Selon ses opposants, l’initiative cantonale contre les grands prédateurs « ne sert à rien »
Le comité du Non a lancé sa campagne ce mardi. Il parle de poudre aux yeux et d’un texte qui vise uniquement à susciter la polémique.

La campagne autour de l’initiative « Pour un canton du Valais sans grands prédateurs » est lancée. Les opposants ont présenté ses arguments mardi matin à Sierre. Nommé « Valaisans pour la préservation de la faune sauvage », ce groupement réunit les organisations Pro Natura, WWF, Fauna VS, le Groupe Loup Suisse, la Fondation Franz Weber, ainsi que les Verts et le Parti socialiste du Valais romand.
« Ce texte est inutile »
L’initiative demande dans un premier temps au Canton d’élaborer des prescriptions pour limiter et réguler le nombre de grands prédateurs. Des exigences absurdes selon les opposants. « C’est un texte qui ne sert à rien. Le droit cantonal est assujetti au droit fédéral et le droit fédéral ainsi que la nouvelle ordonnance sur la chasse donnent déjà une réponse très claire par rapport aux conditions de tir du loup. Donc doubler la chose avec une initiative cantonale n’amène rien du tout. Même le Conseil d’Etat reconnaît que la marge de manœuvre du canton des infime », déclare Willy Geiger, président de Pro Natura Valais.
En juin 2020, le gouvernement valaisan affirmait lui aussi que l’initiative ne changerait pas grand-chose. Il a néanmoins invité le Grand Conseil à soumettre le texte au vote du peuple. Le Conseil d’Etat estimait important que la population s’exprime sur cette problématique. De son côté, le comité du Non peine à comprendre cette manière de procéder. « On peut se demander si c’est une bonne distribution des deniers du contribuable », poursuit Willy Geiger.
Un flou juridique ?
Cette initiative cantonale propose également d’interdire la promotion des grands prédateurs. Les opposants considèrent que ce point pose un problème juridique. « La notion de promotion peut être le fait de promouvoir les populations pour les faire grandir ou pour conserver ces espèces. Ce qui est déjà problématique, vu qu’on protège par exemple le loup et le lynx par le droit fédéral et la Convention de Berne. Mais ça pourrait aussi vouloir dire écrire une lettre de lecteur, un article, mener une étude ou même faire une déclaration publique en faveur des grands prédateurs. Il y aurait une violation de la liberté d’expression et de la presse si on venait à interdire ce genre de déclarations », affirme l’avocate Anna Zangger, directrice des campagnes internationales de la Fondation Franz Weber.
Le peuple valaisan se prononcera sur cette initiative lors des votations du 28 novembre prochain. Ce même jour, la population suisse devra se déterminer sur trois objets fédéraux.
