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Des lacunes dans la Lex Weber? L'initiative "paysage" se veut complémentaire

Juristes, organisations environnementales ou représentant des populations de montagnes, beaucoup le disent: la Lex Weber comporte de sérieuses lacunes. D'autres lois pourraient la compléter. Mais est-ce souhaitable?

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Diana-Alice Ramsauer, Rédaction Rhône FM
23 nov. 2020, 11:24
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Verbier ©Wikipedia

La Lex Weber comporte de sérieuses lacunes. En tous cas, l'objectif  principal de la loi, qui est de protéger la nature et le paysage, ne ressort pas directement du texte. C'est la conclusion d'un article de Valérie Bodevin. Elle est juriste et est en pleine publication de sa thèse sur la construction d'hôtels.

Selon son analyse, il y a encore de nombreuses possibilités de construire des résidences secondaires, même dans les lieux qui dépassent les 20% admis. Il faudrait utiliser d'autres instruments pour vraiment atteindre le but escompté avec cette loi, acceptée au niveau national mais largement refusées au niveau valaisan. Valérie Bodevin le dit, elle est juriste et non politicienne: elle analyse donc des lois et regarde ce qui est possible de faire ou non. Mais une chose est sûre, pour elle, la Lex Weber est écrite de manière très compliquée et ne représente en tous cas pas un modèle à suivre pour le futur.

L'initiative "paysage" comme complément de la Lex Weber

Au-delà de la Lex Weber à proprement parler, c'est toute la question de l'aménagement du territoire qui continue à diviser. Bon nombre d'organisations de protection de la nature étaient d'ailleurs très critiques envers son application. Elles veulent aujourd'hui combler certaines lacunes et aller plus loin au travers d'un nouveau texte constitutionnel, comme nous l'a dit Elena Strozzi. Elle est responsable politique "aménagement du territoire" pour ProNatura. L'initiative dite "contre le bétonnage de notre paysage" a été déposée à la chancellerie en septembre dernier.

"Notre initiative paysages est beaucoup plus large que la Lex Weber, donc c'est vraiment un complément, affirme Elena Strozzi. Elle s'attaque à toute la construction hors zone à bâtir et pas seulement aux résidences secondaires." Elle précise que les différentes lois de protection de l'environnement liées à l'aménagement du territoire ont souvent été bien accueillies et mêmes acceptées par la population suisse, elle est donc confiante vis-à-vis des débats populaires à venir.

Difficile d'applaudir ce nouveau projet

Selon les initiants, 37% de toutes les surfaces d'habitat et d'infrastructures en Suisse se trouvent hors de la zone à bâtir. Le mitage représente de réelles nuisances pour l'humain et la nature, disent-ils encore. Mais pour Francis Dumas, président du groupement de la population de montagne du Valais romand il est difficile d'applaudir face à un instrument juridique de plus lié à la protection du paysage. "Bien sûr qu'il faut protéger l'environnement. Mais nous devons aussi tenir compte de l'être humain. Les gens ont besoin d'espace. On ne peut pas tous vivre dans des immeubles à 40 étages. Ce n'est pas ça qu'ils veulent."

Preuve que l'aménagement du territoire n'a pas fini de faire parler: les chambres fédérales sont actuellement à nouveau en train de plancher sur un projet de révision de LAT. Quant à la Lex Weber, le rapport de mise en œuvre détaillé sortira d'ici quelques mois: le bilan après cinq ans pourrait bien amener à une réouverture des débats. L'initiative paysage devrait, elle, passer devant le peuple à l'horizon 2023-2024.

dar
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