était le choix du patient, et de sa famille, en fonction de sa situation clinique et non pas du nombre de lits.» Eric Bonvin, directeur de l'Hôpital du Valais
L'hebdomadaire parle d’un patient de plus de quatre-vingts ans avec de graves symptômes liés au Covid-19, qui aurait été refusé aux soins intensifs de Sion. Une mauvaise interprétation selon Eric Bonvin, directeur général de l'Hôpital du Valais. «Il s'agissait d'une situation dans laquelle il y avait un choix à faire, non pas en raison de la disponibilité des lits, mais pour le patient lui-même, ainsi que ses proches et sa famille avec qui la discussion a eu lieu. Le choix a dû être fait afin de savoir dans quel type d'environnement clinique, il serait mieux pris en charge: soins intensifs ou soins continus. Les soins continus ont été finalement retenus.»
«Si le système suisse devait arriver à saturation, on devrait effectuer un tri des patients. C'est notre plus grande crainte.» Eric Bonvin, directeur de l'Hôpital du Valais
Eric Bonvin l’affirme : l’Hôpital du Valais n’est pas encore dans une situation de saturation, grâce à l’aide du canton. Toujours selon l’article paru dans la Neue Zürcher Zeitung, les médecins signaleraient un dilemme éthique, s’il devait y avoir saturation. Les médecins devront-ils alors trier les patients ? Et garder les derniers lits libres pour les cas où il y aurait un plus grand espoir de guérison ? Selon Eric Bonvin, c'est leur plus grande crainte. « Si le système suisse devait arriver à saturation, au point de ne plus avoir de places en soins intensifs, à ce moment-là effectivement on devrait arriver à un tri des patients. Mais cela serait encadré et guidé par des recommandations éthiques de l'Académie suisse des sciences médicales.» L'académie avait déjà édicté de telles recommandations durant la première vague au printemps dernier. Et elle est en train de finaliser de nouvelles recommandations, qui devraient être connues d'ici à la fin de la semaine. Ces recommandations donneront un cadre éthique aux médecins, s'ils devaient être amenés à effectuer un tri des patients.
Et, afin de clarifier les questions soulevées par l'article de la NZZ am Sonntag, l'Hôpital du Valais a demandé un rectificatif à l'hebdomadaire zurichois.
